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Un projet de connexion Internet haute vitesse abandonné dans l’est ontarien

L'Internet branché par un câble dans un ordinateur portable.

L'Internet haute vitesse continue de se faire attendre dans certaines régions rurales de l'est de l'Ontario (archives).

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Radio-Canada

Un ambitieux projet visant à brancher les régions rurales de l’est de l’Ontario au service Internet haute vitesse est abandonné, faute de financement. La province et le fédéral refusent de contribuer.

Le Réseau régional de l’est de l’Ontario (RREO) comptait sur un investissement de 400 millions de dollars, financé à parts égales entre le gouvernement de l’Ontario et le fédéral, pour son projet Gig, qui avait pour but de fournir une vitesse de téléchargement d’un gigabit à 95 % des habitants de l’est de l’Ontario.

Mais comme le rapportait le Brockville Recorder and Times, des représentants du RREO ont informé, la semaine dernière, les responsables régionaux qu’ils ne recevraient pas les fonds publics.

La province et le fédéral ont plutôt décidé d'annoncer un partenariat pour un projet évalué à 1,2 milliard de dollars destiné à fournir l’Internet haute vitesse à 280 000 ménages ruraux en Ontario.

Je suis toujours heureux de voir des millions, des centaines de millions ou des milliards dans ces initiatives, mais le diable est dans les détails. [...] Avant de saluer l'initiative, j'aimerais voir exactement où cette couverture va s'améliorer et où elle ne s'améliore pas, a déclaré Brent Devolin, maire du canton de Minden Hills, en Ontario, et vice-président du RREO.

Un homme pose dehors devant un jardin.

Le maire de La Nation, François St-Amour

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Le maire de La Nation, François St-Amour se montre inquiet.

Les entreprises, elles travaillent à profit. Elles vont aller là où elles sont sûres de faire de l’argent, alors que le [projet de RREO] allait se diriger là où le besoin était. Et ce n’est pas là où c’est le plus profitable pour les grosses compagnies. Peut-être que je m’inquiète trop, mais… On va espérer qu’ils vont regarder notre municipalité rurale.

« La pandémie a tout changé »

De nombreux résidents de régions rurales pressent les gouvernements d'agir afin de réduire les inégalités en matière de service Internet entre les secteurs urbains et ruraux en Ontario. Le fossé entre les deux réalités est devenu encore plus évident depuis le passage au télétravail et à l’apprentissage à la maison, forcé par la COVID-19.

La pandémie a tout changé, constate Nancy Peckford, mairesse de North Grenville, en Ontario. Les besoins des résidents ruraux de l'est de l'Ontario sont égaux à ceux des régions urbaines, ajoute-t-elle.

La mairesse de North Grenville a indiqué qu'elle allait surveiller de près la situation et s’assurer que le financement fédéral-provincial annoncé allait se traduire par une meilleure connectivité pour les habitants de sa communauté.

Le RREO entend lui aussi suivre l'évolution du dossier.

Pierre Leroux répond aux questions du journaliste.

Pierre Leroux, maire du canton de Russell et membre du conseil d'administration du RREO.

Photo : Radio-Canada

Le projet Gig était essentiellement une solution conçue dans l'est de l'Ontario pour l'est de l'Ontario. Mais à ce stade, je pense que le rôle du RREO sera de s'assurer que les résidents de l'est de l'Ontario soient bien servis, a déclaré Pierre Leroux, maire du canton de Russell et membre du conseil d'administration du RREO.

Un système pas adéquat

Le maire de La Nation dit avoir constaté encore mardi matin, lors d'une réunion Zoom, à quel point le système actuel est défaillant.

On a fait une réunion Zoom avec le conseil, on ne pouvait pas utiliser la caméra… Le système n'est pas adéquat, il manque de la capacité, raconte-t-il.

L’internet qu’on a ici, on peut dire qu’il est ancien. [...] Je ne peux pas faire rien, pas avancer avec l’automatisation [...] parce que je n’ai pas la haute vitesse.

Une citation de :Stéphane Séguin, propriétaire de l'entreprise Reynald Seguin Electric

Propriétaire de l'entreprise Reynald Seguin Electric, à Fournier, Stéphane Séguin lance un message aux gouvernements.

On est oubliés, les lignes sont pourries! J’appelle deux à trois fois par mois parce que je n’ai pas de téléphone qui fonctionne bien et donc, pas d’internet non plus, puisque ça passe par les lignes. Il faudrait que quelqu’un se réveille!

Un homme pose dehors devant une pancarte.

Stéphane Séguin, propriétaire de l'entreprise Reynald Seguin Electric, à Fournier, dans l'est de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

La situation actuelle, dit-il, pénalise son entreprise et aussi les cultivateurs de l'est ontarien.

Maintenant, presque tous les cultivateurs sont automatisés, donc ça veut dire que c’est de la robotique, tout se fait par internet, c’est un ordinateur qui contrôle tout. Normalement, avec la haute vitesse, je pourrais rentrer dans leur système à distance à partir de mon ordinateur et les aider à régler les problèmes, explique-t-il. Si quelqu’un m’appelle de Moose Creek, par le temps que j’arrive, le client perd une heure. [...] Je pourrais régler ça en cinq minutes depuis le bureau. Le client pourrait sauver de l’argent et du temps. Mais là, je ne peux pas [...] et je perds de l’argent, beaucoup d’argent...

Avec les informations de Ben Andrews et Frédéric Pepin

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