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Peu d’information sur le coût d’une police provinciale en Alberta

Un policier devant une maison.

Un service de police provinciale pourrait bientôt voir le jour en Alberta, mais des dirigeants municipaux s'inquiètent de ne pas connaître les coûts associés à ce projet.

Photo : Simon Marc Charron

Radio-Canada

Le ministre albertain de la Justice, Kaycee Madu, fait le tour des réunions publiques dans les municipalités rurales pour promouvoir la mise en place d’un service de police provincial, sans toutefois discuter des coûts que cela engendrerait.

Lors de sept réunions publiques sur les crimes dans les zones rurales ces deux dernières semaines, Kaycee Madu a distribué un document qui détaille les orientations et les bénéfices de ce qu’il nomme un service de police pour les Albertains , qui remplacerait la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans les petites villes et les zones rurales de la province.

Le document de six pages affirme qu'un service de police provinciale (APPS) peut fournir plus de valeur sans augmenter les coûts globaux, mais ne précise pas combien coûterait la transition entre la GRC et ce service.

Un cabinet d'audit

La province avait fait appel au cabinet d'audit PricewaterhouseCoopers pour calculer les coûts à prévoir. Le rapport, qui a coûté 2 millions de dollars, a été remis au gouvernement en avril dernier, mais M. Madu a refusé de le rendre public jusqu’à présent.

Barry Morishita, le président de l’Association des municipalités urbaines de l’Alberta et maire de Brooks, demande au ministre d’honorer sa promesse initiale de dévoiler le rapport et d’organiser un référendum avant de s’engager sur la voie de l’APPS.

M. Morishita y tient d'autant plus qu'il se demande pourquoi le ministre semble vouloir insister sur un résultat prédéterminé lors des réunions publiques.

Il me semble que la voie est déjà toute tracée pour la police provinciale de l'Alberta du point de vue du ministre.

Une citation de :Barry Morishita, Association des municipalités urbaines de l'Alberta

Un porte-parole de Kaycee Madu affirme dans un courriel qu’une consultation est prévue avec les municipalités concernées, mais toujours sans donner de détail sur les coûts.

Actuellement, le gouvernement fédéral verse environ 112 millions de dollars par an pour financer sa part des services de la GRC en Alberta, une somme qui ne sera pas conservée en cas de transition vers l’APPS.

Au début de l’année 2020, le conseil municipal de Red Deer a rejeté une proposition qui prévoyait de se séparer de la GRC pour la remplacer par un service municipal. Le coût de la transition était estimé à 13,6 millions de dollars, et le coût annuel de fonctionnement s’apparentait à un surplus de 7,1 millions de dollars.

Les dirigeants municipaux résistent

Cette campagne de promotion de Kaycee Madu intervient après que plusieurs dirigeants municipaux lui ont fait parvenir, ainsi qu’au premier ministre, Jason Kenney, des lettres de soutien à la GRC.

La création d’une force de police provinciale est l’une des 25 recommandations faites dans un rapport en 2020 sur le Fair Deal (Entente équitable) par un comité qui a étudié des mesures qui pourraient renforcer l'indépendance de la province à l'égard du Canada.

Jason Kenney avait promis de soumettre la question au vote populaire lors d’un référendum, mais, le mois dernier, M. Madu a fait savoir que la question ne serait pas posée aux Albertains lors des élections automnales.

La Fédération de la police nationale, le syndicat qui représente les membres de la GRC, avait mis en place une campagne à l’automne dernier pour que la force fédérale reste en Alberta. Depuis, ses représentants ont également rencontré des douzaines d’élus municipaux.

Plus de 30 conseils municipaux, dont ceux de Fort Saskatchewan, du comté de Red Deer ou encore de Lac la Biche, ont alors envoyé des lettres au gouvernement dans lesquelles ils soutiennent la GRC et posent des questions sur le service de police municipal.

Ils disent notamment craindre une escalade possible des coûts et veulent savoir pourquoi le gouvernement tient tant à cette mesure, qui n’a pas été sollicitée par le public.

Steve Upham, le préfet du comté de Saint-Paul, affirme que le conseil municipal est satisfait des services assurés par les membres de la GRC dans la zone et s'inquiète du manque d’information.

Nous n’avons accès à aucun chiffre pour pouvoir nous faire un jugement.

Une citation de :Steve Upham, préfet du comté de Saint-Paul

Il ajoute que personne, dans son comté, ne semble souhaiter la création d'un service de police provincial. C’est aussi ce que Paul McLauchlin, préfet du comté de Ponoka, entend de son côté.

Également président des municipalités rurales de l’Alberta, il affirme que ses concitoyens ont d’autres priorités en tête : J’aimerais plutôt qu’on parle du temps que mettent les ambulances à arriver dans la communauté.

M. McLauchlin affirme aussi que, sans avoir vu les chiffres du rapport de PricewaterhouseCooper, il ne prendra pas position sur l'APPS.

Avec des informations de Michelle Bellefontaine

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