•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La lutte contre les algues bleu-vert se poursuit grâce au travail citoyen

La problématique des algues bleu-vert dans les lacs du Québec n’a jamais vraiment cessé, malgré le fait que le ministère de l’Environnement n’effectue plus de tests à grande échelle. En 2007, le ministère en avait réalisé 273 sur les lacs du Québec, alors qu’en 2019-2020, ce nombre a été réduit à 6.

Une eau verdâtre.

Les algues bleu-vert sont toujours aussi présentes au Québec.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

Des citoyens bénévoles prennent donc la relève pour assurer le dépistage régulier de leur lac. Ce travail de surveillance est essentiel pour assurer un suivi quotidien de la santé des lacs.

Mariane Paré, mairesse de Dudswell, en Estrie explique que sa municipalité a depuis plusieurs années des citoyens qui sont des sentinelles, qui ont une formation pour les détecter.

D'ailleurs, cet été, c'est le Comité de vigie du Lac qui a transmis des photos à la municipalité montrant la présence d’algues bleu-vert dans le Lac d'argent et le Lac Miroir. Par précaution, la municipalité a procédé à la fermeture de la plage municipale.

Le même constat est ailleurs, comme au Lac Millette, près de Sainte-Adèle dans les Laurentides. Ici aussi, ce sont des bénévoles qui effectuent les tests pour détecter la présence de cyanobactéries.

Or, si à certains endroits il y des associations et des organismes qui prennent en charge les vérifications, ce n’est pas le cas partout. Ça repose sur le dos des bénévoles, des associations de lacs. [...] Mais il y a plusieurs lacs où il n'y en a pas, dit Sébastien Sauvé, professeur en chimie environnementale à l’Université de Montréal.

Depuis 2019, l’Association pour la protection de l’environnement du Lac Millette compte sur le programme Adopte un lac de l’Université de Montréal pour lui fournir des boîtes de tests.

Auparavant, dit Sébastien Sauvé, le ministère le faisait. Il y a 10-12 ans, quand ça faisait la une des journaux, c’est parce que le [ministère] analysait. M. Sauvé s’explique mal pourquoi le gouvernement a délaissé ce genre de dépistage au fil des années : La capacité était là. Donc, la capacité de reprendre un programme similaire existe.

Pour le spécialiste, c’est un manque de volonté politique qui force le ministère de l’Environnement à ne tester qu’en cas de signalement dans un lac où il n’y a pas déjà des échantillons.

Un problème là pour perdurer

Cette surveillance des lacs est d'autant plus importante, dit Béatrix Beisner, professeure au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et directrice du GRIL, le Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie, parce que la contamination des lacs par les cyanobactéries est là pour perdurer.

Les changements climatiques, avec de grosses pluies intenses et des périodes de canicules prolongées, tout cela alimente la croissance des cyanobactéries et algues bleues.

Une citation de :Béatrix Beisner, professeure au Département des sciences biologiques, UQAM

Elle ajoute qu’il faut un meilleur financement pour réaliser ces tests, puisqu’ils nécessitent des connaissances taxonomiques importantes, et pour cela, il faut des spécialistes. De nouveaux tests font même appel à la génomique.

Mme Beisner aime pourtant l’idée des sentinelles citoyennes, parce qu’elles peuvent signaler quand il y a un problème, et récolter des échantillons qui seront analysés pour savoir si c’est vraiment des algues bleues toxiques, parce qu’il y a des algues bleues partout.

La toxicité des algues bleu-vert peut s’avérer très grave pour les humains. Béatrix Beisner précise que les algues peuvent émettre des toxines qui affectent le foie, des neurotoxines qui affectent le fonctionnement du cerveau, de même que relâcher des aérosols. Ce n’est plus alors le simple contact de la peau ou l’ingestion d’eau contaminée qui peuvent entraîner des problématiques, mais aussi par inhalation.

Pour la directrice du GRIL, il faut que les riverains des lacs et tous les citoyens réduisent leur utilisation d’engrais, car tout ce qu’on fait dans un bassin versant autour d’un lac, ça l’affecte, insiste-t-elle.

Les algues sont des plantes, et comme toutes les autres plantes, les engrais contribuent à leur croissance. Elle rappelle également de bien nettoyer les embarcations de plaisance lors des sorties dans différents plans d’eau, de manière à éviter les contaminations d’un lac à un autre.

Avec les informations de Xavier Savard-Fournier.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !