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SCRS : les patrons du bureau de Toronto veulent plus de diversité dans leurs rangs

Un panneau indiquant le bâtiment du Service canadien de renseignement de sécurité.

Katherine Hannah est récemment devenue la première femme directrice du bureau du SCRS de Toronto. (Archives)

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Katherine Hannah et Zahra Musaji ont commencé à travailler au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) en 1999. Selon Mme Hannah, à l'époque, les femmes ne travaillaient pas dans le domaine du contre-terrorisme au SCRS. On lui a dit qu'elles travaillaient aux ressources humaines.

Il n'y avait pas beaucoup de diversité. L’intégration était difficile, ajoute Mme Musaji.

Deux décennies plus tard, Mme Hannah est récemment devenue la première femme de l'histoire de l'agence à prendre la direction du bureau régional de Toronto – le plus grand bureau de collecte de renseignements du SCRS. Et Mme Musaji est maintenant la première personne de couleur à détenir le titre de directeur général adjoint du bureau de Toronto.

En 2017, le bureau de Toronto a fait l'objet d'une poursuite civile de 35 millions de dollars intentée par des employés musulmans, noirs et homosexuels, qui accusaient la direction de discrimination.

Le SCRS a mené sa propre enquête sur la culture d’entreprise du bureau régional de Toronto. L’agence a ensuite publié les conclusions de l'examen, qui a été complété par une entreprise externe. Selon le directeur du SCRS David Vigneault, l’enquête a dévoilé de graves préoccupations entourant la rétribution, le favoritisme, l'intimidation et d'autres comportements inappropriés qui sont catégoriquement inacceptables dans une organisation professionnelle de haut niveau.

Mmes Hannah et Musaji, dont les photos ne peuvent être publiées puisqu'elles travaillent encore dans les opérations du SCRS, ont rencontré CBC News pour discuter de diversité et de la direction qu'elles veulent donner à l'unité à l'avenir.

La tâche numéro un, disent-elles, est d’engager plus de minorités visibles.

Selon les statistiques publiques du SCRS, environ 18 % de ses employés ont déclaré en 2019/2020 appartenir à une minorité visible. Parmi eux, seuls 7,6 % étaient des cadres.

Un rapport déposé au Parlement l'année dernière par le Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et les renseignements dévoile que le harcèlement et la discrimination auxquels font face les minorités visibles demeurent inacceptablement élevés dans l'ensemble du secteur de la sécurité et du renseignement au Canada.

Les critiques affirment que le manque de diversité de l'organisme mine ses efforts pour assurer la sécurité des Canadiens en créant des angles morts dans la collecte de renseignements.

Le mois dernier, Huda Mukbil, une ancienne employée du SCRS qui cherche maintenant à se faire élire au NPD fédéral, a déclaré que le manque de diversité au SCRS est la raison pour laquelle les membres de la communauté musulmane ne pensent pas pouvoir faire confiance à l'organisation pour s'attaquer aux menaces que représente l’extrême droite.

Un porte-parole de la haute direction du SCRS a déclaré que celle-ci avait commencé à élaborer une stratégie de diversité et d'inclusion l'année dernière pour résoudre le problème.

Selon Mme Musaji, qui est musulmane, d’anciens collègues au SCRS lui ont affirmé que le changement met du temps à arriver.

Nous avons effectivement un problème de racisme systémique, a-t-elle déclaré. Mais il va y avoir du changement.

Mmes Hannah et Musaji ne sont pas d’accord avec ceux qui affirment que le renseignement a des angles morts dans ses recherches. Elles ont insisté sur le fait que l’agence prend toutes les menaces au sérieux. Elles s'accordent pour dire qu’une plus grande diversité dans les rangs de l’agence ne peut qu'aider le SCRS à accomplir sa mission.

L'objectif est d'atténuer nos préjugés inconscients et de nous rendre meilleurs, a déclaré Mme Hannah.

Les deux directrices espèrent également que la diversification du recrutement permettra d'améliorer les relations du SCRS avec les différentes communautés et de convaincre davantage de Canadiens de signaler toute activité suspecte.

Nous ne sommes pas satisfaits et nous essayons d’[améliorer la situation], a déclaré Mme Hannah. Certaines minorités visibles se sentent nerveuses [...]. C'est notre travail de stabiliser [la relation].

Avec les informations de CBC News

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