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De l'Amérique à l'Asie, les éleveurs sous la menace de la peste porcine africaine

La peste porcine africaine touche régulièrement de nouveaux pays, occasionnant des abattages massifs et des pertes économiques considérables.

Plusieurs cochons vivent à l'étroit dans une porcherie.

Dans les élevages contaminés par la peste porcine, tous les animaux doivent être abattus (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Agence France-Presse

Elle vient de réapparaître sur le continent américain après quasiment 40 ans d'absence et a récemment contaminé des porcs domestiques dans l'est de l'Allemagne.

Fin juillet, des cas ont été recensés en République dominicaine, les premiers en près de 40 ans, selon l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), qui appelle à des actions urgentes pour mettre un frein à la progression de cette maladie virale.

Historiquement présente en Afrique subsaharienne, la maladie, dénommée fièvre porcine africaine (FPA) ou peste porcine africaine (PPA), est à ce jour sans danger pour les humains.

Très contagieuse, elle ne touche que les populations porcines – porcs, sangliers, phacochères.

Forte fièvre, perte d'appétit et hémorragies cutanées font partie des symptômes. Le taux de mortalité peut aller jusqu'à 100 %, rappelle l'OIE.

Aucun vaccin ni traitement n'a encore fait ses preuves.

Le virus est présent dans tous les liquides corporels et est très résistant. Il se transmet d'un animal à un autre par un contact direct entre porcs, par des mouvements de véhicules ou de personnes en provenance de zones infectées ainsi que par l'intermédiaire de denrées alimentaires – si des porcs domestiques sont nourris avec des déchets contaminés, par exemple.

En raison de son épidémiologie complexe, la maladie s'est répandue récemment, affectant plus de 50 pays en Afrique, en Europe et en Asie depuis 2018, rappelle l'OIE.

Parmi ceux-ci, la Chine, l'Inde, le Vietnam, l'Indonésie, la Russie, l'Italie (Sardaigne), mais aussi plus récemment l'Allemagne, premier producteur porcin d'Europe.

Deuxième et troisième producteurs européens, l'Espagne et la France restent indemnes jusqu'à présent.

Ces pays ont toutefois bataillé avec la maladie par le passé, à la suite de cas apparus dans la péninsule ibérique à partir de 1957.

Un porc mort de la peste porcine.

La Chine fait partie des pays touchés par la peste porcine depuis 2018 (archives).

Photo : AFP

En 2018-2019, la peste porcine africaine a décimé le cheptel chinois, désorganisant l'approvisionnement de ce marché, le premier du monde pour la consommation et la production de viande de porc.

Depuis, le pays a quasiment reconstitué son cheptel, à grande vitesse et à prix d'or.

Abattages massifs et pertes économiques

Le virus peut avoir de lourdes répercussions sur les éleveurs. Dans les élevages contaminés, tous les animaux sont abattus.

Sur le plan national, le pays perd son statut indemne, ce qui implique une limitation, voire une interdiction des exportations non seulement des porcs vivants, mais aussi des denrées à base de viande de porc.

Un pays comme l'Allemagne est très dépendant des débouchés extérieurs. La perte de ce marché génère des excédents et fait donc chuter les cours.

Les États négocient généralement des accords de régionalisation pour que leurs régions indemnes puissent continuer à exporter.

Dans les pays indemnes, il faut surveiller les importations afin de garantir l'absence d'introduction de porcs infectés ou de produits qui en sont issus.

La prévention passe également par l'élimination correcte des déchets alimentaires recueillis dans les avions, les bateaux ou les véhicules venant de pays infectés, souligne l'OIE. Sans oublier les mesures de biosécurité (clôtures, sas), qui doivent préserver les élevages des contacts avec les sangliers ainsi que de l'introduction du virus par les mouvements de personnes et de véhicules.

En France, le syndicat agricole Confédération paysanne juge ces mesures inconcevables en termes pratiques et d'investissement pour les producteurs qui élèvent leurs animaux en plein air.

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