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Pas de 9e année pour l’École Allain-St-Cyr en septembre

Le panneau de l'École Allain-St-Cyr.

L’École Allain-St-Cyr effectuera la prochaine rentrée scolaire sans classe de 9e année.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

L’École Allain-St-Cyr n’aura pas de classe de 9e année à la rentrée de septembre après le départ de plusieurs élèves vers des établissements anglophones ou des classes d’immersion.

En septembre, il y aura quatre élèves en 8e année, sept ou huit en 10e année, mais aucun en 9e année à l’École Allain-St-Cyr, selon Yvonne Careen, la directrice générale de la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO), qui regrette cette situation.

Dans certaines familles qui fréquentent l’École Allain-St-Cyr, c’est devenu une tradition de rester jusqu’à la 8e année et de quitter ensuite. C’est une décision déjà prise par les familles depuis le début, note-t-elle, même si elle avoue avoir été prise de court par certains départs, auxquels s'ajoutent ceux de certains élèves de 7e année.

Pour expliquer cette situation, elle affirme que plusieurs facteurs entrent en jeu, dont la reconfiguration des écoles de la capitale ténoise à la suite de la fermeture temporaire de l’École J. H. Sissons.

Ces changements ont donné aux parents l’occasion de retirer leurs enfants de l'École Allain-St-Cyr pour rejoindre l’école secondaire anglophone, croit Mme Careen.

Elle pense aussi que le manque de stabilité durant la dernière année et demie n’a pas joué en la faveur de l’école francophone. Un professeur qui enseignait les mathématiques et les sciences a pris sa retraite, et les activités parascolaires ont été annulées à cause de la COVID-19.

Deux nouveaux enseignants spécialistes en mathématiques ont toutefois été embauchés pour l'année scolaire 2021-2022.

Une rétention difficile

Il n’empêche qu’Yvonne Careen trouve frustrant de voir les élèves quitter le système francophone.

C’est aussi ce que ressent Julie Plourde, dont le fils, Benjamin, commence la 8e année à Allain-St-Cyr. L’élève de 12 ans a vu plusieurs de ses amis partir de l’école, ce qui lui a donné envie de suivre le mouvement.

Pourtant, ses parents ont décidé qu'il poursuivra sa scolarité en français. Il accepte la décision qu’on a prise pour lui. Je lui ai expliqué qu’il était trop jeune pour prendre cette décision, explique Mme Plourde.

Elle sait pourtant que la discussion risque de se représenter plus d’une fois à l’avenir. On va prendre ça une année à la fois. On espère qu’il va retrouver une bonne dynamique à la rentrée.

Même si elle dit ne porter aucun jugement, Julie Plourde avoue avoir de la difficulté à comprendre la décision des familles de quitter l’école. Selon elle, l'établissement francophone présente de nombreux avantages, dont la taille des classes qui permet une relation privilégiée avec les enseignants.

Yvonne Careen, photographiée dans un couloir.

Yvonne Careen, la directrice générale de la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest, déplore que les élèves de l'École Allain-St-Cyr abandonnent l'enseignement en français pour aller étudier en anglais ou en immersion.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Des enseignants qui se questionnent

Outre l’impact financier de ces départs, Yvonne Careen évoque également le tribut moral payé par les enseignants qui ont investi de nombreuses années pour former les élèves et les voient partir pour les écoles anglophones.

Cela suscite tout un questionnement [chez les enseignants, à savoir] "Est-ce que c’est de notre faute? Est-ce qu’on a assez d’offres de programmation pour les élèves?", etc.

Selon elle, ces départs créent également un cercle vicieux : avec moins d’élèves, il y a moins de financement, donc moins d’activités et moins d’options, ce qui rend les autres écoles plus attractives.

Pour briser ce cycle, elle pense qu’une école secondaire francophone séparée de l’école primaire serait un atout.

C’est vrai que, quand on a des écoles de la prématernelle à la 12e année, les enseignants font de leur mieux avec les programmes, mais les élèves du secondaire se sentent encore dans une situation d’école primaire, et ils n’apprécient pas ça.

Malgré tout, et pour tirer des choses positives de la situation, Yvonne Careen assure que, puisque l’horaire des enseignants sera moins rempli cette année, l’École pourra proposer de nouveaux cours spécialisés.

Avec des informations de Mario De Ciccio et Claudiane Samson

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