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Un artiste lutte contre l'homophobie dans les sports, une maille à la fois

Un pastiche de chandail de hockey confectionné en laine.

Ce chandail réalisé au crochet par Lucas Morneau a été acquis par la galerie The Rooms pour sa collection permanente.

Photo : Radio-Canada / Contribution : Lucas Morneau

Radio-Canada

Un artiste terre-neuvien a recours à l'ironie pour dénoncer l'homophobie dans les sports. Lucas Morneau a créé une ligue de hockey fictive et des équipes aux noms qui évoquent des railleries homophobes pour lesquelles il a conçu des chandails.

L'idée de la ligue de hockey terre-neuvienne queer a germé dans l'esprit de Lucas Morneau lorsqu'il a compris qu'une partie du langage associé au hockey dénigrait les homosexuels.

Ç'a commencé à m'agacer sérieusement lorsque j'ai compris que je l'étais moi-même, dit-il

Lorsque Lucas Morneau était enfant, le hockey à la télé faisait partie de la vie familiale à la maison, à Corner Brook. Il se souvient d'avoir écouté avec bonheur la chronique du commentateur Don Cherry, mais son enthousiasme s'est refroidi en grandissant.

J'ai compris que son langage rabaisse plusieurs joueurs ou met en doute leur masculinité, par exemple, ceux qui refusent de se battre, affirme M. Morneau.

Lorsque Don Cherry a été congédié en 2019 pour des commentaires contre les immigrants, Lucas Morneau a cherché un moyen d'ouvrir une discussion sur l'homophobie en milieu sportif et sur l'hégémonie masculine et leurs effets sur la santé mentale des athlètes et des spectateurs.

Il a entrepris de réaliser des chandails d'équipe à l'hiver 2020. Les maillots réalisés au crochet sont faits de laine ou même, de vieux bas en nylon récupérés auprès de drag queens.

Un jeune homme photographié en studio.

L'artiste Lucas Morneau.

Photo : Radio-Canada / Contribution : Lucas Morneau

La prestigieuse galerie The Rooms, à Saint-Jean, s'intéresse à son travail. Elle a acquis le chandail des Sissies (tapettes) de Saint-Jean. Elle aurait pu choisir plutôt le chandail des Queens de Corner Brook, des Flamers de Come By Chance ou des Buggers de Bonavista.

Le choix n'a pas été facile, explique Mireille Eagan, qui dirige la collection d'art contemporain. Le choix a finalement été fait pour le lien avec les propos de Don Cherry.

Lucas Morneau s'est saisi de ce mot et il s'en sert pour changer les idées entourant la masculinité et la culture en général. C'est ce qui fait que son travail compte.

Une citation de :Mireille Eagan, directrice de collection à la galerie The Rooms

Selon Mireille Eagan, le recours à l'humour fait en sorte que le message passe mieux.

L'art pour faire avancer la société

Lucas Morneau n'en est pas à son premier coup d'essai en matière d'art engagé. Outre sa ligue queer qui compte 14 équipes, l'artiste a aussi créé des costumes de drag queens pour la fête des Mummers. Le projet de ligue queer lui a demandé tellement de travail qu'il a engagé une assistante.

Sa famille le soutient dans son projet. Ils adorent, affirme-t-il. Son père l'a aidé à trouver des noms et son grand-père, qui a plus de 90 ans, s'est éclaté de rire devant certaines propositions.

Ç'a rapproché notre famille, même si ce n'est pas un sujet facile, confie Lucas Morneau.

Cela a permis à des membres de la famille de découvrir le sens péjoratif méconnu de certains termes. Lucas Morneau, qui est établi à Sackville au Nouveau-Brunswick, veut aussi amener les gens à réfléchir sur leur perception des athlètes professionnels et les propos qu'ils peuvent tenir dans l'espace public.

Les joueurs ne peuvent pas parler de leur santé mentale, de leurs difficultés personnelles, qu'elles soient liées à leur famille ou leur sexualité. Je crois que les athlètes devraient pouvoir évoluer dans un environnement où ils peuvent être eux-mêmes.

Une citation de :Lucas Morneau, artiste

En juin, Luke Prokop, un joueur repêché par les Predators de Nashville, est devenu le premier joueur ayant un contrat de la Ligue nationale de hockey à déclarer publiquement son homosexualité.

Lucas Morneau est aussi encouragé de voir le progrès que représente la création du regroupement You Can Play, en appui aux athlètes LGBTQ+.

La discussion commence à s'étendre dans la culture sportive, qui doit devenir plus inclusive dans l'avenir. Sinon, elle risque d'être restreinte à un petit groupe de personnes, conclut Lucas Morneau.

Avec des informations de CBC

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