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Liban : les blessures encore ouvertes un an après l'explosion au port de Beyrouth

Des hommes et des femmes en fauteuil roulant rassemblés, avec des banderoles et des drapeaux.

Des manifestants réclament justice pour les victimes de l'explosion au port de Beyrouth.

Photo : Reuters / AZIZ TAHER

Radio-Canada

Les Libanais marquent mercredi dans la douleur et la colère le premier anniversaire de l'explosion au port de Beyrouth, pleurant les 214 morts d'une tragédie dont les coupables n'ont toujours pas été jugés et fustigeant l'impunité des dirigeants.

Un an plus tard, si des quartiers ont été reconstruits, essentiellement grâce à des ONG et à des volontaires – l'État n’ayant rien fait, ou si peu –, et si les blessures ont cicatrisé, c'est toute une nation qui reste traumatisée.

Une famille sur trois a des enfants montrant encore des signes de détresse psychologique, indique l'UNICEF. Chez les adultes, c'est une personne sur deux.

Des femmes posant des fleurs sur des portraits dessinés sur un mur.

Des portraits de victimes sur les murs de la ville

Photo : Reuters / MOHAMED AZAKIR

Aucun coupable

Malgré l'ampleur du drame, l'enquête locale piétine et aucun coupable n'a été établi ni jugé, même si des ex-ministres et des responsables de sécurité sont dans le viseur de la justice.

La classe dirigeante est accusée de tout faire pour entraver l'enquête et éviter des inculpations, en arguant d'une prétendue immunité garantie par les responsabilités publiques.

Réclamant une levée de ces immunités, des familles de victimes ont lancé un ultimatum au pouvoir et menacé de briser les os de quiconque s'opposerait à leur colère mercredi.

Nous en avons assez des manifestations routinières et pacifiques [...] Attention à notre colère, a lancé Ibrahim Hoteit, porte-parole de ces familles.

Quant aux ONG, leur jugement est sans appel.

Les autorités ont entravé de façon éhontée la quête de vérité et de justice des victimes, a dit Amnistie internationale.

Plusieurs autorités [...] ont fait preuve de négligence criminelle, a ajouté Human Rights Watch.

Selon des rapports d'agences de sécurité libanaises ou occidentales que l'AFP a consultés, le nitrate d'ammonium qui a explosé se trouvait dans un entrepôt où étaient stockés des feux d'artifice ou des mèches lentes.

En un an, les enquêteurs libanais n'ont toujours pas officiellement déterminé les causes de la déflagration, et ce, même si les autorités affirment que les tonnes de nitrate d'ammonium ont explosé après un incendie qui a pris naissance dans le hangar et qui, selon des sources de sécurité, a été provoqué par des travaux de soudure.

Explosion au port de Beyrouth, un an plus tard

Macron organise une collecte de fonds

La communauté internationale, Joe Biden et Emmanuel Macron en tête, a sommé mercredi les dirigeants libanais d'agir pour extirper le pays de la pire crise économique de son histoire et a promis une nouvelle aide d'urgence de 370 millions de dollars américains au profit de la population.

Aucune aide ne sera jamais suffisante si les responsables politiques du Liban ne s'engagent pas à faire le dur mais nécessaire travail de réformer l'économie et combattre la corruption, a averti le président américain, promettant une nouvelle aide de près de 100 millions de dollars lors de la troisième conférence internationale de soutien à la population libanaise.

Son homologue français Emmanuel Macron, qui présidait cette visioconférence, a fustigé pour sa part des dysfonctionnements injustifiables de la classe politique libanaise.

Le premier ministre Justin Trudeau participait à la conférence avec environ 40 autres dirigeants mondiaux.

Les dirigeants ont conditionné l'aide structurelle de plus de 11 milliards de dollars américains nécessaire au redressement économique du pays à la formation d'un gouvernement et à la mise en oeuvre de réformes.

Le Fonds monétaire international (FMI) devrait pour sa part allouer 860 millions de dollars au Liban au titre des droits de tirages spéciaux (DTS), un instrument monétaire servant à compléter les réserves de change officielles de ses pays membres, a indiqué la directrice générale de l'institution, Kristalina Georgieva, en exhortant le pays à les utiliser à bon escient.

Il n'y aura aucun chèque en blanc au bénéfice du système politique libanais, a averti pour sa part le président français. Les dirigeants libanais ne doivent pas douter une seule seconde de notre détermination, a souligné Emmanuel Macron.

L'Union européenne agite aussi la menace de sanctions ciblées au niveau des Vingt-sept. Nous espérons que nous ne serons pas obligés d'en arriver là, a dit le président du Conseil européen, Charles Michel. Personne n'est au-dessus de la loi, quel que soit son rang, a assuré le président libanais Michel Aoun, s'engageant à ce que justice soit faite.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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