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Impasse à Washington sur le sort de millions d'Américains menacés d'éviction

Une jeune femme se tient sur le seuil d'une porte et regarde ses effets personnels entassés devant une maison.

L'administration de Joe Biden s'en remet aux États et aux autorités municipales pour éviter l'éviction de milliers de locataires.

Photo : Getty Images / John Moore

Radio-Canada

Le gouvernement américain ne prolongera pas le moratoire sur les évictions aux États-Unis, a confirmé lundi l'administration de Joe Biden.

La Maison-Blanche demande plutôt aux administrations des États et des villes de venir en aide aux locataires menacés d'éviction, en utilisant les fonds fédéraux prévus à cet effet.

L'administration Biden montre ainsi du doigt les gouvernements locaux, en les accusant d'être trop lents à intervenir. Dans un communiqué, elle affirme avoir débloqué la somme de 46,5 milliards de dollars pour aider les Américains qui pourraient perdre leur logement.

Trop d'États et de villes ont été trop lents à réagir, a affirmé Gene Sperling, responsable du plan de secours contre le coronavirus, lors d'un point de presse. Il n'y a tout simplement aucune excuse, aucune place où se cacher pour les États ou les villes qui tardent à accélérer leur plan d'urgence [d'aide au loyer], a-t-il ajouté.

Le président est clair : si certains États et certaines municipalités peuvent gérer cette aide de façon efficace et efficiente, il n'y a aucune raison pour que chaque État et chaque municipalité ne puisse le faire.

Une citation de :Gene Sperling, responsable du plan de secours contre le coronavirus de l'administration Biden

Mais la structure pour dispenser cette aide aux propriétaires et aux locataires est complexe, entre autres à cause de limites bureaucratiques instaurées sous la présidence de Donald Trump.

Des déménageurs vident une maison et empilent les effets d'une famille sur le trottoir.

Une étude estime à 3,6 millions le nombre d'Américains qui pourraient perdre leur logement si rien n'est fait pour leur venir en aide.

Photo : Getty Images / John Moore

Washington n'a plus l'autorité pour imposer un moratoire

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), qui avaient ordonné un moratoire sur les évictions au début de la pandémie, ne sont pas en mesure de trouver une autorité légale pour un nouveau moratoire ciblé, affirme l'administration américaine.

Elle se réfère en cela à un avis de la Cour suprême des États-Unis qui, dans une décision rendue en juin, avait prévenu l'administration Biden qu'elle ne pourrait prolonger ce moratoire sans l'accord du Congrès. Le juge conservateur Brett Kavanaugh avait eu le dernier mot dans cette décision partagée, à cinq juges contre quatre.

Plusieurs élus démocrates auraient souhaité que Joe Biden affiche une plus grande combativité sur ce dossier en tentant, entre autres, de tester à nouveau les tribunaux sur cette question.

Mais pour l'heure, il semble que le moratoire soit chose du passé.

Le moratoire devait prendre fin samedi, mais les élus démocrates avaient réussi à le prolonger jusqu'à lundi, dans l'espoir d'un dénouement rapide. La Chambre des représentants n'a pas réussi à débattre de la question de fond avant la relâche estivale.

Il est inconcevable que nous n'agissions pas pour empêcher les gens d'être expulsés.

Une citation de :Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis

Selon le Bureau du recensement américain, 1,4 million de ménages affirment qu'il est très probable qu'ils perdent leur logement dans les deux prochains mois. Plus de 2 millions d'autres jugent assez probable d'être à la rue dans les mois à venir. Dix millions d'Américains ont affirmé avoir pris du retard dans le paiement de leur loyer.

Une manifestante qui porte un masque à gaz brandit une affiche.

« Abolissez les loyers ou des gens vont mourir », peut-on lire sur cette affiche d'une manifestante, présente lors d'une manifestation en août 2020 à Los Angeles.

Photo : Getty Images / Valerie Macon

L'objectif de vaccination est atteint, avec un mois de retard

Par ailleurs, 70 % des adultes âgés de plus de 18 ans ont maintenant reçu au moins une dose d'un vaccin contre la COVID-19 aux États-Unis.

Le président Joe Biden s'était fixé l'objectif d'atteindre cette marque avant le 4 juillet dernier. Il aura donc fallu près d'un mois supplémentaire pour l'atteindre.

Les chiffres des CDC montrent que, de ce nombre, 60,6 % sont entièrement vaccinés, c'est-à-dire qu'ils ont reçu deux doses du vaccin.

Après un creux inquiétant, la campagne de vaccination a connu un rebond ces dernières semaines, particulièrement dans les régions les plus touchées par une nouvelle flambée de cas de COVID-19, causée par la présence généralisée du variant Delta, beaucoup plus contagieux.

Malgré tout, le nombre moyen de cas quotidiens à l'échelle nationale dépasse la barre des 70 000 et continue de s'accroître.

Chaque jour, les hôpitaux du pays admettent en moyenne 6200 patients positifs à la COVID-19. Plus de 300 personnes en meurent quotidiennement.

Ces cas se concentrent dans des communautés dont les taux de vaccination sont plus faibles, a expliqué à des journalistes Jeff Zients, le coordinateur de la lutte contre la pandémie à la Maison-Blanche.

Un cas sur trois au niveau national a été détecté en Floride et au Texas la semaine passée.

Une citation de :Jeff Zients, coordinateur de la lutte contre la pandémie à la Maison-Blanche

Les huit États les plus touchés – principalement dans le Midwest – ont toutefois constaté une augmentation de leurs vaccinations journalières de 171 %, par rapport au taux trois semaines plus tôt, a expliqué Jeff Zients.

Avec 80 % des plus de 65 ans entièrement vaccinés dans le pays, le nombre d'hospitalisations et de décès augmente à un rythme bien plus lent que lors des vagues précédentes.

Au Tennessee seulement, 97 % des hospitalisations et 98 % des décès liés au virus en juillet ont touché des personnes qui n'étaient pas vaccinées.

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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