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Conflit chez Olymel : des éleveurs de l'Estrie craignent l'euthanasie de leurs porcs

Deux porcs.

Le conflit chez Olymel empêche l'abattage de porcs, qui grossissent et pourraient devoir être euthanasiés (archives).

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Le conflit de travail qui paralyse l’abattoir d’Olymel à Vallée-Jonction depuis trois mois font inquiètent au plus haut point les éleveurs de porcs de l'Estrie, qui craignent de voir euthanasier leurs animaux.

Vendredi, le syndicat a quitté la table de négociation après avoir rejeté une proposition faite par les conciliateurs nommés par le ministre du Travail. Lundi, Jean Boulet a invité les parties à reconsidérer la proposition.

Pour Stéphane Roy, éleveur de porcs à Danville, ce conflit est de plus en plus problématique.

Les porcs qui ne sortent pas restent en place plus longtemps, ils consomment plus de moulée. C'est sûr que s'il ne se passe rien, ça va devenir critique.

Une citation de :Stéphane Roy, éleveur de porcs.

Outre la consommation plus élevée de produits d’alimentation par les porcs, leur santé mentale et physique est en jeu. Nous, on continue à rentrer des porcelets, la chaîne rapetisse et on a de moins en moins de place, explique Stéphane Roy, ajoutant que de telles conditions sont loin d'être optimales pour le bien-être des animaux.

Plusieurs cochons vivent à l'étroit dans une porcherie.

Les porcs s'entassent, au détriment de leur bien-être.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Selon lui, les éleveurs ne peuvent pas arrêter de prendre de jeunes porcs. C'est une roue qu'on ne peut pas arrêter du jour au lendemain, explique-t-il.

L’élevage de Stéphane Roy n’est pas le seul à connaître ces problèmes; ce sont environ 200 éleveurs de porcs estriens qui sont confrontés à cette réalité.

J’ai des producteurs qui m’appellent en détresse. Depuis le début de la pandémie, on a connu beaucoup d’épisodes de porcs en attente dus aux arrêts dans les usines, qui ont été obligées de fermer à cause de la COVID-19, donc c’est juste une suite [...] qui est interminable.

Une citation de :Sébastien Pagé, président des Éleveurs de porcs de l’Estrie.

Un potentiel gaspillage important

La crainte des producteurs est de devoir euthanasier les porcs qui ne pourront pas être envoyés à l’abattoir. Selon le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, ce sont 130 000 bêtes qui sont en attente d’abattage au Québec.

Cette euthanasie engendrerait un gaspillage alimentaire énorme, soutient le président des Éleveurs de porcs du Québec, par voie de communiqué. Considérant qu'un porc peut fournir environ 600 repas, le potentiel de gaspillage est astronomique, estime-t-il. Un gaspillage qui n'est pas sans rappeler, rappelle-t-il,celui des poulets à la suite du conflit à l'usine Exceldor.

David Duval mentionne avoir pris contact avec le ministre Jean Boulet, mais aussi avec Olymel et le syndicat des employés de l’usine. Il souhaite notamment qu’un terrain d’entente soit trouvé au plus vite. Il rappelle que ce sont les éleveurs de porcs qui doivent veiller au bien-être des animaux, et que les enjeux économiques sont importants.

Pour sa part, le ministre du Travail, Jean Boulet, rappelle qu’il ne peut pas intervenir personnellement dans ce conflit, mais souhaite une résolution rapide.

Éventuellement, j'aurai à communiquer avec les deux parties, pour m'assurer que l'on connaisse un aboutissement dans les meilleurs délais possibles.

Une citation de :Jean Boulet, ministre du Travail.

Avec les informations de Marie-Hélène Rousseau.

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