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Des étudiants et leurs parents déplorent les incertitudes liées à la frontière

Deux étudiantes circulent avec des masques devant l'université Columbia à New York.

La restriction des voyages non essentiels aux États-Unis jusqu'au 21 août cause bien des ennuis à plusieurs parents.

Photo : Reuters / Shannon Stapleton

Radio-Canada

Certains parents au Canada se demandent s’ils pourront aider leurs enfants admis dans des universités américaines à traverser la frontière. Ils réagissent au fait que la frontière terrestre américaine restera fermée aux voyages non essentiels au moins jusqu'au 21 août.

Des messages contradictoires les laissent perplexes et en quête de réponses.

Grant Bergeron se prépare à conduire sa fille à Chicago pour l'école cet automne. Il a l’habitude de ces voyages, car deux de ses autres enfants étudient déjà aux États-Unis. Mais cette année, son voyage pourrait être plus compliqué en raison des restrictions liées à la COVID-19.

Sa fille, Kellene, entame sa première année dans le programme de sciences infirmières à l'Université Loyola de Chicago et, comme d'autres familles avec des enfants qui étudient aux États-Unis, il avait l'intention de la conduire de Windsor, en Ontario, jusqu'à Chicago.

Nous n'avons jamais fait face à des restrictions à la frontière auparavant, dit Grant Bergeron, d'Essex, en Ontario.

Il y a deux semaines, le gouvernement fédéral a annoncé que les Américains entièrement vaccinés pouvaient entrer au Canada sans avoir à se mettre en quarantaine à partir du 9 août. Mais, un jour plus tard, le gouvernement américain a déclaré que son côté de la frontière terrestre resterait fermé aux voyages non essentiels au moins jusqu'au 21 août pour limiter la propagation de la COVID-19.

La situation crée beaucoup de confusion.

Aucune politique explicite

Même si l'école est considérée comme essentielle, certains parents et étudiants au Canada jugent que les règles concernant la frontière manquent de clarté.

Grant Bergeron indique que lorsqu'il a téléphoné au bureau local de Détroit, un agent du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP) lui a dit qu'un parent est généralement autorisé à accompagner un élève qui s'installe aux États-Unis pour la première fois.

Cette information, je l’ai eue verbalement avec un agent au téléphone, ce qui ne veut essentiellement rien dire, car lorsque vous vous présentez à la frontière, l’agent frontalier a le pouvoir de décider de refuser ou d'autoriser l'entrée. Nous ne sommes pas à l'aise de l'envoyer seule pour la première fois, dit-il.

Pour trouver des réponses à ses questions, Grant Bergeron s’est servi de Facebook. Nous avons pu y partager nos frustrations et nos angoisses face à toute cette situation frontalière, admet-il.

Pour sa part, Rachel Alter, 22 ans, s'apprête à déménager de sa ville natale de Thornhill, en Ontario, à l'Université Columbia à New York pour sa première année d’études.

Elle prévoyait traverser la frontière avec ses parents en voiture et a parlé à un agent des services frontaliers pour confirmer que c’était autorisé. L'agent lui a dit qu'un parent pouvait l'accompagner de l'autre côté de la frontière, mais l’étudiante se désole qu’aucune politique explicite puisse confirmer l’information.

Je ne me sentais pas assez à l'aise avec ces informations pour tout emballer et ne pas avoir de garantie

Une citation de :Rachel Alter, étudiante

Rachel Alter a donc décidé qu'il serait préférable pour elle de se rendre aux États-Unis en avion. Elle a rendu certains des meubles qu'elle avait achetés au Canada et demandé à ses colocataires d'en trouver pour elle aux États-Unis.

Honnêtement, cela a été un très gros désastre. Personnellement, je ne conduis pas et je n'aurai pas accès à une voiture à New York. Devoir rendre les meubles était vraiment frustrant, s'indigne-t-elle.

Lou Jamernik s'est également posé beaucoup de questions quand son fils est parti pour l'Université du Dakota du Nord afin de jouer au hockey.

Avant de quitter son domicile à Calgary pour se rendre sur le campus pour la première fois en décembre 2020, Lou Jamernik a appelé la frontière canado-américaine et a demandé à un agent s'il pouvait accompagner son fils, Louis, lors du voyage.

L'agent lui a répondu que si son fils avait 18 ans ou plus, il devrait voyager seul. Puisque Louis a 21 ans, il a conduit seul aux États-Unis.

Lou Jamernik et son fils Louis posent devant une voiture.

Lou Jamernik (à gauche), de Calgary, et son fils, Louis, qui étudie à l'Université du Dakota du Nord. Comme Louis a plus de 18 ans, son père n'a pas été autorisé à l'accompagner à travers la frontière canado-américaine en décembre dernier.

Photo : Lou Jamernik

Il n'y avait aucun problème pour qu'il passe la frontière seul. Il avait son passeport, son permis et tous les documents scolaires, explique le père de famille.

La réponse des autorités américaines

Dans une réponse écrite à CBC, un porte-parole du CBP affirme que les personnes voyageant aux États-Unis pour fréquenter l'école, ainsi que les membres de la famille aidant les élèves dans leur déménagement, seront considérés comme essentiels.

Les voyageurs doivent présenter des documents de voyage valides. Les agents du CBP prennent la décision finale de l'admissibilité de chaque voyageur aux États-Unis au point d'entrée sur la base des faits et des circonstances connus des agents au moment de l'inspection, est-il indiqué.

Pour prendre leur décision, un autre porte-parole du CBP, Aaron Bowker, affirme que les agents des services frontaliers prendront en compte le temps qu'un membre de la famille prévoit de passer avec son enfant aux États-Unis et le nombre de membres de la famille traversant la frontière.

Cela dépend vraiment des circonstances dans lesquelles le voyage se produit. Les douaniers ne comprendront pas pourquoi quatre à six membres de la famille doivent partir, a-t-il souligné.

Il a également expliqué que des conseils spécifiques pour les parents ne sont pas disponibles en ligne, car déterminer l'admissibilité d'une personne aux États-Unis est spécifique à la situation de chaque individu.

C'est beaucoup plus facile pour les parents de contacter le poste frontalier qu'ils vont traverser, conseille-t-il.

Avec les informations de CBC News

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