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Les campeurs n’ont pas tous la tête à la campagne électorale en N.-É.

Un drapeau acadien flotte au vent devant la baie Sainte-Marie avec des roulottes en arrière-plan.

En vacances, des électeurs en Nouvelle-Écosse ont des préoccupations même si peu d'entre eux semblent suivre la campagne électorale. Ci-dessus : des électeurs profitent de l'été au camping du parc Belle Baie dans la région de Clare.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Rebecca Martel

Les pieds dans le sable et le regard sur la baie, les campeurs de la baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse n'ont pas tous envie de parler des élections provinciales même à moins de deux semaines du scrutin.

Au bureau du camping du parc Belle Baie, les propriétaires Eddie et Alvina Stuart ont toujours quelque chose à faire. La campagne électorale provinciale n’est pas leur priorité.

Les élections, c’est au printemps ou à l'automne, pas à la mi-temps de l’été. Tout le monde est en vacances, au chalet ou au camping. Tant qu'à moi, ça ne fait pas de bon sens, mais ce n’est pas moi qui fais les rules, affirme Eddie Stuart.

Eddie et Alvina Stuart passent la saison estivale à s'occuper des campeurs et du site, qui est une entreprise familiale depuis des décennies. Avec la pandémie, la dernière saison a été très mauvaise et cet été commence à peine à attirer des clients.

Alvina Stuart debout à l'entré du camping.

Alvina Stuart, propriétaire du camping du parc Belle Baie avec son mari Eddie, aurait préféré que l'été finisse avant le déclenchement de la campagne électorale.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

C’est pas pire, dit Alvina, mais elle explique que les affaires sont loin de ce qu'elles étaient avant la pandémie.

On a beaucoup de gens qui viennent du Québec et de l’Ontario, mais avec la COVID-19 ils avaient planifié leurs vacances d’avance, alors ils ne vont pas venir par ici cette année.

Les électeurs ont à cœur la santé

Même si le couple ne suit la campagne que de loin, les soins de santé restent une question importante pour eux.

Tu sais, les docteurs, ils sont plus payés quelque part d’autre, dit Alvina. Ça fait que ceux de la Nouvelle-Écosse s’en vont tous où il y a plus d’argent, puis là, ici en bas, ça ne nous laisse point de docteur.

Alvina Stuart se dit chanceuse d’avoir un médecin de famille, parce que d’autres, dans la région comme ailleurs en Nouvelle-Écosse, n'en ont pas et c’est un problème.

Avec plus de places disponibles au camping du parc Belle-Baie, certaines personnes de la région ont décidé de prendre leurs vacances près de chez elles, mais loin des tracas du quotidien.

Wes tient sa fille Ashley et sa femme Darlene dans ses bras.

Darlene, Wes et Ashley Muise sont très satisfaits du travail du gouvernement libéral durant la pandémie et cette satisfaction va se refléter au moment du vote.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

C’est le cas de la famille Muise, qui s’y est installée pour l’été l’an dernier et qui est revenue cette année. Wes, Darlene et leur grande fille Ashley vivent dans la vallée d'Annapolis, mais Darlene est de Par-en-Bas et le camping est le parfait endroit pour profiter de l’air salin de la baie Sainte-Marie. C'est un moyen de relaxer après les mois difficiles de confinement et de restriction.

Wes travaille dans l’Ouest canadien et Darlene a perdu son emploi à Grand-Pré à cause de la pandémie. Elle a dû s'occuper de sa mère et de sa fille, qui vit avec un handicap et pour qui l’isolement durant la pandémie a été vraiment difficile.

Je ne sais pas pourquoi la santé mentale est encore un sujet tabou, dit Darlene. Pas facile de trouver quelqu’un à qui ma fille peut parler.

Même si elle veut de meilleurs services en santé mentale, quand vient le moment de voter, elle n’a aucune hésitation.

Moi, je dirais à n'importe qui que je vote pour les libéraux, dit Darlene. Tant qu’à moi, le gouvernement nous a vraiment aidés et je trouve qu’il a fait un merveilleux travail.

Elle est surtout contente de la gestion de la santé publique et de la stratégie très sécuritaire du gouvernement libéral en matière de risque de contagion.

Et après que Rankin est arrivé, dit Darlene, je sais qu’il y a des gens qui ont parlé à l'égard de ce qu'il a fait dans le passé, mais tout le monde est humain et il n’y a personne de parfait.

Elle y croit au point de donner de son temps pour aider des candidats du parti dans leur campagne.

Son mari voudrait quand même que le gouvernement intervienne davantage pour calmer la flambée des prix dans le marché de l'immobilier.

