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Rareté de la main-d’œuvre : un Gaspésien lance une pétition pour retarder la rentrée

Raphaël Guité est photographié devant son restaurant.

L'entrepreneur Raphaël Guité estime que le retour en classe des étudiants postsecondaires est souvent «le clou dans le cercueil qui oblige les entreprises à fermer leurs portes en pleine saison touristique».

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L’homme d’affaires Raphaël Guité demande de repousser de trois semaines la rentrée dans les cégeps et les universités afin d'aider les entreprises touristiques à conserver plus longtemps leur main-d'œuvre étudiante.

Propriétaire d'un restaurant et d'une cinquantaine d'unités d'hébergement à Carleton-sur-Mer, M. Guité estime que le retour en classe dès la mi-août contribue à intensifier les problèmes déjà criants de manque d’employés.

Il demande donc aux autorités en matière d'éducation de revoir le calendrier scolaire pour permettre aux étudiants postsecondaires de rester en poste jusqu'à la fête du Travail.

De décaler la rentrée de seulement trois semaines, ça règlerait des problèmes pour beaucoup de restaurants et entreprises touristiques au Québec.

Une citation de :Raphaël Guité, entrepreneur touristique

Raphaël Guité souligne que plus du quart de ses quelque 40 employés retourneront d’ici le 15 août sur les bancs d’école, alors que la saison touristique est loin d'être terminée.

On va manquer d’effectifs en cuisine et pour le ménage des hébergements, explique-t-il. On est en train de valider si on ferme le resto une journée de plus. Nos étudiants qui retournent à l’école bientôt, on n’a personne pour les remplacer, en raison de la pénurie de main-d’œuvre.

Stéphane Boudreau est photographié assis derrière son bureau.

L'hôtelier Stéphane Boudreau estime aussi qu'il est temps de revoir le calendrier scolaire des établissements d'enseignement postsecondaire.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le propriétaire de l'Hostellerie Baie Bleue de Carleton-sur-Mer, Stéphane Boudreau, fait partie de la centaine de personnes ayant déjà signé la pétition lancée par Raphaël Guité.

On veut une clientèle de travailleur étudiante, mais ça ne concorde pas du tout avec la saison touristique, affirme M. Boudreau. Ils doivent partir à la mi-août alors qu’on est en pleine saison touristique.

Pour nous c’est très complexe, on engage des étudiants, mais on sait qu’à la mi-août on va tomber à court de travailleurs. Je pense que c’est le temps de revoir tout ça.

Une citation de :Stéphane Boudreau, propriétaire Hostellerie Baie Bleue
La façade de l'Hostellerie Baie Bleue en été.

L'entreprise de Stéphane Boudreau compte 109 chambres en hébergement classique, sept chalets, un camping de 50 places et un restaurant. Plus de 130 employés à temps plein et partiel sont nécessaires.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La ministre McCann ferme la porte

Interpellée sur la possibilité de retarder la rentrée, la ministre de l’Enseignement supérieur n’entend pas donner suite à cette pétition.

Après l’année que les étudiants et les étudiantes ont connu, il n’est aucunement envisagé de retarder la rentrée scolaire, répond par courriel Danielle McCann.

À savoir si cette mesure pourrait être analysée en vue de la rentrée 2022, Mme McCann rétorque ceci : Ce n’est pas dans nos plans de changer le calendrier scolaire.

Gros plan de Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann, n'envisage pas modifier le calendrier scolaire (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

PCRE : une prolongation qui dérange

Autre irritant pour les employeurs gaspésiens : la prolongation du versement de la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) jusqu'au 23 octobre. Annoncée vendredi par Ottawa, cette mesure est très mal reçue par des entrepreneurs gaspésiens.

Ils sont plusieurs à affirmer que l'aide gouvernementale contribue à exacerber la rareté de la main-d’œuvre en décourageant les travailleurs de retourner sur le marché du travail.

Ça a été un choc pour moi de voir qu’il y a un gros manque de main-d’œuvre et de voir que le gouvernement décide de prolonger l’aide quand les gens peuvent travailler et qu’on leur donne de l’argent comme ça, gratuitement, lance Raphaël Guité.

La façade de la cantine La fourchette de Shigawake, avec des gens en train de manger sur des tables à pique-nique.

La cantine La fourchette de Shigawake aurait besoin de cinq employés supplémentaires, mais aucune candidature n'a été reçue pour certains postes à pourvoir.

Photo : Colleen Dolbec

La gérante de la cantine La fourchette de Shigawake, Kathy Dolbec, estime que cette mesure n'est plus pertinente à ce point-ci de la pandémie.

Le besoin n’est plus là. Les gens sont très francs et le disent ouvertement : « Pourquoi j’irais travailler quand je peux rester chez nous et être payé ». Je l’ai entendu souvent.

Une citation de :Kathy Dolbec, gérante de la cantine La fourchette

Cette année, c’est particulièrement dur de recruter avec le gouvernement qui donne de l’argent chaque semaine, observe-t-elle. C’est comme si on se battait avec le gouvernement pour avoir des employés. Pourquoi quelqu'un irait travailler quand il peut rester chez lui et recevoir des centaines de dollars?

Mme Dolbec a même été contrainte de fermer la cantine lundi, dans le but d’offrir un congé payé à sa dizaine d’employés, afin qu’ils puissent se reposer. Ils travaillent six jours par semaine, 12-13 heures par jour, explique-t-elle en mentionnant qu'elle-même n'avait pris aucun jour de congé depuis l'ouverture de la cantine à la mi-mai.

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