•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des survivants de la rafle des années 60 réclament une enquête fédérale

Murray Sinclair était à la tête de la Commission de vérité et réconciliation du Canada de 2009 à 2015.

Murray Sinclair a été à la tête de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

L’ancien sénateur autochtone Murray Sinclair et un groupe de survivants de la rafle des années 60 appellent le gouvernement fédéral à enquêter sur les actions et les politiques qui ont enlevé des milliers d’enfants autochtones à leur famille pendant quatre décennies pour les placer dans des familles non autochtones.

Le groupe veut que la lumière soit faite sur ce qui a mené à la rafle des années 60, connue en anglais sous le nom de Sixties Scoop.

Selon M. Sinclair, qui a aussi présidé la Commission de vérité et réconciliation du Canada, une grande partie des difficultés rencontrées par les familles autochtones découle de l’héritage du système des pensionnats autochtones.

Les enfants qui ont été retirés de leur famille ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas seuls, mais ils ont aussi besoin de savoir qu’il y a des raisons pour lesquelles ce qui s’est passé n’est pas la faute de leurs parents, écrit-il dans un communiqué.

La coordonnatrice du groupe 60s Scoop Legacy of Canada, Katherine Legrange, indique qu’une enquête est nécessaire pour dresser un portrait complet du nombre d’enfants retirés de leur milieu et de l’impact sur la vie des survivants.

Ce nombre est estimé à 20 000, mais Mme Legrange croit qu’il y en a plus.

Rencontre et excuses réclamées

Le regroupement veut une rencontre avec la ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, pour discuter d'une enquête et pour exiger des excuses nationales.

Il souhaite aussi s’entretenir avec elle pour convenir d’un règlement pour les survivants métis et non inscrits qui ont été exclus d’un règlement de recours collectif datant de 2017.

Le visage de Katherine Legrange en gros plan.

Katherine Legrange, coordonnatrice du groupe 60s Scoop Legacy of Canada

Photo : Gracieuseté : Katherine Lagrange

Ce dernier prévoyait 750 millions de dollars pour indemniser les enfants inuit et membres de Premières Nations retirés de leur foyer et placés chez des non-Autochtones entre 1951 et 1991, et qui ont fini par perdre leur identité culturelle.

En 2018, Mme Bennett a promis un règlement distinct pour les survivants métis et autochtones non inscrits. Or, Mme Legrange, qui est aussi demanderesse dans une poursuite concernant les survivants, soutient que son groupe n’a pas encore eu la chance d’en discuter avec la ministre.

Une porte-parole du ministère des Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, Leslie Michelson, a fait valoir par courriel à CBC que l’accord de règlement avec les survivants de la rafle des années 60 n’était qu’une première étape pour réparer les torts.

Nous savons que d’autres plaintes n’ont pas encore été réglées et nous travaillons avec nos partenaires pour trouver une solution équitable et durable pour tous les survivants, a-t-elle écrit.

Enquête différente

Mme Legrange explique que l’enquête sur la rafle des années 60 serait différente de la Commission de vérité et réconciliation.

Elle affirme que de nombreux survivants des pensionnats sont retournés dans leur communauté d’origine et que la rafle des années 60 impliquait le retrait permanent d’enfants de leur famille.

Le gouvernement du Manitoba a présenté en 2015 des excuses officielles aux victimes autochtones de la rafle des années 60.

Une manifestation s'était déroulée à Winnipeg en 2016, réclamant la tenue d'une enquête nationale sur cette page sombre de l'histoire du Canada.

  • Ligne bilingue d'appui pour les survivants des pensionnats pour Autochtones : 1 866 925-4419

Avec les informations de Geneviève Murchison et Riley Laychuk

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !