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Hausses de prix : le Canada devra revoir sa stratégie vaccinale, selon un expert

Des personnes arrivent dans un centre de vaccination à Montréal.

Au total, plus de 83 % des 12 ans et plus du Québec avaient reçu au moins une dose de vaccin, mais le gouvernement souhaite accélérer la cadence.

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

La Presse canadienne

L'Union européenne renégocie ses contrats avec Pfizer et Moderna qui ont revu leur prix à la hausse. Cependant, qu'est-ce qui explique cette montée et quelles pourraient être les répercussions sur le Canada? Un expert en virologie offre quelques réponses.

Concernant la hausse des prix, ce n'est pas uniquement l'Europe qui va y goûter, souligne le professeur au Département des sciences biologiques à l'UQAM, Benoit Barbeau.

Avec des retards d'approvisionnement du côté de Johnson & Johnson et quelques ratés pour AstraZeneca, Pfizer et Moderna dominent présentement le marché avec leurs vaccins à ARN messager, explique l'expert en virologie : c'est la raison pour laquelle les deux géants pharmaceutiques peuvent se permettre de faire monter les enchères.

C'est aussi une occasion pour ces entreprises de financer leurs activités afin d'adapter leurs vaccins aux prochains variants.

M. Barbeau espère que d'autres joueurs se jetteront dans l'arène des fabricants de vaccins contre la COVID-19 pour non seulement éviter que les deux principaux concurrents dictent les prix, mais également pour ajouter d'autres possibilités de traitement.

Par exemple, celui par voie nasale qui offre une protection plus ciblée au niveau des muqueuses du nez, ce qui lui confère un avantage supplémentaire. Ou encore la formule développée à base de plantes par la biopharmaceutique québécoise Medicago qui a donné des résultats encourageants.

Ces autres avenues amèneraient plus de souplesse au marché, argue l'expert.

Stratégie vaccinale

M. Barbeau estime que, pour parer à l'augmentation des coûts liés aux vaccins, le Canada devra revoir sa stratégie d'achat en fonction de l'évolution des variants et d'une éventuelle quatrième vague.

La suggestion d'une troisième dose ou d'une dose annuelle laisse présager une demande plus élevée de médicaments à l'échelle mondiale.

Il vaudrait mieux dans ce cas prioriser les personnes âgées et les personnes immunosupprimées, selon l'expert en virologie, plutôt que d'opter pour une distribution massive des vaccins advenant une nouvelle vague ou le besoin d'une dose additionnelle.

D'autant plus que les vaccins offerts sur le marché ont démontré une bonne efficacité contre les variants et qu'ils ont prouvé jusqu'à maintenant qu'ils permettent de prévenir l'apparition des formes graves de la maladie.

Même s'il existe moins de données sur d'autres facteurs comme la durée de la réponse immunitaire, M. Barbeau est d'avis qu'il n'y a pas lieu de s'affoler, qu'une saine lecture des données pourra déterminer si une troisième dose est nécessaire et à qui la donner le cas échéant.

Il cite en exemple le Royaume-Uni qui, après avoir relâché les mesures sanitaires, a vu ses cas monter en flèche, particulièrement face à la montée du variant Delta.

Pourtant, la courbe semble maintenant se résorber, souligne M. Barbeau, sans que cela ait donné lieu aux scénarios catastrophes appréhendés.

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