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Les réseaux sociaux négligent la modération des publications antisémites, selon un rapport

Des icones représentant différentes applications de réseaux sociaux sont affichées sur l'écran d'un téléphone intelligent.

Un rapport publié dimanche par le Centre pour contrer la haine numérique scrute à la loupe la modération des propos haineux envers les personnes juives sur les cinq réseaux sociaux les plus importants.

Photo : Getty Images / Chandan Khanna

Radio-Canada

Facebook, Instagram, TikTok, Twitter et YouTube ne suppriment pas les publications antisémites dans 84 % des cas, selon une étude du Centre pour contrer la haine numérique (Center for Countering Digital Hate, ou CCDH).

L’organisation non gouvernementale a indiqué dans son rapport – nommé Failure to Act (Défaut d'agir) – avoir signalé, à partir de comptes de particuliers, 714 publications jugées haineuses envers la communauté juive. Ces messages, publiés entre les mois de mai et de juin 2021 sur les cinq plateformes, cumulaient plus de 7,3 millions de vues au moment de rendre public le rapport, dimanche (Nouvelle fenêtre).

Nous avons constaté que les plateformes ont donné suite à moins d'un signalement sur six d'antisémitisme.

Une citation de :Imran Ahmed, président-directeur général du CCDH

Théories du complot, fausses affirmations sur le contrôle des gouvernements et des banques par la communauté juive, orchestration d’événements mondiaux, négationnisme : les contenus signalés violaient manifestement les politiques des géants du web, selon ce qu’affirme l’équipe de recherche du CCDH.

La tactique consistant à utiliser les outils mis à disposition pour les internautes pour signaler des publications sur les réseaux sociaux a été choisie afin d’éviter d’entrer dans un débat sur les algorithmes et la suppression automatique de certains contenus, selon ce qu’a indiqué Imran Ahmed en introduction du rapport.

Facebook en mauvaise posture

Parmi les cinq réseaux sociaux étudiés par le CCDH, c’est Facebook qui fait moins bonne figure.

Selon le rapport, le réseau social a réagi à 14 des 129 publications qui lui ont été signalées, pour un taux de réponse de 10,9 %.

Sa plateforme sœur, Instagram, a une meilleure moyenne au bâton : elle a agi pour 52 signalements sur un total de 277 (18,8 %).

Twitter arrive en avant-dernière position dans le palmarès du CCDH. Le réseau social a supprimé 15 des 137 gazouillis signalés (11 %). TikTok, qui a retiré 18,5 % des publications étiquetées par le CCDH, se classe tout juste derrière Instagram.

C’est YouTube qui obtient le meilleur bilan. Le géant numérique a retiré 11 des 52 contenus qui lui ont été transmis, pour un taux de réaction de 21,2 %.

Chaque réseau social a disposé d’un échantillon différent des 714 messages totaux signalés. Selon le rapport, les publications dans lesquelles on dénotait des propos négationnistes sont restées en ligne 80 % du temps. Les contenus étiquetés néonazis par l’équipe de recherche ne sont pas supprimés dans 71 % des cas.

Des forums et des mots-clics sous le radar

Le CCDH critique également le fait que la suppression de publications antisémites n’ait pas nécessairement entraîné de réprimandes pour les groupes dans lesquels elles étaient publiées.

Par exemple, sur Facebook, des groupes tels que Exposer le nouvel ordre mondial et Exposer le sionisme étaient toujours actifs, malgré nombre de signalements.

Des mots-clics passaient aussi inaperçus, comme #fakejews, repérés notamment sur Instagram, TikTok et Twitter.

Des changements réclamés

Le CCDH a vivement dénoncé la situation, accusant ces réseaux sociaux de lieux sûrs pour diffuser du racisme et de la propagande contre les personnes juives.

Imran Ahmed réclame notamment que les géants du web suppriment ces groupes, interdisent les mots-clics offensants et revoient leur façon de modérer les contenus.

Le PDG de l’organisation propose notamment qu’une instance indépendante soit responsable de vérifier les signalements effectués par les internautes, en plus de pénaliser financièrement les entreprises fautives à l’aide de législations.

Des efforts soutenus

Les entreprises de réseaux sociaux ont quant à elles condamné les contenus répertoriés dans le rapport.

YouTube, par exemple, a mentionné dans un communiqué avoir supprimé 885 000 vidéos de janvier à mars 2021, des contenus qui contrevenaient à sa politique en matière de discours haineux.

Nous avons fait des progrès significatifs dans notre capacité à supprimer rapidement les contenus haineux, a déclaré un porte-parole, avant d’ajouter que l’entreprise appréciait ce retour de la CCDH.

De son côté, Twitter a affirmé qu'il priorise l’application de ses règles et l’amélioration de la vitesse de réaction. Nous continuerons à écouter et à intégrer les commentaires des parties prenantes, a ajouté un porte-parole.

TikTok a déclaré travailler agressivement à combattre la haine et supprimer de manière proactive les comptes et contenus qui violent ses politiques.

Facebook a pour sa part avoué que son travail n'est jamais terminé, mentionnant ses efforts concernant la modération sur ses plateformes, dont Instagram. Parmi les discours haineux que nous supprimons, 97 % ont été trouvés avant que quelqu'un nous les signale, a souligné un porte-parole.

Depuis que le rapport a été publié, dimanche, plusieurs publications citées dans le document ont été retirées des réseaux sociaux, selon ce que rapporte Le Monde.

Avec les informations de BBC, Le Monde, et The Guardian

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