Il y a des gens de Toronto qui vendent leur maison au-dessus d’un million et qui achètent une maison en Nouvelle-Écosse avec encore un million en banque, affirme Wes. C'est bien pour eux, mais pour nous, une maison de plus de 300 000 $, c’est cher, surtout avec des salaires de 12 à 15 dollars l'heure. C’est pour ça que je travaille dans l’Ouest.

La pêche, une autre question importante

Un peu plus loin dans le camping, toujours avec une belle vue sur la baie Sainte Marie, Russell Comeau a installé sa roulotte pour l’été. J’habite tout près d’ici, mais quand je viens au camping, je laisse les tracas du village derrière, dit ce pêcheur de Meteghan.

Russell Comeau debout près de sa roulotte devant la mer.

Russell Comeau va voter pour un pêcheur aux prochaines élections, en espérant qu'il va pouvoir régler les désaccords sur la pêche au homard dans la baie Sainte-Marie.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Pour lui, le plus important, c’est le conflit entre des pêcheurs autochtones et non-autochtones qui perdure dans la région.

C’est un cas qui est fédéral, mais je pense que le provincial peut beaucoup aider, estime Russell. Je veux élire une personne qui va parler fort pour ce qu’on a ici, parce qu’on va le perdre si on ne fait rien.

Et cette personne, pour lui, c'est le candidat libéral dans Clare, Ronnie Leblanc. Pêcheur et ancien préfet de la municipalité, ce dernier a aussi siégé à une dizaine de comités, dont ceux du Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse et de l’Université Sainte-Anne. Il affronte dans la course le candidat progressiste-conservateur Carl Deveau, la candidate du Parti vert Claire McDonald et le néo-démocrate Cameron Pye.

Une affiche du candidat libéral Ronnie Leblanc près d'une roulotte de camping.

La campagne électorale s'immisce au camping de Belle Baie, même si le sujet est loin d'être au cœur des conversations.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Russell Comeau estime que le candidat libéral est le seul qui ait assez d'expérience politique pour représenter le désir des Acadiens de préserver la pêche au homard, qui fait vivre leurs familles depuis plusieurs générations.

On doit faire du bruit plus qu’on en fait, affirme Russell. Je pense qu’on peut trouver une manière pour se rendre au fédéral pour leur faire comprendre qu’on a un gros problème maintenant et je pense que Ronnie peut faire ça.

Voter sans trop s'en préoccuper

Les libéraux semblent avoir la cote auprès de plusieurs campeurs. C’est aussi ce parti qui aura le vote de Brian Muise. L’homme de Pointe Pikneys, Par-en-Bas, n’a pourtant pas de grande allégeance politique.

J’ai voté libéral, j’ai voté conservateur, j'ai voté NPD. Ça ne fait pas de différence pour moi d’un bord ou de l’autre, souligne le campeur en finissant son déjeuner sur son balcon.

Brian Muise prend son café assis devant sa roulotte.

Brian Muise profite de ses vacances au camping avec sa femme. Il dit qu'il ne suit pas trop la campagne électorale, mais qu'il ira tout de même voter le 17 août.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Ils promettent tous de grosses affaires et au bout c’est toute la même chose d’un bord ou de l’autre.

Son désenchantement face à la politique ne l’empêchera pas de voter dans sa circonscription de Yarmouth et il a arrêté son choix sur le candidat libéral, Zach Churchill.

J’aime Zach et je connais Zach, explique Brian Muise, et c’est pour ça que je voterai pour lui.

Le candidat libéral affronte Candice Clairmont du Parti progressiste-conservateur, S. J. Rogers du NPD, et Adam Randal du Parti vert dans la course pour devenir député de la circonscription de Yarmouth.

Michel Poithier et trois autres musiciens sont assis sur un balcon en tenant chacun un instrument.

Michel Poithier et ses amis musiciens au camping du parc Belle-Baie donnent un spectacle de musique au coucher de soleil.

Photo : Radio-Canada

Puis, au camping, quand vient le soir et que le soleil se couche sur la baie Sainte-Marie, Michel Pothier sort son banjo. L'enseignant à la retraite invite ses amis musiciens à jouer sur son balcon pour le plus grand bonheur de bien des campeurs.

On est les jammers de Belle Baie, indique Michel, avec un grand sourire aux lèvres.

C’est l'air du bluegrass qui se mêle aux bruits des vagues, et la campagne électorale semble bien loin. De toute manière, Michel Pothier ne la suit pas attentivement.

Je sais qui j’aime et pour qui je vais voter, dit-il. Moi, je suis plutôt porté vers le gars qui nous représente localement. J’ai mon préféré et c’est tout.

Il préfère de loin jouer de son banjo plutôt que de suivre la campagne et parler de politique.

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