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Bombardier demande des fonds publics pour des avions plus durables

Une usine de Bombardier située à Montréal.

Bombardier juge avoir bénéficié d'un « momentum encourageant » au quatrième trimestre de 2020.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Bombardier demande des fonds publics pour développer des avions plus durables. Sans vouloir préciser la nature des projets ou les montants en jeu, un porte-parole indique que l’innovation en la matière est cruciale pour l’industrie.

Le PDG de l’entreprise, Éric Martel, a d'ailleurs révélé lundi au Journal de Montréal qu'une demande avait déjà été soumise aux gouvernements. Il s'agirait d'un projet costaud et ambitieux.

En entrevue à RDI, le porte-parole de Bombardier, Mark Masluch, a confirmé que plusieurs projets de recherche sont en cours pour assurer la pérennité de l'entreprise.

Questionné sur les montants demandés, M. Masluch soutient que l'entreprise n'a pas d'estimation pour l'instant. Ça dépendrait de l’envergure d’un projet […] c’est de l’information qui en ce moment demeure très stratégique pour nous, a-t-il précisé.

Le porte-parole explique qu’il y a plusieurs façons d’améliorer l’empreinte carbone des avions : des carburants moins polluants, des avions plus aérodynamiques ou des moteurs plus efficaces, par exemple.

C’est sur ces trois grands axes que Bombardier veut se concentrer, ajoute-t-il, sans vouloir s’avancer davantage sur la nature des projets de recherche qui font partie des secrets de [recherche et développement] de l'entreprise.

D'autres fonds publics

En 2015, Québec avait annoncé investir 1,3 milliard de dollars dans Bombardier afin d’aider au développement de la C Series. Celle-ci est ensuite passée aux mains d’Airbus, avant que le projet rebaptisé A220 soit complètement abandonné par Bombardier, laissant Airbus et Québec comme seuls actionnaires.

L’investissement de la province a fondu comme neige au soleil depuis, représentant environ cinq fois moins que le montant initial à la fin de l’année dernière. Airbus pourra racheter la participation de la province en 2026.

Ottawa avait aussi offert une contribution remboursable de 372,5 millions de dollars afin d'aider l'entreprise dans ses activités de recherche et développement.

Un avion C Series de Bombardier.

Un avion C Series de Bombardier

Photo : Radio-Canada

L'avenir de l'aéronautique

M. Malsluch précise par téléphone après son passage à RDI que Bombardier travaille à plusieurs projets dans le domaine. Un de ceux-ci fait présentement l’objet d’une évaluation dans le cadre des investissements de près de 700 millions de dollars annoncés par Québec et Ottawa le mois dernier.

Parmi ces sommes, on compte près de 70 millions de dollars pour le développement d’un moteur hybride chez Pratt & Whitney et quelque 275 millions de dollars alloués à Bell Textron Canada pour faire des hélicoptères moins polluants.

Le porte-parole affirme que Bombardier se concentre sur trois critères afin d'obtenir du financement public pour ces programmes qui sont ouverts à toutes les entreprises, soit la création d’emplois locaux, la compétitivité et la durabilité.

L’avenir de l’aéronautique dépend de nos efforts sur la durabilité, soutient M. Masluch. Nous nous devons d’offrir la meilleure technologie.

Une aide critiquée

Bien qu’il n’y ait pas encore eu d’annonce et que l’évaluation du projet soit en cours, le député de Québec solidaire pour Rosemont, Vincent Marissal, remet en question cette demande. Pourquoi aiderait-on une entreprise avec des fonds publics si elle n’est même pas capable de garantir des emplois?

Le géant québécois a supprimé des centaines d’emplois, cette année comme l’année dernière.

Toute aide publique devrait être assortie de trois conditions minimales : la garantie de création et de maintien des emplois, le plafonnement des salaires des dirigeants et la participation de l’État aux profits, selon M. Marissal.

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