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Pétrolier attaqué : Washington promet une « réponse collective »

Antony Blinken en conférence de presse.

Le secrétaire d'État américain a évoqué une réplique appropriée et imminente en concertation avec des alliés.

Photo : Reuters / Brendan Smialowski

Agence France-Presse

La pression s'accentuait sur l'Iran lundi, après l'attaque meurtrière contre un pétrolier géré par un milliardaire israélien en mer d'Oman, et les États-Unis ont promis une « réponse collective », malgré les dénégations de Téhéran.

Il y aura une réponse collective, a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken. L'Iran continue d'agir de manière terriblement irresponsable [...]. Les actes iraniens sont une menace directe contre la liberté de navigation, a martelé celui qui avait déjà accusé la veille l'Iran d'avoir mené cette attaque.

Les autorités iraniennes ont démenti dimanche tout lien avec l'attaque, survenue jeudi contre le pétrolier Mercer Street, géré par la société du milliardaire israélien Eyal Ofer et cible selon Washington de drones explosifs.

Non revendiquée, cette attaque a fait deux morts : un Britannique, employé par la société de sécurité Ambrey, et un membre d'équipage roumain, selon l'armateur Zodiac Maritime.

Le Royaume-Uni, la Roumanie et Israël font partie des alliés avec lesquels Washington se coordonnait lundi, a précisé Antony Blinken.

L'Iran a quant à lui averti lundi qu'il riposterait à tout aventurisme après les menaces d'Israël et des États-Unis. La République islamique d'Iran n'hésitera pas à protéger sa sécurité et ses intérêts nationaux, a soutenu le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes Saïd Khatibzadeh dans un communiqué.

Elle répondra immédiatement et de manière décisive à tout aventurisme, a-t-il dit.

Ces nouvelles fortes tensions surviennent à la veille de l'entrée en fonction du nouveau président en Iran, l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi, qui succède au modéré Hassan Rohani.

L'Iran est un ennemi juré des États-Unis et d'Israël. Il n'entretient pas de relations avec les premiers depuis 1980 et ne reconnaît pas l'existence du second.

Au lendemain de l'attaque, le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid a accusé l'Iran d'être un exportateur de terrorisme, de destruction et d'instabilité qui fait mal à tout le monde.

Un navire en mer avec une ville en arrière fond.

Le navire attaqué Mercer Street est géré par la compagnie israélienne Zodiac Maritime.

Photo : Reuters / JOHAN VICTOR

Échanges acrimonieux

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a renchéri lundi devant la Knesset. C'est exactement pour cette raison que nous devons agir maintenant face à l'Iran [...]. Ce n'est pas une menace future, mais un danger concret et immédiat, a-t-il jugé.

Le régime sioniste doit cesser de [lancer] de telles accusations infondées, a rétorqué Saïd Khatibzadeh.

Mais le premier ministre israélien, Naftali Bennett, a insisté sur la responsabilité iranienne, arguant que son pays détenait des preuves.

De même, le secrétaire d'État Antony Blinken a affirmé que les États-Unis étaient certains que l'Iran avait mené l'attaque.

Rejoignant Washington et Israël, le Royaume-Uni a appelé l'Iran à cesser immédiatement ses actions mettant en danger la paix et la sécurité régionale et internationale.

Lundi, le premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré que l'Iran devrait faire face aux conséquences de ce qu'il a fait et a évoqué une attaque inacceptable et scandaleuse contre un navire commercial, dans laquelle un citoyen britannique est mort.

Il est absolument essentiel que l'Iran, comme tout autre pays, respecte les libertés de navigation à travers le monde, et le Royaume-Uni continuera à insister là-dessus.

Londres mais aussi Bucarest ont convoqué leurs ambassadeurs iraniens respectifs.

L'Iran, qui a aussi convoqué le chargé d'Affaires britannique à Téhéran, selon l'agence de presse officielle Irna, a estimé que la source de l'insécurité dans le Golfe persique n'[était] pas l'Iran, mais la présence de navires et forces militaires de pays qui ne sont pas de la région.

Une dizaine de navires iraniens ciblés

Depuis des années, Israël et l'Iran s'affrontent directement ou indirectement au Liban, en Syrie, en Irak et dans la bande de Gaza palestinienne. Mais ces derniers mois, cette rivalité s'est transposée en mer avec l'émergence d'une mystérieuse série de sabotages et d'attaques.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh

Photo : afp via getty images / ATTA KENARE

En mars, le Wall Street Journal a rapporté, citant des responsables américains et du Moyen-Orient, qu'Israël avait ciblé depuis la fin de 2019, principalement avec des mines sous-marines, au moins une dizaine de navires faisant route vers la Syrie et transportant, dans la plupart des cas, du pétrole iranien.

S'ils ont des preuves pour soutenir leurs affirmations infondées, ils devraient les fournir.

Une citation de :Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh

M. Khatibzadeh reproche à Londres et Washington de garder le silence lorsqu'il s'agit des attaques terroristes visant les navires commerciaux iraniens.

L'Iran est un mauvais protagoniste sur la scène internationale [...], mais nous continuons de penser que de rechercher une voie diplomatique [...] est dans notre intérêt national, a relevé la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki qui a renouvelé le vœu de l'administration Biden de sauver l'accord international sur le nucléaire iranien.

Revenir à cet accord placerait les États-Unis dans une meilleure position pour répondre à ces autres problèmes, a-t-elle souligné lundi lors d'un point de presse.

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