•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La sécheresse crée une pénurie de sauge pour des rituels autochtones

Une personne fait brûler de la sauge dans une coquille d'ormeau.

La sauge est utilisée pour les rituels de fumigation.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Radio-Canada

Plusieurs centres pour femmes de Winnipeg indiquent que leur approvisionnement en matière de plantes médicinale est bas en raison de la sécheresse de cet été dans la province. La sauge, utilisée notamment pour les rituels de fumigation, fait défaut.

Le centre pour femmes du West End dit avoir besoin de sauge des prairies, qui, cette année, a été difficile à trouver dans les endroits habituels.

C'est inquiétant pour nos plantes médicinales. Dans les endroits où on va habituellement, les quantités sont vraiment faibles, explique la coordinatrice du programme de soutien Restorer l’équilibre du centre, Jolene Wilson. Ce dernier se base sur les enseignements et les valeurs traditionnelles autochtones.

La sauge est l’une des quatre plantes médicinales traditionnelles considérées comme sacrées par plusieurs Premières Nations et s’utilise dans les rituels de fumigation. Selon Jolene Wilson, cette pratique permet de nettoyer l’air, l’esprit, et a des effets relaxants.

C’est un remède utilisé par les femmes et, donc, nous l'utilisons beaucoup, précise-t-elle. Les membres de la communauté viennent et nous en demandent lorsqu’ils en ont besoin. Il y a des personnes qui en ont besoin tous les jours habituellement.

Le centre a un groupe de femmes qui vont habituellement cueillir la sauge, mais cette année est affreuse, observe Jolene Wilson, sans oublier la chaleur qui s’ajoute à la sécheresse cette année.

La sauge qu’on utilise en cuisine, qui se trouve plus facilement, n’est généralement pas utilisée dans les rituels de fumigation en raison de son intensité, explique-t-elle.

En juillet, Jolene Wilson a lancé un appel à la communauté sur Twitter, notamment en direction des personnes qui font pousser de la sauge sur leur propriété. Malgré les gestes de solidarité, la quantité reçue ne suffira pas pour finir l’année.

Nous apprécions beaucoup cet apport. Mais cela part aussi vite que cela rentre parfois, dit Jolene Wilson.

Besoin d’humidité pour les plantes

Si la sauge pousse dans un sol sec, il lui faut toutefois de l’humidité pour atteindre sa pleine maturité.

La plante ne pousse pas très haut, et l’ensemencement va plus vite, explique Jolene Wilson. Ce qui m'inquiète, c’est que les graines brûlent parce qu’il n’y a pas d'humidité dans le sol.

Little Mountain Park, le parc provincial de Birds Hill et le parc provincial Beaudry sont habituellement les lieux de cueillette de la sauge. D’autres plantes poussent dans la forêt Assiniboine, mais les plants sont plus petits qu’à l’habitude, selon Jolene Wilson.

Par ailleurs, la cueillette de la plante trop jeune n’est pas vraiment conseillée, puisque le but est d’en laisser suffisamment derrière soi pour s’assurer une quantité suffisante pour l’année à venir.

La gardienne du savoir du centre pour femmes de North Point Douglas, Gladys Marinko, constate aussi qu'il y a peu de sauge cette année. Elle amène régulièrement des membres de la communauté au travers de la ville pour cueillir les plantes.

Nous avons trouvé peu de sauge. Nos paniers étaient presque vides, note-t-elle.

Il n'y a d’ailleurs pas que les médecines traditionnelles qui sont en faible quantité. Gladys Marinko remarque aussi que les fruits utilisés pour la cuisine sont difficiles à trouver et que les baies de Saskatoon sont déjà sèches.

Gladys Marinko s’inquiète des effets du changement climatique et du manque de plantes médicinales, qui pourrait devenir un problème pour les communautés autochtones.

Toute cette sécheresse est vraiment inquiétante, tant pour nos plantes que pour notre terre. Je prie pour qu'il y ait de la pluie tous les jours. C’est ma prière principale en ce moment, qu’il pleuve sur toute l’île de la Tortue, conclut-elle.

Avec des informations de Renée Lilley

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !