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La justice israélienne repousse sa décision sur l'expulsion de Palestiniens

Des personnes dans une salle d'audience

Des résidents palestiniens du quartier de Sheikh Jarrah (Jérusalem-Est) menacés d’expulsion, lors d'une audience à la Cour suprême israélienne, à Jérusalem, le 2 août 2021.

Photo : AFP / Ahmad Gharabli

Agence France-Presse

La Cour suprême israélienne a reporté lundi sa décision dans l'affaire de familles palestiniennes menacées d'expulsion au profit de colons dans le quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem.

Quatre familles palestiniennes habitant à Cheikh Jarrah, dans le secteur palestinien de Jérusalem occupé et annexé par Israël en 1967, avaient saisi la Cour suprême après que les tribunaux inférieurs ont décidé leur évacuation au profit de colons israéliens.

Mais en Israël il n'est possible, sauf exception, de saisir la Cour suprême qu'une seule fois et celle-ci s'est par le passé déjà prononcée en faveur de l'évacuation. Les familles palestiniennes attendent donc de savoir si elles peuvent exceptionnellement interjeter un nouvel appel.

Le tribunal pourrait nous donner l'autorisation de faire appel, a estimé l'avocat des familles, Sami Irshaid, auprès de l'AFP, indiquant toutefois qu'il était peu probable qu'une décision finale soit rendue dans la journée.

Au cœur du procès : la propriété foncière de terres sur lesquelles sont construites des maisons dans lesquelles vivent des Palestiniens, mais qui sont convoitées par des colons, à Jérusalem-Est.

D'après la loi israélienne, si des juifs peuvent prouver que leur famille vivait à Jérusalem-Est avant la guerre de 1948, ils peuvent demander que leur soit rendu leur droit de propriété. Une telle loi n'existe toutefois pas pour les Palestiniens ayant perdu leurs biens pendant la guerre.

Les familles palestiniennes ont indiqué, lundi, avoir reçu une offre selon laquelle elles pourraient rester dans leurs maisons à titre de locataires protégés en payant une somme symbolique à titre de loyer, mais en reconnaissant que la propriété des résidences était israélienne.

Ils ont mis une énorme pression sur nous afin que nous en arrivions à un accord avec les colons selon lequel nous serions les locataires d'organisations de colons. Mais nous avons bien entendu rejeté l'offre.

Une citation de :Mohammad el-Kurd, activiste

Ce dernier fait partie des quatre familles palestiniennes au cœur de cette affaire.

Après des heures d'audience, le juge Isaac Amit a demandé aux parties de nouveaux documents et indiqué que le tribunal allait publier une décision plus tard, mais sans spécifier de date dans ce dossier devenu explosif dans la ville sainte et au-delà.

Des manifestants rassemblés.

Les membres arabes israéliens de la Knesset Ahmad al-Tibi (2e à gauche) et Oussama al-Saadi (à droite) brandissent des pancartes et des banderoles aux côtés d'activistes palestiniens, israéliens et étrangers, dénonçant l'occupation et la colonisation israéliennes dans les territoires palestiniens et à Jérusalem-Est, lors d'une manifestation devant la Cour suprême à Jérusalem, le 2 août 2021.

Photo : AFP / Ahmad Gharabli

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté lundi devant la Cour suprême en soutien aux familles palestiniennes dans cette affaire qui défraie aussi la chronique à l'étranger en mettant en lumière la question de la colonisation de Jérusalem-Est.

En mai, des manifestations de soutien aux habitants palestiniens de Cheikh Jarrah avaient dégénéré en heurts avec des colons et la police israélienne, prémices à une flambée de violences en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Des affrontements avaient ensuite éclaté sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme, également à Jérusalem-Est, entre Palestiniens et forces israéliennes.

Puis, du 10 au 21 mai, le mouvement Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza et Israël se sont affrontés lors d'une guerre éclair, fatale à 260 Palestiniens, parmi lesquels des enfants et des combattants, et à 13 personnes en Israël, incluant un soldat, un enfant et une adolescente.

Selon Ir Amim, une association israélienne qui suit l'évolution des colonies à Jérusalem, jusqu'à 1000 Palestiniens à Cheikh Jarrah et dans le quartier voisin de Silwan risquent d'être expulsés au profit de colons.

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