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Baguer des fous de Bassan au cap St. Mary’s : un défi vertigineux

Deux hommes sur une falaise attrapent un fou de Bassan.

Bill Montevecchi (à gauche) attrape un fou de Bassan à l'aide de l'interprète de la réserve écologique du cap St Mary's, Chris Mooney.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Pour observer le travail de Bill Montevecchi, il ne faut pas avoir peur des hauteurs. Lorsque l’équipe de l’expert en oiseaux marins bague des fous de Bassan, elle le fait sur le bord d’une falaise à plus de 100 mètres au-dessus de l’océan Atlantique.

Le professeur descend tranquillement la paroi de la falaise du cap St. Mary’s sur ses fesses, avec une longue perche à la main. Le secteur est recouvert de nids et de poussins duveteux. L'extrémité de sa perche est munie d'une minuscule boucle qui se trouvera bientôt autour du cou d'un oiseau.

C'est du gros boulot, affirme le chercheur à l’Université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador, dont les bras sont recouverts de cicatrices de coups de bec. C’est un peu comme la pêche au saumon. Les oiseaux doivent coopérer.

Un fou de Bassan dans les bras de Bill Montevecchi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les chercheurs doivent faire attention lorsqu'ils attrapent les oiseaux.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Bill Montevecchi observe et bague des oiseaux marins depuis 40 ans. Radio-Canada l'a suivi lors de sa dernière excursion dans la réserve écologique du cap St. Mary’s, une colonie d’oiseaux à la fois idyllique et frénétique en raison du bruit et de l’odeur des 15 000 couples de fous de Bassan qui y nichent.

L’étudiant de deuxième cycle Kyle d’Entremont travaille avec Bill Montevecchi depuis deux ans et il étudie les régimes de plongée des fous de Bassan.

Il note que les oiseaux blancs, dont l'envergure peut atteindre 6 pieds, peuvent plonger à 100 km/h et jusqu'à 20 mètres sous la surface de l’eau pour capturer leur proie.

De grandes falaises devant la mer.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Environ 15 000 couples de fous de Bassan nichent au cap St. Mary's, à Terre-Neuve.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

C’est hallucinant de voir des centaines d’oiseaux qui plongent en même temps, raconte l’étudiant originaire de la région de Yarmouth, en Nouvelle-Écosse.

Les plongées peuvent prendre la forme d’un V ou d’un U, explique-t-il. Le U, c’est la plongée pour le capelan. C’est plus long et c’est généralement pour manger le capelan. La plongée en V, est plus rapide et plutôt verticale pour atteindre le maquereau et le balaou, parce que ces poissons sont plus larges et peuvent s’échapper plus rapidement.

Bill Montevecchi est assis sur le rebord de la falaise.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bill Montevecchi est un expert en matière d'oiseaux marins à l'Université Memorial.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Lorsque Bill Montevecchi attrape un fou de Bassan, il ferme le bec de l’oiseau avec sa main et plie les ailes de l’animal sous son bras. Il remonte la falaise à l’aide de l’interprète de la réserve écologique, Chris Mooney, qui aide le professeur à stabiliser sa perche.

Avec Kyle d’Entremont, les passionnés d’oiseaux marins mettent le fou de Bassan dans un sac pour le calmer et pour éviter qu’il ne s’envole. Ils pèsent l’animal, puis lui attachent une bague à la patte et un GPS aux plumes de la queue avant de le libérer.

On a des gants épais, donc on n’est pas si nerveux. J’ai aussi des lunettes de soleil, pour éviter que l’oiseau me crève l'œil.

Une citation de :Kyle d'Entremont, étudiant de deuxième cycle, Université Memorial
Les chercheurs attachent un GPS à l'oiseau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les chercheurs attachent un GPS aux plumes de la queue des oiseaux pour surveiller leurs plongées.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

La majorité de la colonie de fous de Bassan occupe un îlot à quelques mètres de la côte. Les chercheurs ne peuvent atteindre que les oiseaux pour qui il ne reste plus de place sur l’île et qui doivent nicher sur des falaises accessibles aux humains — et les prédateurs, comme les renards.

En principe, les oiseaux ne devraient pas nicher ici, affirme Bill Montevecchi. Il explique qu’il doit faire très attention quand il s’approche des oiseaux pour ne pas trébucher, mais aussi pour ne pas déloger des pierres qui pourraient détruire les nombreux nids éparpillés sur la falaise.

Kyle d'Entremont.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kyle d'Entremont, un étudiant de deuxième cycle à l'Université Memorial, étuie les plongées des fous de Bassan au cap St. Mary's.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Chris Mooney soutient que la réserve écologique est l’un des meilleurs endroits sur la planète pour observer des fous de Bassan.

Pour les touristes, pour les photos et pour les oiseaux, c’est l’idéal, dit-il.

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