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Reprise des négociations entre le syndicat de l’usine Olymel et l’employeur

Des employés manifestent devant l'usine.

Depuis le début du conflit de travail, près de 130 000 porcs n'ont pas pu être abattus (archives).

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Les négociations entre les syndiqués de l’usine Olymel de Vallée-Jonction et l’employeur reprendront jeudi à 9 h devant les conciliateurs mandatés par Québec. Mais les vétérinaires sont préoccupés par l'arrêt de travail qui, selon eux, « cause des tors irréparables sur le plan du bien-être et de la santé des animaux ».

Après plus de trois mois de grève générale illimités et 21 rencontres de conciliation, les deux parties ne sont toujours pas arrivées à s’entendre sur le renouvellement de la convention collective.

Vendredi, le syndicat a quitté la table de négociation après avoir rejeté une proposition faite par les conciliateurs nommés par le ministre. L’offre salariale était toujours insuffisante aux yeux du syndicat.

En début de semaine, la direction d’Olymel a durci le ton à l’égard du syndicat, assurant que, si le conflit ne se réglait pas, les activités de l'usine de Vallée-Jonction pourraient être déménagées dans un nouvel abattoir situé à l’Ange-Gardien.

Mais à l'issue d'une rencontre syndicale mardi matin, bon nombre de travailleurs se sont dits prêts à continuer à se battre pour obtenir les augmentations salariales qu’ils réclament.

Des vétérinaires préoccupés

Cette grève inquiète beaucoup l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) et l’Association des vétérinaires en industrie animale du Québec (AVIA) qui jugent qu'elle peut causer des torts irréparables sur le plan du bien-être et de la santé des animaux.

Depuis le début du conflit de travail, quelque 130 000 porcs n’ont pas pu être abattus, du jamais-vu. Des centaines de milliers de porcs s’entassent dans les porcheries québécoises, au détriment de la santé physique et mentale de ces animaux.

Gaston Rioux est le président de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec.

Gaston Rioux, président de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec (archives)

Photo : Radio-Canada

Les éleveurs ont de la difficulté à pouvoir conserver leurs animaux qui sont prêts à aller à l'abattoir, mais qui parfois sont conservés dans des milieux moins adéquats, où il y a de l'entassement, où il y a des risques de bien-être animal, d'augmentation de maladie, d'augmentation aussi de l'utilisation des antibiotiques, explique Gaston Rioux, président de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec.

Toutes des situations qui mettent en danger la santé des troupeaux aussi. C'est difficile aussi de mettre en œuvre des mesures de biosécurité adéquate. Donc, nous sommes très préoccupés, ajoute-t-il.

Contraire à la loi 54

À ses yeux, cette situation est un retour en arrière par rapport à la loi 54 sur la protection des animaux qui redéfinit l'animal en tant qu'être doué de sensibilité.

Les vétérinaires s'interrogent aussi sur les conditions dans lesquelles les propriétaires pourraient euthanasier les animaux qui parfois peuvent peser jusqu'à plus de 100 kilos s'ils sont amenés à le faire. De plus, la grève pourrait conduire à l'euthanasie de près de 130 000 porcs, selon l'OMVQ et l'AVIA.

Bien qu’une entente conclue par Olymel ait permis de vendre quelques milliers de porcs et de porcelets à l’extérieur de la province, comme en Ontario et aux États-Unis, M. Rioux juge problématique le transport des animaux pendant de longues heures et sous des températures parfois caniculaires.

Il exhorte le gouvernement Legault à agir dans le dossier.

Il appartient au gouvernement d'intervenir [...] au niveau du ministère du Travail et [...] aussi au niveau du MAPAQ (ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec) avec sa loi sur le bien-être animal pour être certain qu'il n'y aura pas de situation désastreuse, conclut-il.

Avec les informations de Marc-Antoine Lavoie

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