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Confusion autour d’un « potentiel détournement » d'un navire au large dans le Golfe

Un pétrolier en mer.

Le pétrolier Mercer Street près du port de Fujairah, aux Émirats arabes unis

Photo : Reuters / RULA ROUHANA

Agence France-Presse

Une agence de sécurité maritime britannique a rapporté mardi un « potentiel détournement » d'un navire au large des Émirats arabes unis, cinq jours après une attaque contre un pétrolier dans le Golfe.

L'agence UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations), qui dépend de la marine britannique, a recommandé aux navires transitant par la zone de faire preuve d'une extrême prudence.

Ce potentiel détournement est localisé à environ 60 milles nautiques de l'émirat de Fujairah, membre de la fédération des Émirats arabes unis, pays pétrolier du Golfe.

Les premières informations sont très inquiétantes, a jugé pour sa part la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki à propos de l'incident, sans toutefois se prononcer sur sa nature.

Nous suivons l'évolution de la situation et nous sommes en contact étroit avec Londres et d'autres partenaires, a-t-elle ajouté.

Nous avons observé un comportement belliqueux très préoccupant de la part de l'Iran, y compris dans le domaine maritime. [...] En ce qui concerne cet incident, il est toutefois trop tôt pour avancer une explication, a dit de son côté Ned Price, porte-parole du département d'État.

Selon des analystes de la société Dryad Global, spécialisée dans la sécurité maritime, le navire en difficulté bat pavillon panaméen et s'appelle Asphalt Princess.

Et d'après le site spécialisé MarineTraffic, le navire transporte de l'asphalte et du bitume, et se rendait à Sohar, un port du nord du sultanat d'Oman, pays voisin des Émirats et séparé de l'Iran par le détroit d'Ormuz.

Une précédente attaque non élucidée

Cet incident, survenu non loin de l'embouchure du détroit d'Ormuz, par où transite le tiers du pétrole transporté par voie maritime dans le monde, intervient après une attaque le 29 juillet contre un pétrolier géré par la société d'un milliardaire israélien, Eyal Ofer, qui a fait deux morts : un Britannique et un Roumain.

Le pétrolier – attaqué par des drones explosifs selon Washington – a jeté l'ancre mardi au large de Fujairah.

Israël, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Roumanie ont accusé Téhéran d'avoir mené l'attaque, mais l'Iran a démenti et prévenu qu'il riposterait à tout aventurisme après des menaces de représailles israéliennes et américaines.

L’Iran nie toute implication

Mardi soir et après les informations en provenance de Londres sur le potentiel détournement d'Asphalt Princess, le porte-parole iranien des Affaires étrangères a affirmé que la publication d'informations sur des incidents successifs liés à des bateaux dans le Golfe persique et en mer d'Oman est totalement suspecte.

Dans un communiqué sur Twitter, Saïd Khatibzadeh a mis en garde contre la création d'une situation faussée à des fins politiques, réaffirmant la disposition de l'Iran à apporter toute aide en cas d'accidents maritimes dans la zone.

Lundi, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a affirmé que les actes iraniens sont une menace directe contre la liberté de navigation.

Le Golfe a connu ces dernières années plusieurs attaques de navires attribuées à la République islamique d'Iran, régulièrement accusée de menacer la liberté de navigation.

Pays riverains du Golfe, les Émirats et l'Iran maintiennent des relations diplomatiques, mais se trouvent traditionnellement dans des camps opposés concernant les enjeux régionaux, notamment les relations avec Israël, avec lequel les Émirats ont normalisé les liens en 2020.

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