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Les espèces envahissantes menacent la diversité des oiseaux et des mammifères

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La bernache du Canada est indigène en Amérique du Nord, mais elle est envahissante en Europe, notamment en France.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Radio-Canada

L’arrivée d’espèces envahissantes sur un territoire entraîne le déclin de plusieurs espèces indigènes, montrent les travaux d’écologistes français.

La chercheuse Céline Bellard et ses collègues de l’Université Paris-Saclay affirment que 11 % de la diversité phylogénétique mondiale des oiseaux et des mammifères, c’est-à-dire leur histoire évolutive accumulée, est menacée par les invasions biologiques.

Le potentiel adaptatif [des espèces indigènes] aux changements environnementaux pourrait ainsi en grande partie disparaître en raison des invasions biologiques, expliquent les scientifiques dans un communiqué publié par l’établissement français.

Une espèce est considérée comme envahissante lorsqu’elle prolifère hors de son aire de répartition naturelle. Elle modifie son milieu d’adoption, dont elle menace l'équilibre. Elle peut ainsi causer le déplacement des espèces qui se trouvent naturellement à cet endroit en leur faisant concurrence pour les ressources ou en dégradant leur habitat. Une nouvelle venue peut aussi propager des maladies, et même se reproduire avec une espèce indigène et produire des hybrides.

Au Canada, la moule zébrée, le sanglier et la carpe herbivore (asiatique) sont des espèces envahissantes. Même le moineau domestique, la perdrix grise et le pigeon biset en sont, mais ils sont établis au pays depuis des siècles. La bernache du Canada est une espèce envahissante en Europe, notamment en France.

Les études précédentes sur les invasions biologiques portaient surtout sur le nombre d’espèces menacées d’extinction. La présente étude permet d’aller plus loin en déterminant et en quantifiant les profils des espèces d’oiseaux et de mammifères en danger, notent ses auteurs.

L'introduction d'espèces

L’introduction d’espèces hors de leur aire de répartition naturelle est favorisée par la mondialisation.

L’introduction d’espèces dites envahissantes entraîne le déclin de certaines espèces locales : les invasions biologiques représentent l’un des plus importants facteurs de perte de la biodiversité à l’échelle mondiale et la première cause au niveau des territoires insulaires, rapportent les chercheurs, dont les travaux sont publiés dans la revue Global Change Biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Carte des risques d'invasion d'espèces non indigènes dans le monde.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les invasions d'espèces non indigènes dans le monde sont principalement recensées dans les endroits où on trouve beaucoup d'échanges internationaux.

Photo : Radio-Canada / «Global threats from invasive alien species in the twenty-first century and national response capacities», Nature Communications

L’impact des espèces envahissantes est surtout important sur les stratégies écologiques des mammifères et des oiseaux, soit les moyens dont ils disposent pour se nourrir, vivre, fonctionner et se défendre des autres espèces.

Les invasions biologiques menacent 40 % des stratégies écologiques des oiseaux et 14 % de celles des mammifères, estiment les chercheurs.

Les oiseaux sont particulièrement vulnérables aux invasions. Beaucoup d’espèces, notamment des régions océaniques insulaires, sont moins capables que leurs semblables du continent d’adapter leurs stratégies face aux espèces envahissantes plus généralistes.

Par exemple, le kagou huppé, espèce emblématique de la Nouvelle-Calédonie, qui est unique d’un point de vue phylogénétique parce que c'est le seul représentant de la famille des Rhynochetidae, se trouve menacé par le rat. En effet, cet oiseau ne vole pas et se nourrit uniquement au sol. Il est donc incapable de s’adapter à un nouveau prédateur terrestre tel que le rat.

Un kagou huppé.

Le kagou huppé (« Rhynochetos jubatus ») est une espèce emblématique de la Nouvelle-Calédonie.

Photo : iStock

En outre, la disparition de certaines espèces, comme les pollinisatrices et celles qui dispersent les graines, aurait des conséquences sur la stabilité des écosystèmes dont elles sont des éléments centraux.

Selon les chercheurs, leurs travaux permettent de mieux prévoir les futures pertes chez les oiseaux et les mammifères ainsi que les éventuelles conséquences sur les écosystèmes.

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