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Remonter les siècles et l’histoire du Manitoba à travers les métaux

Randy Gerylo armé de son détecteur de métal et sondant le sol d'un parc.

Randy Gerylo est un vétéran de la détection de métal avec 32 ans de pratique. Il est aussi l'un des administrateurs d'un groupe Facebook consacré à cette occupation.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Des pièces plusieurs fois centenaires, des clous du siècle dernier, des boutons datant de l’époque de la traite des fourrures… Au Manitoba, ils sont plusieurs centaines à sonder le sol à la recherche de la perle métallique rare. Avec les restrictions sanitaires des derniers mois, cette activité a attiré de nouveaux adeptes, et la sécheresse et le bas niveau des rivières a aussi révélé de nouveaux terrains de jeux.

Détecteur de métal à la main, Louise Racicot scrute le sol au rythme des signaux de sa machine.

Cette enseignante en immersion à la retraite a été prise par la passion de la détection de métal il y a trois ans, en regardant des vidéos YouTube , se souvient-elle en souriant.

Depuis, elle arpente les parcs de Winnipeg avec son équipement, à la conquête des trésors cachés du Manitoba.

Ce que j’aime vraiment, c’est trouver des choses vieilles!, souligne-t-elle avec enthousiasme, affairée au parc Kings.

Je suis d'abord aller dans des parcs locaux, je trouvais des petites choses, puis au fur et à mesure, je suis devenue mordue !

Une citation de :Louise Racicot, chasseuse de métal
Louise Racicot souriante avec son détecteur de métal à la main.

En trois ans, Louise Racicot est devenue une «mordue» de la détection de métal.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

De l’autre côté de la rivière, la néodétectrice nous accompagne pour rencontrer un vétéran de cette pratique. En sortant de sa camionnette rouge au parc Maple Grove, Randy Gerylo, casquette de chasseur de métal vissée sur la tête, glisse quelques mots à Louise Racicot.

Avant de quitter les lieux, cette dernière chuchote avec un sourire : Il est un peu nerveux, mais il est super!.

Et pour cause. Randy Gerylo compte 32 ans de détection de métaux à son actif. Des objets plusieurs fois centenaires sont entreposés chez lui.

Après avoir longtemps acheté des pièces pour sa collection, le résident de Dugald, au Manitoba, s’est dit : Pourquoi en acheter si je peux en trouver?.

Sa trouvaille la plus ancienne? Une pièce anglaise en argent frappée à l’effigie du roi Édouard II et datant de 1320, trouvée dans le sud de la province, près de la frontière américaine.

Je ne savais même pas ce que c’était en la déterrant, mais j’avais le sentiment que c’était quelque chose de spécial, admet-il aujourd’hui avec humour.

Une pièce en argent.

Lors d'une chasse dans le sud du Manitoba, Randy Gerylo a déniché cette pièce anglaise datant de 1320, à l'effigie du roi Édouard II.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Ce natif de Selkirk, au Manitoba, chasse le métal pour l’histoire et pour le frisson d’une chasse au trésor.

Mon plaisir est de m’imaginer des récits autour des objets que je trouve, qu’est-ce qui était à cet endroit, qui vivait ici, que faisaient-ils?

Une citation de :Randy Gerylo, chasseur de métal

Pandémie et sécheresse pour de nouveaux horizons

Avec la crise sanitaire et les restrictions, les activités à l’extérieur ont gagné en popularité, et la détection de métal obéit à cette tendance.

Administrateur d’un groupe Facebook appelé Manitoba Metal Detecting et comptant presque 600 membres, Randy Gerylo a pu observer cet engouement.

C’est une activité en expansion, car les gens cherchaient à sortir de chez eux ces derniers mois, se réjouit-il.

Depuis la COVID, c’est une activité que l’on peut faire facilement seul, constate de son côté Louise Racicot.

Louise Racicot assise par terre en train de creuser.

Même si elle ne sait pas ce qu'elle va trouver, Louise Racicot n'hésite pas à creuser pour déterrer ses trésors.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Sur le groupe Facebook, Randy Gerylo diversifie les activités et propositions pour intéresser les nouveaux venus.

À la fin du mois de juillet, par exemple, le Manitobain a organisé une chasse au trésor en cachant un jeton de plus d’un siècle et en disséminant des indices pour les participants.

Le bas niveau des rivières offre par ailleurs aux chasseurs de nouveaux terrains à explorer.

Randy Gerylo cible particulièrement les rives de la rivière Rouge, autoroute de la traite de fourrures dans les siècles derniers et aujourd’hui une véritable mine de reliques métalliques.

J’aime chasser aux alentours des rivières parce que c’est là que les rassemblements avaient lieu et où les gens vivaient, cela me donne une meilleure vision de l’Histoire du Manitoba.

Une affaire de patience et de respect

La détection de métal au Manitoba a depuis plusieurs décennies rassemblé de nombreux adeptes. Pour encadrer la pratique et sensibiliser au respect de l’environnement de chasse, Randy Gerylo et les plus anciens chasseurs de la province ont érigé un code de conduite.

Les trous doivent être rebouchés et les propriétés privées, respectées, explique le Manitobain. Ce sont là les règles d’or de la détection de métaux.

Quand je pars d’un terrain, je le laisse dans le même état que je l’ai trouvé, voire mieux, puisque je ramasse les déchets qui traînent.

Une citation de :Randy Gerylo

Se lancer dans cette aventure comporte aussi son lot de frustrations et de journées infructueuses.

Comme détectrice, je sais qu’avant de trouver des choses de valeur, tu vas trouver plein d’autres choses inintéressantes, des déchets, décrit Louise Racicot.

Des objets en métal exposés sur une table.

Des clous, des balles, des bouts d'harmonica, une pipe à hashish ... les objets déterrées par Louise Racicot sont divers et ont tous une histoire.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

De son côté, Randy Gerylo met l’accent sur la valeur sentimentale accordée aux objets trouvés.

Une de ses plus grandes fiertés est un badge militaire néo-écossais de la Première Guerre mondiale, trouvé l’année dernière. Cela représente beaucoup pour moi, trouver ce genre de choses est un honneur et un genre d’hommage pour les gens qui ont combattu pour notre pays, expose-t-il.

Un bouton de manteau en métal avec gravé dessus un tomahawk et des flèches.

Ce bouton de manteau en métal rend hommage au Traité no 1.

Photo : Gracieuseté / Randy Gerylo

Randy Gerylo a aussi mis la main sur un bouton de manteau rendant hommage au Traité no 1, une pièce historique qu’il a prêtée pour la cérémonie du 150e anniversaire de ce traité, le 3 août dernier.

J'ai dit [aux organisateurs] que s’ils avaient la capacité de le garder, ils pouvaient, conclut-il humblement. Elle sera plus à sa place que dans ma collection.

Trois boutons anciens en métal avec des explications historiques.

Un bouton de manteau du Traité no 1 (au centre) trouvé par Randy Gerylo a été exposé à Lower Fort Garry à l'occasion des célébrations du 150e anniversaire du traité le 3 août.

Photo : Gracieuseté / Randy Gerylo

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