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Ottawa dit non au poivre de cayenne comme arme de légitime défense

Kaycee Madu répond à une question à un podium.

Le ministre de la Justice albertain, Kaycee Madu, n'a pas obtenu gain de cause auprès d'Ottawa : le poivre de cayenne reste interdit pour se défendre en cas d'attaque.

Photo : Peter Evans

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral rejette la demande de l’Alberta de modifier le Code criminel afin d'autoriser le public à transporter du poivre de cayenne pour se défendre.

Kaycee Madu, le ministre provincial de la Justice, avait envoyé une lettre à son homologue fédéral et au ministre de la Sécurité publique il y a deux semaines, affirmant que les récentes victimes de crimes haineux en Alberta auraient pu en bénéficier.

Il a également réclamé la mise en place de peines minimales obligatoires pour les personnes reconnues coupables de crimes motivés par la haine.

Il est actuellement illégal de détenir du poivre de cayenne ou tout autre dispositif conçu comme moyen de blesser une personne, de l’immobiliser ou de la rendre incapable de bouger. L'utilisation d'un tel dispositif est passible d’accusations criminelles.

Dans une déclaration commune, le ministre de la Justice, David Lametti, et le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, du Canada, affirment que le gouvernement soutiendra toujours les victimes de crimes haineux, mais qu’une modification du Code criminel ne résout pas le problème.

Nous devons nous rappeler qu'il y a une raison pour laquelle toutes les armes sont interdites : elles sont très dangereuses dans les mains des mauvaises personnes, écrivent-ils.

Quand nous faisons face à un problème, la solution ne peut pas être simplement d’accroître l’accès à des armes prohibées, ce qui pourrait mener à davantage de violence.

Les ministres font valoir qu’il est préférable d'aborder les questions de santé mentale et les dépendances comme un seul et même problème à travers un ensemble [de solutions] telles que la prévention et, le cas échéant, la répression.

Ils estiment aussi que le fait d’instaurer une nouvelle peine minimale obligatoire ne réduira pas le nombre de crimes haineux.

Comme la première proposition, celle-ci pourrait avoir des conséquences inattendues, soutiennent les ministres.

Nous savons que le recours à des peines minimales obligatoires a conduit à la surreprésentation des Autochtones, des Noirs et des Canadiens marginalisés, des groupes victimes de crimes haineux de façon disproportionnée, dans les prisons, précise la déclaration.

Une réponse qui ne satisfait pas Kaycee Madu

Dans une déclaration envoyée par courriel à la suite de cette réponse, Kaycee Madu accuse Ottawa de se ranger du côté des criminels plutôt que de celui des victimes. Il reproche aussi au gouvernement fédéral de parler plutôt que d'agir.

Il semble défendre une position honteuse, soit que les Canadiens ne prennent pas eux-mêmes la responsabilité se dresser contre la haine, au lieu de rejeter la faute sur les auteurs de ces actes, écrit-il.

Selon lui, le gouvernement fédéral n’a pas de solution pour mettre un terme à la criminalité et laisse les Albertains dépourvus et vulnérables.

Lundi, Bill Blair a annoncé la sélection de 150 projets qui visent à soutenir les communautés exposées aux crimes haineux. Ils seront réalisés dans le cadre du programme d’infrastructure de sécurité du gouvernement.

Des groupes comme les centres communautaires, les établissements d'enseignement et les lieux de culte peuvent soumettre des demandes de financement pour le programme de l'année prochaine.

Avec des informations d'Elise Von Scheel

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