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Facebook bannit une équipe de recherche universitaire sur les publicités politiques

Une loupe grossit le logo de Facebook qui s'affiche sur un écran d'ordinateur.

«La recherche ne peut justifier de compromettre la vie privée des gens», a indiqué Facebook dans un communiqué.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les comptes personnels de chercheurs et chercheuses de l’Université de New York (NYU) ont été bannis par Facebook. Les personnes expulsées s’affairaient à collecter des données sur la transparence des publicités politiques et la désinformation sur le réseau social.

L’Observatoire des publicités de la NYU travaille à retracer qui paie les publicités politiques affichées sur Facebook. L’organisation a également pour mandat d’identifier les mécanismes à l’œuvre derrière les publicités ciblées.

Les tâches réalisées par l’Observatoire sont primordiales afin de comprendre la diffusion de la désinformation sur la plateforme, car cette dernière ne vérifie pas les faits dans les publicités politiques qu’elle accepte de diffuser, selon l’équipe de recherche.

Parmi les problèmes que le groupe a permis de révéler, mentionnons le fait que les fausses informations tirées de sources d’extrême droite sont plus attrayantes pour les internautes que celles de sources d’extrême gauche ou de centre. Ses membres ont aussi permis de soulever que Facebook ne dévoilait pas qui payait pour certaines publicités politiques.

Pour y parvenir, l’Observatoire récolte certaines données du réseau social à partir du plugiciel (plug-in en anglais) Ad Observer. Cet outil collecte automatiquement les informations des publicités politiques diffusées auprès d’internautes et indique pourquoi ces personnes ont été ciblées. Les journalistes et les universitaires ont accès à ces données colligées par la NYU.

Facebook dévoile déjà certaines de ces informations aux internautes par l’outil Bibliothèque publicitaire (Nouvelle fenêtre). Toutefois, la fonction ne révèle pas comment les utilisatrices et utilisateurs sont ciblés en fonction de leurs intérêts, selon The Verge.

Au cours des dernières années, nous avons utilisé [Ad Observer] pour déceler les failles de la Bibliothèque publicitaire de Facebook, identifier les fausses informations dans les publicités politiques – y compris celles qui sèment la méfiance dans notre système électoral – et étudier l’amplification apparente par Facebook de fausses informations partisanes, a expliqué sur Twitter la chercheuse de la NYU Laura Edelson, dont le compte Facebook a été banni.

Dans un communiqué, le géant du web (Nouvelle fenêtre) estime que l’Observatoire viole ses politiques sur la vie privée en récupérant ces informations d’internautes sans leur consentement, ce qui a entraîné la suspension d’une douzaine de comptes personnels de chercheurs et chercheuses de la NYU.

Réduire au silence?

Le groupe d’universitaires considère que l’intervention de Facebook constitue une mesure arbitraire afin d’en finir avec l’examen indépendant qu’il fait du réseau social.

Facebook nous réduit au silence parce que notre travail attire souvent l’attention sur les problèmes de sa plateforme.

Une citation de :Laura Edelson

Le pire, c’est que Facebook utilise la vie privée des internautes comme prétexte pour nous bannir. C’est pourtant un principe fondamental que nous avons toujours priorisé dans notre travail. Si cet épisode démontre quelque chose, c’est que Facebook ne devrait pas avoir un droit de veto sur les gens qui sont autorisés à l’étudier, a indiqué la chercheuse à l’agence Bloomberg.

Selon le site d’Ad Observer, le plugiciel ne collecte pas d’informations confidentielles qui pourraient permettre d’identifier des internautes, comme le nom, le numéro d’identification Facebook ou encore la liste d’amis et amies.

L’équipe de recherche a été avertie l’an dernier de l’intention de Facebook de bannir les comptes de ses membres si elle n’acceptait pas la proposition du réseau social de lui fournir elle-même les données.

Avec les informations de Engadget, et The Verge

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