•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des Premières Nations marquent le 150e anniversaire du Traité no 1

Huit chefs, dont certains portent des coiffes traditionnelles, debout autour de Marc Miller, qui porte une veste.

Des chefs de Premières Nations du Manitoba posent avec le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, mardi.

Photo : Radio-Canada / Stephanie Cram

Radio-Canada

Des leaders autochtones et des représentants gouvernementaux se sont rassemblés mardi au Lower Fort Garry, au Manitoba, pour marquer le 150e anniversaire de la signature du premier traité numéroté du Canada.

Le Traité no 1, officialisé le 3 août 1871 au Lower Fort Garry, stipule notamment que les Autochtones qui vivent sur le territoire doivent  céder  au gouvernement de l'époque une portion considérable de ce qui est aujourd'hui le sud-est et le centre-sud du Manitoba.

Il y est également écrit que cet accord entre le gouvernement canadien, la nation Anishinaabe et la nation moskégonne durera aussi longtemps que le soleil brillera, que l'herbe poussera et que l'eau coulera.

Or, ce qui devait être le début d’une relation mutuellement bénéfique ne l'a pas été.

Le traité n’a pas toujours été favorable aux personnes autochtones, tel qu'il était censé l’être lorsque nos ancêtres l'ont signé, déclare le porte-parole des Nations du Traité no 1 et chef de la Première Nation de Long Plain, Dennis Meeches.

Ils croyaient que nous aurions un partenariat réel, une véritable souveraineté. Une nation souveraine dans un état souverain. Tout ça a été jeté par la fenêtre avant même que l’encre ait séché, ajoute-t-il.

Cela dit, le grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba, Arlen Dumas, croit que les traités sont des documents importants et en constante évolution.

Les traités sont des ententes solennelles, explique M. Dumas. Il s’agit de documents fondateurs qui ont aidé à former et à façonner ce pays. Ils sont inscrits dans notre Constitution.

En les célébrant de cette manière, nous avons l'occasion de travailler sérieusement, tous ensemble, vers un avenir plus positif, ajoute le grand chef.

Des mains signent des drapeaux sur lesquels se trouve une ceinture fléchée.

Des chefs de Premières Nations signent des drapeaux destinés à une capsule historique.

Photo : Radio-Canada / Stephanie Cram

La cheffe de la Nation ojibwée de Brokenhead, Deborah Smith, vit quant à elle cet anniversaire historique avec un sentiment mitigé.

Les peuples autochtones ont beaucoup sacrifié, mais n'ont reçu que très peu en retour, critique-t-elle. Aujourd’hui, nous avons réalisé quelques gains, mais ces gains sont le résultat de nombreuses batailles contestations judiciaires pour que le gouvernement canadien reconnaisse nos droits issus des traités.

Deborah Smith souligne à quel point les pensionnats pour Autochtones, la rafle des années 60, la Loi sur les Indiens et les autres politiques gouvernementales ont eu un impact négatif sur les peuples autochtones.

Malgré les défis rencontrés [depuis la signature des traités], j’ai encore l'espoir d'un avenir meilleur.

Une citation de :Deborah Smith, cheffe de la Nation ojibwée de Brokenhead

Lors des cérémonies organisées mardi, le nouveau ministre de la Réconciliation avec les Autochtones et des Relations avec le Nord du Manitoba, Alan Lagimodiere, a pris la parole, bien que son nom ne figurait pas à l’horaire.

À peine nommé à la mi-juillet, il avait provoqué un tollé en évoquant les bonnes intentions des gestionnaires des pensionnats.

Son ton avait visiblement changé mardi.

C’était un génocide, affirme-t-il maintenant. Il n’y a aucune façon de défendre ces actions qui se sont poursuivies pendant des années et des années, jusque dans les années 1990. Elles ont détruit des générations.

Le ministre des Services aux Autochtones du Canada, Marc Miller, également présent, concède que le lien de confiance entre le gouvernement et les peuples autochtones a été mince, mais il s’engage à le renforcer.

La chose la plus difficile est parfois de travailler ensemble, ajoute-t-il. Il faut en venir au même dessein et aller de l’avant. Des occasions comme aujourd'hui permettent d'honorer les relations des traités, mais aussi d'entendre les émotions d'aujourd'hui avec les mains et le coeur ouverts.

Avec les informations de Rachel Bergen et de Stephanie Cram

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !