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La campagne fédérale pourrait être influencée par les élections en Nouvelle-Écosse

Mais le Parti libéral de la Nouvelle-Écosse n'est pas une « version junior » du parti fédéral.

Iain Rankin debout à l'extérieur à côté d'un écran de télévision sur lequel on voit Justin Trudeau.

À Halifax le 13 juillet 2021, le chef libéral néo-écossais Iain Rankin (à gauche) prend la parole aux côtés du premier ministre Justin Trudeau (par vidéoconférence).

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La Presse canadienne

La campagne électorale qui a cours depuis deux semaines en Nouvelle-Écosse n'attire peut-être pas beaucoup d'attention sur la scène nationale, mais les libéraux fédéraux surveillent certainement de très près l'allure de cette course.

Alors que les libéraux de Justin Trudeau semblent sur le point de vouloir demander aux Canadiens un troisième mandat, comme leurs cousins néo-écossais, le parti fédéral essaie certainement de discerner comment réagit l'électeur, à l'approche de ce qui pourrait bien être le premier scrutin national pandémique, estime Tom Urbaniak, professeur de sciences politiques à l'Université du Cap-Breton.

Une faible performance des libéraux en Nouvelle-Écosse serait un peu inquiétante pour les libéraux fédéraux, disait-il en entrevue mardi.

Les libéraux de la Nouvelle-Écosse, dirigés par Iain Rankin, 38 ans, le plus jeune premier ministre provincial au Canada, ont clairement indiqué que leur campagne était basée sur un sentiment d'optimisme alors que la pandémie semble s'atténuer.

L'enjeu de cette élection, c'est la reprise en Nouvelle-Écosse, disait-il la semaine dernière lors d'un débat télévisé des chefs.

Cette approche renouveau sera probablement imitée par les libéraux fédéraux, maintenant que la plupart des provinces assouplissent leurs mesures sanitaires et rouvrent leur économie.

Des libéraux résolument de centre droit en Nouvelle-Écosse

Mais le Parti libéral de la Nouvelle-Écosse n'est pas une version junior du parti fédéral.

Tenant une bible après avoir prêté serment, Iain Rankin remet son masque.

Après avoir remporté la course à la direction du Parti libéral, Iain Rankin est assermenté premier ministre de la Nouvelle-Écosse le 23 février 2021 à Halifax.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Contrairement à l'approche grandes largesses des libéraux de Justin Trudeau, qui se sont engagés à plus de 100 milliards de dollars en nouvelles dépenses dans leur budget d'avril, les libéraux provinciaux promettent la rigueur dans les finances publiques.

Après tout, l'ex-premier ministre libéral Stephen McNeil a remporté deux majorités en prêchant la restriction budgétaire et en présentant quatre budgets équilibrés consécutifs.

M. Rankin, ancien dirigeant d'entreprise, a clairement indiqué qu'il ne s'écarterait pas de cette voie. Lors du débat des chefs, la semaine dernière, il a même réprimandé son adversaire Tim Houston, un progressiste-conservateur, pour s'être engagé à fournir 2500 nouveaux lits de soins de longue durée.

Pour se distinguer de ces libéraux résolument de centre droit, les progressistes-conservateurs ont un peu pigé à gauche, en concentrant leur campagne sur l'amélioration des soins de santé et des injections annuelles supplémentaires de 430 millions de dollars.

Tim Houston souriant.

Tim Houston, chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse, le 22 juillet 2021.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Et Tim Houston a tenu à distancier son parti des conservateurs fédéraux, dirigés par Erin O'Toole.

En mars, lorsque des membres du Parti conservateur du Canada ont rejeté une résolution qui affirmait que le changement climatique est réel, M. Houston a laissé tomber que cette posture n'était pas très utile.

Un NPD qui veut s’éloigner de l’ancien gouvernement Dexter

Quant au Nouveau Parti démocrate (NPD), dirigé par le pasteur de l'Église unie Gary Burrill, il s'est écarté de la politique centriste qui avait porté le parti au pouvoir en Nouvelle-Écosse pour la première fois en 2009, avec Darrell Dexter.

Les néo-démocrates font plutôt campagne sur une plateforme progressiste plus classique, qui promet par exemple le contrôle des loyers, un salaire minimum de 15 $ l'heure et 10 jours de congés de maladie payés pour tous les travailleurs.

Un homme vêtu d'un complet foncé parle à une tribune, entouré de personnes qui brandissent des affiches électorales.

Le chef du NPD de la Nouvelle-Écosse, Gary Burrill, lance sa campagne le 17 juillet 2021.

Photo : CBC / Michael Gorman

Le Parti vert, qui n'a pratiquement aucun historique en Nouvelle-Écosse, est dirigé par une cheffe par intérim, Jessica Alexander. Le parti ne présente pas de candidats dans toutes les circonscriptions.

Les libéraux sont entrés dans la cinquième année de leur second mandat en mai dernier; ils sont maintenant minoritaires en Chambre à la suite de la démission de plusieurs députés. Lors de la dissolution, ils détenaient 24 des 51 sièges, suivis des progressistes-conservateurs avec 17 et des néo-démocrates avec cinq. Il y avait trois députés indépendants et deux postes vacants.

Selon le professeur Tom Urbaniak, la décision des libéraux de garder l'Assemblée législative fermée pendant plus d'un an a limité la présence médiatique de leurs adversaires.

Par contre, M. Rankin, un nouveau chef, élu à la tête des libéraux en février, a bénéficié d'une large couverture en participant à de fréquents points de presse sur la COVID-19. Ces apparitions ont d'ailleurs mis en lumière les efforts largement couronnés de succès du gouvernement pour limiter la propagation du coronavirus dans cette province. Depuis le début de la pandémie, on y a signalé moins de 6000 cas et 93 décès.

Les libéraux savent qu'ils doivent extrapoler de cette gestion de la pandémie vers la reprise économique, ils doivent faire ce lien, estime le professeur Urbaniak.

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