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Des propriétaires demandent de ne pas mettre le manque de logement dans leur cour

Une affiche fixée à un immeuble sur laquelle est écrit : logements à louer, complet.

Depuis le 1er juillet dernier, plusieurs dizaines de familles n’ont toujours pas réussi à se trouver un logement à Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Ce n’est pas aux propriétaires de logements « de faire la charité » pour contrer la pénurie de logement, soutient Sébastien Manseau, P.D.-G. des Services Gest-Immo, une entreprise qui offre aux propriétaires les services de location et d’entretien de leurs logements à Sherbrooke.

Depuis le 1er juillet dernier, plusieurs dizaines de familles n’ont toujours pas réussi à se trouver un logement à Sherbrooke. La semaine dernière, le maire de Sherbrooke lançait un appel aux propriétaires pour qu'ils fassent leur part afin qu'elles puissent se loger. 

Sébastien Manseau rétorque que ce n'est pas le manque de logement qui est la source du problème, mais plutôt le coût des loyers qui dépasse la capacité de payer de ces ménages. La clientèle qui ne trouve pas de logement est à plus faible revenu, dit-il.

Les logements disponibles le sont. Je peux comprendre pour les grandes familles qu’ils ne trouvent pas parce que les logements de quatre chambres et plus partent facilement. Des logements de trois chambres et moins, il y en a de disponibles. Il se peut par contre que les gens n’aient pas les moyens de les payer, explique Sébastien Manseau.

Il soutient toutefois que la solution à la crise actuelle ne devrait pas relever des entrepreneurs.

C’est facile de pelleter dans la cour des propriétaires privés. Au nom de quoi le maire de Sherbrooke nous demande-t-il de faire la charité aux gens?

L’épicerie ou la pharmacie ne font pas la charité aux gens. Pourquoi l’investisseur multilogement doit-il baisser ses revenus parce que le gouvernement ne fait pas sa job?

Une citation de :Sébastien Manseau, P.-D.G. des Services Gest-Immo

Il rappelle également que les coûts liés au marché du logement locatif augmentent beaucoup.

Juste les assurances, il est difficile d'en trouver et la facture vient avec. L’entretien coûte plus cher et je ne parle même pas des matériaux, signale M. Manseau.

Pas de discrimination

Selon Sébastien Manseau, le fait de refuser de louer un appartement à un mauvais locataire n’est pas un signe de discrimination, mais plutôt une façon pour le propriétaire de se protéger.

Les gens investissent dans l'immobilier et prennent des risques. Certains locataires négligent leur logement. Ce ne sont pas eux qui doivent absorber les pertes, signale Sébastien Manseau.

Il réfute l’allégation qu’une personne qui a porté plainte à la Régie du logement soit systématiquement refusée.

Les gens ont droit à une deuxième chance. C’est du cas par cas. De les refuser parce qu’ils ont déjà déposé une plainte à la Régie du logement, ce n’est pas un critère chez nous, signale M. Manseau.

Il affirme également qu'il y a un besoin de logements sociaux à Sherbrooke, qui permettraient d'accueillir une partie de la clientèle peinant à se loger.

Une subvention n'excuse pas un mauvais dossier. Le fait d'obtenir une subvention de la Ville pour pallier le manque à gagner du locataire ne veut pas dire que je vais louer à n’importe qui, ajoute-t-il.

Une politique d’habitation

Le directeur de l'École de travail social de l'Université de Sherbrooke, Paul Morin, a réalisé plusieurs travaux qui plaident pour l’adoption d’une politique en habitation à Sherbrooke.

Ici en Amérique du Nord, le logement est considéré comme une marchandise. Le discours des propriétaires privés montre bien qu’il faut une intervention du gouvernement pour mettre en place une politique sur le logement, indique M. Morin, qui a réalisé une étude sur le logement social à Sherbrooke.

L'habitation n'est pas seulement une affaire de logement social. Une politique en habitation touche différents aspects. Il y a des éléments qui concernent le logement social, mais aussi toute la question du développement responsable et divers autres aspects pour élargir le propos. C’est multidimensionnel. L’habitation concerne l’ensemble des citoyens d’une municipalité.

Une citation de :Paul Morin, directeur de l'École de travail social de l'Université de Sherbrooke

Il estime que la Ville de Sherbrooke devrait s’inspirer de la Ville de Gatineau.

Nous n’avons pas besoin de réinventer le bouton à quatre trous. Ça existe à Gatineau. Il suffit de l’adapter à la sauce sherbrookoise. C’est une question de volonté politique, dit Paul Morin.

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