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Grève à la Coopérative funéraire des Deux Rives : le climat de travail dénoncé

Des affiches ont été placardées sur les portes extérieures.

Les employés sont sans convention collective depuis plus d'un an (archives).

Photo : Radio-Canada / Kathleen Lavoie

Alors que les syndiqués de la Coopérative funéraire des Deux Rives s’apprêtent à entamer une sixième journée de grève en un peu plus de deux semaines, ceux-ci dénoncent le climat de travail en place dans l’entreprise depuis plusieurs années. En attendant une résolution du conflit, les conséquences sur les familles endeuillées se font aussi ressentir.

À la veille du début d’une autre période de grève, le syndicat représentant 110 employés de la Coopérative funéraire des Deux Rives soutient que le moral des troupes est au plus bas.

Les représentants syndicaux affirment que le climat de travail s’est détérioré depuis l’entrée en poste de la nouvelle direction générale il y a quelques années, et que la création du syndicat en 2018 en est probablement le résultat.

Il y a bien des gens qui m’ont dit sur la ligne de piquetage que quand un syndicat rentre quelque part, c’est parce qu’il y a des problèmes. Habituellement, quand ça va très bien, les gens ne se tournent pas vers un syndicat, affirme la présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN), Ann Gingras.

Quatre personnes brandissent des drapeaux syndicaux.

Les employés ont manifesté devant le siège social de la Coopérative lors des jours de grève précédents.

Photo : Radio-Canada / Olivier Bouchard

Le directeur général de la Coopérative funéraire David Émond a préféré ne pas faire de commentaires sur cette accusation. La coopérative considère que la négociation, dont la première rencontre officielle a eu lieu le 19 mai dernier, doit se passer entre les représentants mandatés par les deux parties, indique-t-il dans une déclaration écrite.

Employés en détresse

Selon la présidente du syndicat Catherine Caron, le climat de travail cause de la détresse chez beaucoup d’employés, et celle-ci s’est accentuée depuis le début de la pandémie. Elle estime qu’en tout temps depuis deux ans, jusqu’à un tiers des conseillers aux familles étaient en arrêt de travail.

Mme Caron, qui est aussi thanatologue au sein de la Coopérative, affirme qu’elle a dû consoler des employés épuisés et en pleurs à plusieurs reprises. J’ai des collègues médicamentées, j’ai des collègues qui doivent consommer de l’alcool pour être capables de décanter rendus à la maison, assure-t-elle.

Deux femmes sont assises derrière une table lors d'une conférence de presse.

Catherine Caron et Ann Gingras se sont adressées aux médias à la veille d'une sixième journée de grève en quelques semaines.

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau-Lamarche

Familles endeuillées laissées de côté

Pendant ce temps, les séances de négociations sont mises sur pause l’espace de quelques semaines. La prochaine est prévue le 24 août.

Les syndiqués estiment que c’est bien trop long, puisque depuis la mise en place des moyens de pression, les arrangements funéraires de nombreuses familles endeuillées ont été perturbés. On annule des funérailles, on annule des rendez-vous, indique Catherine Caron.

Par courriel, le directeur général de la Coopérative funéraire David Émond s’est encore une fois excusé des désagréments causés par la grève aux familles endeuillées.

Mais pour les syndiqués, l’inaction de la partie patronale est ce qui cause la prolongation de la grève. Visiblement, ça ne les dérange pas qu'on fasse la grève, ça ne les dérange pas de perturber les familles. Selon nous, il y a un non-respect aussi envers les familles avec cette attitude-là, a martelé Mme Caron.

Jeudi matin, des membres du syndicat comptent donner de la visibilité à leurs actions en formant un cortège funèbre devant les bureaux du siège social de la Coopérative.

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