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Allégations de profilage racial : un sit-in devant l'hôtel de ville de Repentigny

Des gens sont debout, la tête baissée, et semblent se recueillir.

La mère de la victime, Marie-Mireille Bence, et son fils, Kayshawn Olivier, lors d'une conférence de presse en début de semaine.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

« Ça fait des années que l'on dénonce. Depuis quatre ou cinq ans, rien n'a bougé. »

Joint par téléphone, Pierre-Richard Thomas ne cache pas son exaspération. L'organisme qu'il dirige, Lakay Média, se bat depuis des années pour que cesse la discrimination raciale à Repentigny.

Lakay Média est derrière l'organisation d'un autre événement de sensibilisation au profilage racial à Repentigny. On en a organisé tellement, raconte M. Thomas.

À 18 h mercredi soir, quelques dizaines de personnes étaient présentes devant l'hôtel de ville pour un sit-in qui avait été annoncé sur les réseaux sociaux.

Dimanche dernier, Jean René Junior Olivier a été abattu par la police alors qu'il était en crise. Selon les policiers, l'homme se serait montré menaçant et aurait eu avec lui un couteau. Or, les dernières informations disponibles indiquent que l'homme aurait laissé tomber son arme, avant d'être abattu.

Cet événement ravive les tensions déjà bien présentes entre la communauté noire de Repentigny et son service de police. La famille de Jean René Junior Olivier a exhorté les autorités à faire la lumière sur ce qui s'est passé ce jour-là.

En attendant l'enquête, Pierre-Richard Thomas croit qu'il est important de continuer de faire entendre la voix des personnes racisées de Repentigny. L'événement de ce soir, c'est non seulement pour demander justice pour la personne tuée par la police, mais aussi pour toutes les personnes qui sont victimes de profilage racial à Repentigny, dit-il.

Son organisme souhaite déposer une série de 11 revendications auprès de l'administration municipale.

M. Thomas espère que la manifestation de ce soir sera rassembleuse. C'est une question de justice sociale, et non de revendication raciale, dit-il. Je veux inviter toute la population de Repentigny, Blancs ou Noirs, à envoyer un message à la Ville : c'est assez.

Le problème est connu, mais les solutions se font attendre

Les allégations de profilage racial à l'endroit du Service de police de la Ville de Repentigny ont souvent fait les manchettes ces dernières années.

À quatre reprises, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a rendu des décisions favorables à des habitants de Repentigny qui se sont dits victimes de discrimination basée sur la couleur de leur peau. La municipalité avait alors promis une transformation organisationnelle de son corps policier, ajoutant que des actions concrètes seraient annoncées cet été.

Or, Pierre-Richard Thomas affirme que Repentigny a porté ces décisions en appel, une information que nous n'avons pas pu confirmer.

M. Thomas accuse l'administration municipale de prendre la situation à la légère. La mairesse est sortie récemment pour dire qu'il y avait eu des erreurs, mais elle ne veut pas les nommer, elle ne veut pas dire lesquelles, dit-il.

Il faut avoir le courage de faire des excuses publiques. Il faut avoir le courage de demander pardon. Si vous ne pouvez même pas faire ça, comment les gens peuvent-ils vous faire confiance? Comment peuvent-ils avoir confiance en la police, en nos institutions publiques?

Une citation de :Pierre-Richard Thomas, directeur de l'organisme Lakay Média

La Ville de Repentigny a réagi un peu plus tôt aujourd'hui à la mort de Jean René Junior Olivier, trois jours après l'événement. Dans un message publié sur Facebook, l'administration affirme que tous les employés de la Ville sont attristés par cet événement, et dit avoir communiqu[é] avec la mère de Jean René Junior Olivier pour lui offrir [ses] sympathies, au nom de tous les employés de la Ville.

La Ville est déconnectée, a réagi Pierre-Richard Thomas. C'est nous qui avons dû demander à la mairesse d'appeler les parents de la victime. Je la félicite pour cette action. Mais c'est simplement pour vous montrer la distance entre l'administration et les communautés.

La Ville de Repentigny n'a pas répondu pour le moment à nos demandes d'entrevue.

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