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Changements climatiques : des pratiques innovantes présentées aux agriculteurs

De gauche à droite : le directeur général de la Fédération de l'UPA de la Gaspésie-Les Îles Guy Gallant, l'agronome Germain Babin, la présidente de l'organisation Michèle Poirier et le fondateur de SCV Agrologie, Louis Pérusse.

Une conférence de presse a été organisée mercredi matin à la ferme Capino de Caplan. De gauche à droite : le directeur général de la Fédération de l'UPA de la Gaspésie-Les Îles Guy Gallant, l'agronome Germain Babin, la présidente de l'organisation Michèle Poirier et le fondateur de SCV Agrologie, Louis Pérusse.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Roxanne Langlois

Une quarantaine d’agriculteurs de la région ont profité, mercredi, d’une journée d’initiation à de nouvelles pratiques aux champs visant à aider leurs entreprises à mieux faire face aux changements climatiques. Cette activité s’inscrit dans le cadre de la démarche Agriculture régénératrice de la Fédération de l’UPA de la Gaspésie-Les Îles.

Deux entreprises qui sont accompagnées afin d’adapter leurs pratiques au phénomène, la ferme Capino de Caplan et la Bergerie du Margot de Bonaventure, ont accueilli le groupe d’agriculteurs.

Biodiversité au niveau des plantes fourragères, systèmes de cultures de couverture, amélioration de la rotation des cultures : plusieurs alternatives visant à contrer les variations extrêmes causées par les changements climatiques ont été présentées aux participants.

Un groupe d'hommes discute devant un champ.

Une quarantaine de producteurs gaspésiens ont pris part à la journée, qui a débuté à la ferme Capino de Caplan.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

On vit des situations découlant des changements climatiques depuis quelques années et il y a des solutions qu’on peut amener aux agriculteurs en Gaspésie, mentionne Louis Pérusse, agronome et fondateur de SCV Agrologie. M. Pérusse a accompagné les deux fermes gaspésiennes hôtesses de la journée.

Selon le spécialiste de l'approche agroécologique, l’activité de mercredi avait précisément pour but de présenter de nouveaux paradigmes de production en agriculture, susceptibles de semer des réflexions et des questionnements chez les principaux intéressés.

De l’ouverture constatée

Pour le directeur général de la Fédération de l’UPA de la Gaspésie-Les Îles, Guy Gallant, la sécheresse connue par les agriculteurs au cours des trois dernières années a contribué à les sensibiliser à l’importance de s’adapter aux changements climatiques.

Oui, il faut qu’il y ait une modification [dans les pratiques], parce qu’acheter du foin ou manquer de foin tous les ans, ce n’est pas le fun, fait valoir le gestionnaire.

Selon M. Gallant, la transition vers des pratiques s’adaptant au phénomène des changements climatiques va demander du temps en région, ainsi que des fonds. Ça ne se fait pas dans un claquement de doigts, admet-il, néanmoins optimiste quant à l’intérêt des producteurs gaspésiens.

Ce n’est pas quelque chose qui est simple. C’est pour ça qu’on dit que ça prend de l’accompagnement, […] de l’information et de la bonne volonté des producteurs.

Une citation de :Guy Gallant, directeur général de la Fédération de l’UPA de la Gaspésie-Les Îles

Une ferme pionnière en la matière

Le propriétaire de la ferme laitière Capino de Caplan, Patrick Arsenault, a commencé à collaborer avec l’agronome Louis Pérusse en 2015. L’agriculteur est en quelque sorte un pionnier gaspésien en matière d’adaptation des pratiques aux changements climatiques.

M. Arsenault se souvient très bien de son premier contact avec M. Pérusse. Ça a été une première rencontre assez bouleversante. Je faisais quand même une bonne job, mais il m’a amené à un autre niveau, à me questionner et à observer certaines choses, explique l’agriculteur.

Patrick Arsenault, propriétaire de la ferme Capino de Caplan.

Patrick Arsenault, propriétaire de la ferme Capino de Caplan, a commencé à adapter ses façons de faire aux changements climatiques il y a déjà six ans.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Un programme d’amélioration de la qualité des sols et du drainage a été entrepris sur les terres de la ferme de la Baie-des-Chaleurs. De la biodiversité a également été progressivement introduite au sein des plantes fourragères de l'entreprise.

On a pratiquement doublé les rendements, ici, en cinq ans, note Louis Pérusse. Cette année, c’est vraiment impressionnant ce que j’ai réussi à faire, se réjouit quant à lui Patrick Arsenault, tout sourire.

Plusieurs effets à prévoir

Si la pluie se fait abondante cet été, cela ne signifie en rien que nos problèmes sont réglés, note Germain Babin, agronome et agent syndical de spécialités pour la Fédération de l’UPA de la Gaspésie-Les Îles.

L’été 2050 en Gaspésie

  • 310 mm de pluie (moyenne de 1981 à 2010 : 301 mm)
  • 5 jours avec une température maximale plus élevée que 30 degrés Celsius (moyenne de 1981 à 2020 : une journée)
  • Pluies intenses plus fréquentes (davantage de cellules orageuses localisées)
  • Déficit hydrique de -70 mm (moyenne de 1981 à 2010 : -43 mm)

Source :  Document Le climat de la Gaspésie à l'horizon 2050, Conseil pour le développement de l’agriculture au Québec

M. Babin note que plusieurs effets seront ressentis concrètement au cours des prochaines décennies et qu’il importe de s’y préparer. On va avoir des hivers un peu plus doux, donc ça veut dire des épisodes de pluie et de neige. On va peut-être avoir des gels plus tardifs. Il y a toutes sortes de phénomènes comme ça qui vont être cycliques, mais parfois les cycles vont être plus rapprochés.

Guy Gallant ajoute pour sa part que des insectes inédits pourraient migrer vers le nord en raison des conditions météorologiques. Ça peut aussi être des plantes qu’on n’avait jamais vues qui vont apparaître, dit-il.

La Fédération gaspésienne de l'UPA adhère par ailleurs à la démarche Agriclimat, qui regroupe toutes les régions du Québec. Un groupe de travail régional se réunira cet automne afin de cibler les principales problématiques vécues en Gaspésie et les mesures d'adaptation qui doivent être développées.

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