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La SQ et le SPVM s'allient pour lutter contre le trafic d'armes à feu

Geneviève Guilbault parle au micro tandis que Valérie Plante l'écoute en arrière-plan lors d'une conférence de presse à l'extérieur.

Geneviève Guilbault, vice-première ministre et ministre responsable de la Sécurité publique, juge la progression de la violence à Montréal inquiétante.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec veut « formaliser » la collaboration entre la Sûreté du Québec (SQ) et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en « pérennisant » une équipe intégrée pour lutter contre le trafic d'armes à feu. Cette équipe dédiée sera coordonnée par la SQ.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en a fait l'annonce mercredi en compagnie de la directrice générale de la SQ, Johanne Beausoleil, et du directeur du SPVM, Sylvain Caron, lors d'un point de presse sur le trafic d'armes à feu à Montréal.

Cette annonce, qui s'inscrit dans une série d'initiatives pour lutter contre ce fléau dans la métropole, intervient après une récente fusillade mortelle à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, à la suite de laquelle le SPVM et la SQ ont lancé une initiative conjointe.

Cette collaboration immédiate entre le SPVM et la SQ, nous avons décidé de la formaliser, de la pérenniser et de créer une équipe intégrée qui va lutter contre le trafic d’armes à feu et contre la violence liée aux armes à feu à moyen et à long terme, a déclaré Geneviève Guilbault.

L'équipe intégrée couvrira la région du Grand Montréal, en particulier le nord-est et le sud-ouest, et fera appel à des ressources actuellement affectées à l'équipe ELTA, a expliqué Sylvain Caron.

Le personnel de cette équipe travaillera spécifiquement sur la possession d’armes à feu, les tentatives de meurtre et les violences par armes à feu, et relèvera directement de la section du crime organisé du SPVM.

Il n'a pas été question lors du point de presse des coûts de la création de l'équipe ni du nombre d'agents qui y seront affectés. La ministre Guilbault a précisé qu'une annonce formelle contenant plus de détails était à venir.

La directrice générale de la SQ a ajouté que la GRC avait déjà été contactée : On est en pourparlers avec elle.

Violence par armes à feu : une équipe mixte permanente de la SQ et du SPVM

Plus de ressources malgré une baisse des homicides

Selon le SPVM, 16 homicides ont eu lieu dans la métropole jusqu'à présent en 2021, en incluant les derniers événements à Rivière-des-Prairies. Le corps policier n'a cependant pas précisé combien de ces meurtres ont été commis par balle ni combien sont l'œuvre du crime organisé.

Ces chiffres s'inscrivent dans la normale pour Montréal à ce temps-ci de l'année, alors qu'une baisse du nombre d'homicides est observable dans les dernières années. En 2020 comme en 2019, la métropole a connu 25 homicides, selon le Rapport annuel du SPVM (Nouvelle fenêtre). L'an dernier, la ville avait aussi atteint les 16 homicides en août.

Dans la dernière décennie, une moyenne de 28,4 homicides ont eu lieu chaque année à Montréal, avec un pic de 35 en 2011 (Nouvelle fenêtre) et en 2012. Ces crimes sont en baisse, alors que la moyenne des cinq dernières années (Nouvelle fenêtre) se situe à un peu plus de 26. Les tentatives de meurtre au moyen d'armes à feu ont cependant augmenté en 2020, comme le nombre d'armes saisies.

Non à la réduction du financement de la police

Malgré les nombreux appels à la réduction du financement de la police depuis l'an dernier, la mairesse Valérie Plante, aussi présente au point de presse mercredi, a balayé cette possibilité du revers de la main. Non, je ne serai pas la candidate du définancement […] Il n’y a pas eu de définancement [sous mon administration] et il n’y en aura pas, a-t-elle martelé.

Le budget du SPVM (Nouvelle fenêtre) se chiffre à plus de 679 millions de dollars en 2021, en hausse de 14,4 millions par rapport à 2020.

Mme Plante a cependant évoqué l'épineuse question du contrôle des armes à feu : le gouvernement Trudeau a interdit l'hiver dernier les armes d'assaut, sans toutefois légiférer contre les armes de poing.

Malheureusement, le projet de loi C-21 (Nouvelle fenêtre) ne répond pas à nos attentes, a-t-elle laissé tomber. Celui-ci est essentiellement concentré sur les armes d'assaut, alors qu'il n'y a pas de contrôle des armes de poing.

Les armes à feu et la violence n’ont tout simplement pas leur place dans nos quartiers, elles n’ont pas leur place à Montréal, a ajouté pour sa part la mairesse de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Caroline Bourgeois, lors du point de presse.

En entrevue au 15-18 en fin d'après-midi, l'ancienne mairesse de l'arrondissement et actuelle ministre responsable de la région de Montréal, Chantal Rouleau, a qualifié l'annonce d'aujourd'hui de geste important pour contrer la situation qui prévaut avec les gangs de rues.

Or, elle s'est dite consciente que l'ensemble de la solution ne repose pas sur les épaules des policiers. Il est important, selon elle, d'avoir des travaux en prévention, en amont, des mesures sociales importantes qui vont permettre d'améliorer la qualité de vie dans certains quartiers. Mme Rouleau a évoqué à ce sujet le prolongement de la ligue bleue du métro de Montréal ainsi que le projet de REM de l'Est, des projets de mobilité qui devraient aider, selon elle, à revitaliser les quartiers plus défavorisés du nord de la ville.

Elle a tenu également à rassurer les familles qui craignent la montée de la violence à Rivière-des-Prairies. Je veux dire aux gens que notre métropole est une des plus sécuritaires au monde, elle l'a toujours été et elle va le demeurer. On met en place des mesures pour rétablir cette paix, a-t-elle affirmé.

Selon Marc Alain, professeur au Département de psychoéducation de l'UQTR et détenteur d'un doctorat en criminologie, la solution à long terme ne peut pas être un travail essentiellement policier.

Il faut agir sur deux fronts. Au Québec, on est bons sur le front de la répression […] Là où on est pas mal moins bons, c'est le volet préventif, et sur ce plan, on n'est pas exactement un modèle, a déploré le professeur en entrevue à Midi info mercredi. La fusillade, c'est quoi? C'est le syndrome de ce qu'on a échappé en tant que société.

Le député de Laurier-Dorion pour Québec solidaire (QS), Andrés Fontecilla, abonde dans le même sens. Il faut aussi s’attaquer à la racine du problème, intervenir en amont pour prévenir la délinquance, a-t-il déclaré par communiqué après la conférence de presse. L’épine dorsale du problème, c’est le sous-financement des groupes communautaires, qui ne peuvent même plus répondre adéquatement à la demande, selon lui.

Tous les intervenants présents mercredi ont souligné l'importance du milieu communautaire pour prévenir la criminalité. Aucun n'a cependant annoncé d'aide supplémentaire, alors que des organismes se disent à bout de souffle.

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