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Sur la trace d’étranges apparitions de saumons dans l’Arctique

Des saumons de l'Atlantique dans un bac bleu.

Un saumon de l'Atlantique trouvé dans l'Arctique. Le projet Saumon arctique documente, depuis 21 ans, les prises inhabituelles de poissons effectuées par des pêcheurs locaux.

Photo : Derwin Parr

Radio-Canada

Des scientifiques qui étudient la présence de saumons dans les eaux de l’Arctique continuent de demander aux communautés locales de leur soumettre toute pêche inhabituelle en échange d’une compensation.

Cette étude s’inscrit dans le cadre du projet Saumon Arctique, une collaboration de Pêches et Océans Canada, de scientifiques du sud du pays et d'organismes locaux de chasse et de trappe.

Darcy McNicholl, une biologiste du gouvernement, explique que le but du projet est de documenter les prises inhabituelles faites par les pêcheurs des communautés du nord.

Nous encourageons les pêcheurs qui attrapent quelque chose qu’il n’ont jamais vu auparavant de nous le remettre en échange d’une carte-cadeau, afin que nous puissions le disséquer et répondre aux questions que pourraient avoir les membres de la communauté, explique-t-elle.

Ces questions peuvent porter sur le type du poisson, sa provenance et les maladies qu'il pourrait porter.

Selon Mme McNicholl, les saumons sont un bon indicateur des changements qui se produisent dans l’Arctique.

Pêches et Océans Canada étudie les populations de saumon de l'Arctique depuis 2000 et récolte des échantillons chaque année pour le projet Saumon arctique. En 2019, 2400 saumons ont été envoyés au Ministère. L’année précédente, il en avait reçu moins de 100.

Darcy McNicholl affirme qu’avant 2016 ce nombre était en moyenne de 200 par an.

Une eau trop chaude

On peut trouver des saumons dans les eaux arctiques depuis de nombreuses années, mais leur nombre a augmenté depuis 2016. L'année 2019 s’est révélée une excellente année, note-t-elle encore. Ces observations pourraient être partiellement liées à une augmentation de la température de l’eau dans le sud.

Cela pousse les saumons vers des eaux plus fraîches, où les œufs peuvent se développer et tolérer des températures plus basses. Ou alors cela pourrait être dû au fait qu’ils suivent leur nourriture. Ou bien les deux.

La biologiste Darcy McNicholl, de Pêches et Océans Canada, dans l'Arctique canadien.

La biologiste Darcy McNicholl, de Pêches et Océans Canada, cherche à savoir pourquoi certains saumons se retrouvent dans l'Arctique, une zone dans laquelle ils ne sont pas observés habituellement.

Photo : Photo envoyée par Darcy McNicholl

Dans tous les cas, Mme McNicholl soutient que l’augmentation du nombre de saumons dans les eaux arctiques des dernières années est un nouveau phénomène que les scientifiques cherchent toujours à comprendre.

Des membres de communautés locales, comme Ooloosie Aningmiuk et son mari, à Kinngait, au Nunavut, collaborent au projet.

Mme Aningmiuk affirme récolter des données sur les poissons attrapés et la température ainsi que la salinité de l’eau. En tant qu’Inuit, nous voulons savoir ce que nous mangeons, quelles sont les conditions de l’eau, comment est la nourriture, explique-t-elle.

Nouvelle espèce ou espèce rarement observée?

Mme Aningmiuk veut également savoir comment évoluent les aliments et si de nouvelles espèces apparaissent.

C’est d’ailleurs ce que pense Mme McNicholl : les saumons ne sont peut-être pas les seuls à s’aventurer dans le nord. Une fois, un agent de conservation du projet dit avoir repéré un requin-saumon à Kugluktuk, au Nunavut, alors que l’espèce n’est en principe observable qu'en Alaska.

Darcy McNicholl ajoute que le nombre de saumons roses à bosse augmente un peu partout dans le nord du pays.

Le fait d'en apprendre plus sur les espèces de poissons qui se trouvent dans l’Arctique est une étape importante parce que, de temps en temps, ces espèces ne sont pas nouvelles, mais elles n’ont simplement pas été beaucoup observées jusque-là, une distinction essentielle, dit-elle.

On en apprend toujours sur les différentes espèces et certaines sont très rares , conclut la biologiste.

Avec les informations de Toby Otak

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