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Pensionnats pour Autochtones d’Onion Lake : « de vieilles blessures ravivées »

Le chef Henry Lewis de la Première Nation Crie d'Onion Lake s'adresse à une foule à l'aide d'un micro.

Le chef de la Première Nation d'Onion Lake, Henry Lewis, a fréquenté l'ancien pensionnat pour Autochtones de Saint-Anthony jusqu'à ses 15 ans. (archives)

Photo : Gracieuseté de la Première Nation crie d'Onion Lake

Radio-Canada

La Première Nation crie d’Onion Lake, située à 320 kilomètres au nord-ouest de Saskatoon, est devenue la cinquième de la province à effectuer des fouilles afin de retrouver des tombes anonymes sur le site d'anciens pensionnats pour Autochtones.

Le premier site où les recherches par radar s’effectueront est l’ancien pensionnat pour Autochtones Saint-Barnabas, qui a été exploité par l’Église anglicane.

Des fouilles sont également prévues sur le site de l’ancien pensionnat pour Autochtones Saint-Anthony, qui a été géré par l'Église catholique.

C'est toute une expérience, car elle fait ressurgir les souvenirs et ouvre les vieilles blessures du passé

Une citation de :Henry Lewis, chef de la Première Nation crie d'Onion Lake

L’ancien pensionnat pour Autochtones Saint-Barnabas a été réduit en cendres en 1943. Celui de Saint-Anthony a quant à lui accueilli des élèves à Onion Lake jusqu'en 1974.

L'ancien pensionnat pour Autochtones Saint-Barnabas. (archives)

Une survivante de Saint-Barnabas, Ula Hotonami, a raconté qu'elle avait été attachée par un directeur pour avoir plaisanté avec un élève dans le couloir. (archives)

Photo : Archives de la Saskatchewan

Je crois que les aînés ont découvert d'autres sites pour lesquels ils recommandent d'effectuer des recherches , ajoute le chef de la Première Nation crie d'Onion Lake, Henry Lewis.

Deux tranches de pain et du gruau

Après avoir été séparés de leur communauté et de leur famille, les enfants qui étaient pensionnaires étaient soumis à diverses formes de négligence et de violences.

J'ai toujours faim. Nous n'avons que deux tranches de pain et une assiette de gruau. Sept enfants se sont enfuis parce qu'ils ont faim, a écrit un jeune garçon du nom d’Edward dans une lettre adressée à ses parents en 1923.

Ce dernier a fréquenté l'ancien pensionnat pour Autochtones de Saint-Barnabas.

Cette lettre a été publiée dans les conclusions de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR).

Ula Hotonami, une survivante de Saint-Barnabas, a quant à elle témoigné devant la CVR qu'elle avait été attachée par un directeur pour avoir plaisanté avec un élève dans le couloir.

Dans un autre témoignage, Shirley Waskewitchune, survivante de Saint-Anthony, a souffert de la gale sur l'ensemble du corps et a été exposée devant les autres filles par une religieuse.

Une photo prise en 1959 de l'ancien pensionnat pour Autochtones, Saint-Anthony, situé sur le territoire de la Première Nation crie d'Onion Lake, en Saskatchewan. (archives)

Des fouilles sont également prévues sur le site de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Saint-Anthony, un établissement géré par l'Église catholique. (archives)

Photo : Gracieuseté de l'Université de Regina

Des mariages forcés

Les directeurs de certains pensionnats ont étendu leur pouvoir à la vie personnelle des Autochtones en organisant des mariages, notamment à Saint-Anthony, écrit la CVR.

En 1936, le directeur a fait une liste d'élèves qui avaient atteint l'âge de 16 ans et qui, selon lui, ne devaient pas être renvoyés. Il a insisté pour garder ces élèves, car il voulait les marier dès qu'ils quitteraient l'école, peut-on lire dans le rapport.

Dans l'un de ses six volumes, la CVR souligne que les parents s'opposaient à ce que leurs enfants soient envoyés dans les deux pensionnats pour Autochtones d'Onion Lake.

Dans une lettre datée de 1906, le directeur de Saint-Barnabas se plaignait que l'école était totalement impuissante à persuader ou à forcer les parents à envoyer leurs enfants à l'école. Ils se contentent de rire ou de refuser catégoriquement ou, dans certains cas, ils emmènent les enfants ou les incitent à s'enfuir après avoir fréquenté l'école pendant un certain temps .

La Commission de vérité et réconciliation a découvert que 4100 élèves sont morts dans les anciens pensionnats pour Autochtones du Canada. Beaucoup d'entre eux sont probablement enterrés dans des tombes non marquées et non entretenues dans des cimetières scolaires ou connexes.

Murray Sinclair, l'ancien président de la CVR, a toutefois souligné que jusqu'à 25 000 enfants pourraient être morts dans ces anciens pensionnats pour Autochtones.

En tout, l'Église a exploité une vingtaine de pensionnats pour Autochtones en Saskatchewan à partir de la fin du XIXe siècle. Ces établissements étaient alors financés par le gouvernement fédéral.

  • Ligne bilingue d'appui pour les survivants des pensionnats pour Autochtones : 1 866 925-4419

Avec les informations de Guy Quenneville

Bannière-image du dossier.

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