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La Corée du Nord forcée de puiser dans ses réserves militaires de riz, selon Séoul

Un fermier épand de l'engrais dans une rizière à Sariwon, en Corée du Nord, le 13 juin 2018.

Si on ne rapporte toujours pas de grande famine ni de chaos dans la population, des observateurs s'attendent à ce que la pénurie alimentaire continue de s'aggraver jusqu'aux récoltes automnales.

Photo : The Associated Press / Dita Alangkara

La Presse canadienne

La Corée du Nord distribue d'urgence ses réserves militaires de riz alors que le pays manque cruellement de nourriture, selon ce qu'a rapporté mardi l'agence de renseignement de la Corée du Sud. Une vague de chaleur et la sécheresse ont amenuisé davantage les ressources au Nord.

Les difficultés alimentaires de la Corée du Nord surviennent au moment où son économie moribonde continue de souffrir des conséquences de la pandémie de COVID-19. Si on ne rapporte toujours pas de grande famine ni de chaos dans la population, des observateurs s'attendent à ce que la pénurie alimentaire continue de s'aggraver jusqu'aux récoltes automnales.

Le service national du renseignement du Sud a informé un comité de parlementaires, lors d'une séance à huis clos, que la Corée du Nord avait commencé à écouler ses réserves de riz prévues en temps de guerre. Selon ce qu'a déclaré le député Ha Tae-keung, qui a assisté à la réunion, le riz serait d'abord distribué aux citoyens ayant accès à moins de nourriture, à des travailleurs et à des agences rurales.

Une affaire de survie nationale

En citant les services de renseignement, Ha Tae-keung soutient qu'une vague de chaleur et une sécheresse qui sévissent au Nord auraient ravagé des rizières, des champs de maïs et d'autres récoltes, en plus de décimer des animaux d'élevage.

Le régime autoritaire considérerait cette lutte contre la sécheresse comme une affaire de survie nationale et travaillerait de plus en plus à informer la population de son plan.

Un autre élu du Sud, Kim Byung-kee, a cité les services de renseignement selon lesquels le Nord a normalement besoin de 5,5 millions de tonnes de denrées pour nourrir sa population de 26 millions de personnes. Il lui en manquerait actuellement environ un million de tonnes. Toujours selon les renseignements de Séoul, le Nord serait sur le point d'épuiser ses réserves de grain.

Le prix du riz, la plus importante culture en Corée du Nord, a doublé par rapport à son niveau du début de l'année. Le prix s'est brièvement stabilisé en juillet, mais serait reparti à la hausse depuis.

D'après Ha Tae-keung, le régime totalitaire tenterait de contrôler le prix du grain, un indice auquel la population est plus sensible.

De l'avis d'un expert de l'institut privé GS&J, en Corée du Sud, le Nord veut probablement écouler les réserves militaires afin de les vendre à un coût plus faible que celui du marché dans l'espoir de stabiliser les prix. Kwon Tae-jin affirme que le prix du riz est très instable parce que le régime doit limiter la quantité de riz qu'il injecte dans le marché.

Ce n'est pas la première fois que la Corée du Nord puise dans ses réserves d'État, mais les informations selon lesquelles les réserves de grain seraient en voie de s'épuiser ont de quoi inquiéter.

Une circulation difficile

Dans le passé, au cours d'autres pénuries alimentaires, la Corée du Nord pouvait compter sur la frontière poreuse avec la Chine pour faire entrer du riz et d'autres types de grains. En raison de la COVID-19, toutefois, la frontière est bien fermée, ce qui rend excessivement difficile de faire circuler des denrées.

Les informations en provenance du Nord demeurent difficiles à obtenir pour les services de renseignement en raison du caractère obscur du régime autoritaire en place. Toutefois, le leader Kim Jong-un a lui-même admis récemment que son pays faisait face à « la pire crise jamais vécue » à cause de la pandémie et d'autres enjeux, dont une possible famine.

Portrait de Kim Jong-un, qui parle derrière un lutrin.

Le leader nord-coréen Kim Jong-un, sur une photo fournie par l'agence de presse nationale KCNA, le 7 mars 2021

Photo : Reuters / KCNA

Lors d'un congrès du parti unique, en juin, Kim a exhorté les membres de son gouvernement à trouver des solutions pour stimuler la production agricole en soutenant que la situation alimentaire devenait tendue. Il a même comparé la situation à celle de la famine survenue dans les années 1990, qui avait tué des centaines de milliers de personnes.

Des données chinoises montrent que le commerce avec la Corée du Nord a chuté de près de 80 % l'an dernier en raison de la fermeture complète de la frontière par crainte du coronavirus. De plus, selon la banque centrale du Sud, l'économie du Nord se serait contractée de 4,5 % l'an dernier, sa pire performance depuis 1997.

Les deux Corées ont rétabli il y a une semaine leur ligne téléphonique d’urgence, suspendue il y a un an par Pyongyang, et les dirigeants des deux pays ont convenu d’améliorer les liens intercoréens.

La Corée du Nord réclame la levée des sanctions internationales, qui interdisent à Pyongyang les exportations de métaux et les importantes importations de produits pétroliers, comme préalable à la reprise de négociations avec les États-Unis sur ses activités nucléaires, ont déclaré mardi des députés sud-coréens.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé de nombreuses sanctions à la Corée du Nord en raison de la poursuite par Pyongyang d’un programme nucléaire et balistique en violation de résolutions de l’ONU.

Les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont également imposé leurs propres sanctions à la Corée du Nord, qui a effectué six essais nucléaires depuis 2006 et teste régulièrement des missiles balistiques.

Avec les informations de Reuters

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