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Ottawa suspend tous les projets de hausse des limites de pesticides dans les aliments

Le gouvernement s'engage à changer la loi pour plus de transparence et d'indépendance.

La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu.

La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, promet plus de transparence sur l'utilisation des pesticides.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Face à la grogne du public et à l'approche du déclenchement probable d'une campagne électorale fédérale, le gouvernement Trudeau intervient pour mettre fin à la controverse sur les pesticides. Toutes les consultations pour augmenter les limites de résidus dans les aliments sont suspendues. Cela concerne le glyphosate dans les légumineuses, mais aussi d'autres pesticides dans les petits fruits.

Dans un communiqué conjoint des ministres de la Santé, de l'Agriculture et de l'Environnement, le gouvernement s'engage à ne prendre aucune décision avant que la loi soit réécrite afin d'imposer plus de transparence et d'indépendance dans le processus de décision.

La controverse sur l'augmentation des limites de résidus de glyphosate a suscité beaucoup d'indignation à travers le pays, tout comme celle pour les petits fruits comme les bleuets. Des députés libéraux, notamment au Québec, ont été interpellés par les habitants de leurs circonscriptions. Ottawa avait dans un premier temps accepté de prolonger les consultations publiques.

Mais le sujet continuait de mal passer, surtout au Québec. Selon nos informations, le premier ministre Justin Trudeau est intervenu dans le dossier.

Des experts et des citoyens ont dénoncé le fait que les noms des demandeurs soient cachés dans les documents de consultation. Il avait fallu insister auprès de Santé Canada pour apprendre que des multinationales des pesticides comme Bayer et Syngenta étaient à l'origine des demandes.

Les Canadiens sont en droit de s’attendre à ce que le gouvernement fasse preuve de transparence dans toute décision concernant l’utilisation des pesticides.

Une citation de :Patty Hajdu, ministre de la Santé du Canada

De l'argent pour plus d'études indépendantes

Selon nos informations, le gouvernement envisage d'adjoindre des scientifiques indépendants au processus d'évaluation. Actuellement, la vaste majorité des études sur lesquelles se base le gouvernement pour prendre ses décisions sont produites par les fabricants de pesticides eux-mêmes.

Des consultations seront menées pour envisager la réforme de La Loi sur les produits antiparasitaires qui date de 2002. Les changements législatifs ne devraient pas se faire avant le printemps 2022.

Ottawa annonce aussi que 50 millions de dollars seront investis dans l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) pour, entre autres, améliorer la disponibilité de données indépendantes, venant d'universités, d'ONG et des gouvernements.

Le ministre de l'Environnement, Jonathan Wilkinson, donne l'exemple de la surveillance de l'eau. Les pesticides sont très présents dans les rivières en milieu agricole, à des niveaux parfois toxiques pour la faune aquatique.

Même si Ottawa soutient que la réglementation actuelle assure une protection solide de la santé humaine et de l’environnement, il reconnaît que l’examen de certaines de ses dispositions est actuellement justifié. L'objectif est de s'assurer que le processus d’homologation des pesticides répond aux attentes de la population.

La ministre de l'Agriculture ne voulait pas d'interférence politique

Un gros plan sur son visage

La ministre fédérale de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La semaine dernière, la ministre fédérale de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau, avait déclaré que les politiciens ne devaient pas s'ingérer dans le processus. On ne peut pas s'imaginer qu'au Canada le politique interfère dans la réglementation sur un coup de tête ou sur une pression populaire, avait-elle dit.

En entrevue à Radio-Canada, la ministre ne voit pas de contradiction avec la récente décision. « On revoit le cadre d'analyse », explique-t-elle. Le politique peut aussi donner des directives sur « la priorisation des demandes », par exemple en donnant plus de place aux requête pour « des pratiques alternatives plus écologiques ».

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