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Attaque du pétrolier Mercer Street : l'Iran pointé du doigt

La communauté internationale se concerte pour adopter une réplique « appropriée et imminente », a affirmé le secrétaire d'État américain.

Le pétrolier Mercer Street.

Le Mercer Street, un pétrolier géré par Zodiac Maritime, a été attaqué au large de la côte d'Oman. Il est ici photographié au Cap, en Afrique du Sud, en 2015.

Photo : Reuters / JOHAN VICTOR

Agence France-Presse

La communauté internationale accuse l'Iran d'être responsable de l'attaque meurtrière contre un pétrolier géré par un milliardaire israélien en mer d'Oman. Les États-Unis « sont certains que l'Iran a mené l'attaque », a fait savoir dimanche le secrétaire d'État Antony Blinken, rejoignant ainsi Israël et le Royaume-Uni.

Jeudi, le pétrolier Mercer Street a été la cible d'une attaque au drone en mer d'Oman, selon l'armée américaine dont plusieurs navires sont présents dans la région.

L'attaque, qui n'a pas été revendiquée, a fait deux morts; un Britannique employé par la société de sécurité Ambrey, et un membre d'équipage roumain, selon l'armateur Zodiac Maritime, une société internationale basée à Londres et gérée par Eyal Ofer.

Après avoir passé en revue les informations à notre disposition, nous sommes certains que l'Iran a mené cette attaque, qui a fait deux victimes innocentes, en utilisant des drones explosifs, une arme meurtrière de plus en plus employée dans la région.

Une citation de :Antony Blinken, secrétaire d'État américain, par voie de communiqué

Washington se concerte avec les gouvernements dans la région et au-delà pour une réplique appropriée et imminente, ajoute M. Blinken.

Il n'y a aucune justification à cette attaque, qui suit une série d'attaques et de comportements agressifs, condamne-t-il.

L'Iran, grand rival d'Israël, a nié toute implication dans cette affaire. Le régime sioniste doit cesser de lancer de telles accusations infondées, a déclaré dimanche le porte-parole de sa diplomatie Saïd Khatibzadeh lors d'une conférence de presse à Téhéran.

L'Iran n'hésitera pas un instant à défendre ses intérêts et sa sécurité nationale, a-t-il ajouté.

Une action délibérée

Israël a soutenu dimanche détenir des « preuves » de l'implication de son rival. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, a accusé vendredi la République islamique d'être un exportateur de terrorisme, de destruction et d'instabilité qui fait mal à tout le monde.

Après s'être entretenu au téléphone dans la nuit de samedi à dimanche avec Antony Blinken, il a appelé à une action contre l'Iran à l'ONU.

Londres a estimé que cette action délibérée avait été menée par l'Iran, a affirmé dimanche le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab, appelant ce pays à cesser immédiatement ses actions mettant en danger la paix et la sécurité régionales et internationales.

Il y a des preuves

À Jérusalem, le premier ministre Naftali Bennett, qui a succédé en juin à Benyamin Netanyahou, a répondu de manière sèche et directe au démenti iranien.

Je peux dire avec une certitude absolue que l'Iran a mené cette attaque contre le navire. Il y a des preuves de cela.

Une citation de :Naftali Bennett, premier ministre d'Israël

Nous nous attendons à ce que la communauté internationale signifie clairement au régime iranien qu'il a fait une grave erreur. Dans tous les cas, nous savons comment envoyer un message à l'Iran à notre manière, a ajouté M. Bennett, sans autre précision.

Pour le général à la retraite Yossi Kuperwasser, Israël peut tenter d'accroître la pression mondiale contre l'Iran. Mais il se garde aussi la possibilité d'agir en dehors du champ diplomatique, comme le suggère le premier ministre.

Mon hypothèse est que l'intention est avant tout de continuer à agir contre la présence iranienne en Syrie, a déclaré M. Kuperwasser à la radio militaire israélienne.

La société Dryad Global, spécialisée dans la sécurité maritime, a évoqué de nouvelles représailles dans la guerre de l'ombre que se livrent les deux puissances, en référence à l'Iran et à Israël.

Le navire Mercer Street naviguait sans cargaison de Dar es Salaam en Tanzanie à Fujairah (Émirats arabes unis), quand il a été pris pour cible, selon Zodiac Maritime, qui exploite ce navire japonais battant pavillon libérien, et semble avoir été victime de la dernière manifestation de l'inimitié entre l'Iran et Israël.

Depuis des années, Israël et l'Iran s'affrontent directement ou indirectement au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza palestinienne. Mais ces derniers mois, cette rivalité s'est transposée en mer avec l'émergence d'une mystérieuse série de sabotages et d'attaques.

Escalade des tensions

Le 10 mars, un cargo de la compagnie de transport maritime publique iranienne IRISL, l'Iran Shahr-e-Kord, a été touché à la coque par un engin explosif en Méditerranée. Téhéran avait alors affirmé que tout laisse penser que le régime d'occupation de Jérusalem (Israël dans la phraséologie officielle iranienne, NDLR) est derrière cette opération.

En avril, l'Iran avait annoncé qu'un navire commercial iranien, le Saviz, avait été endommagé en mer Rouge par une explosion d'origine indéterminée. Le New York Times avait alors rapporté que le Saviz avait été visé par une attaque de représailles israélienne après des frappes antérieures de l'Iran contre des navires israéliens.

Pour des analystes, ce bras de fer en mer s'inscrit dans le cadre d'une rivalité plus grande sur la question du nucléaire iranien, Téhéran tentant de faire monter la pression afin d'obtenir un nouvel accord lui étant favorable tandis que l'État hébreu cherche à l'en empêcher.

Les autorités iraniennes ont d'ailleurs accusé Israël à plusieurs reprises d'avoir saboté certaines de ses installations d'enrichissement d'uranium, voire d'avoir assassiné des scientifiques qui seraient liés au développement de ce programme.

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