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Plus de 100 000 enfants du Tigré pourraient mourir de malnutrition, selon l'UNICEF

« Nous avons besoin qu’au moins 100 camions se rendent chaque jour dans le Tigré si nous voulons avoir une chance d’inverser la situation catastrophique que nous avons aujourd’hui », affirme un porte-parole du Programme alimentaire mondial.

Un enfant dans un camp de réfugiés.

Des déplacés ont trouvé refuge sur un site de l'Université Aksum à Shire, dans la région du Tigré en Éthiopie.

Photo : Reuters / BAZ RATNER

Radio-Canada

Plus de 100 000 enfants de la région éthiopienne du Tigré, théâtre de combats, sont menacés d’une malnutrition potentiellement mortelle au cours des 12 prochains mois, a rapporté vendredi une porte-parole de l’UNICEF.

Marixie Mercado, de retour du Tigré, a rapporté qu’une femme enceinte ou allaitante sur deux souffrait de malnutrition aiguë, les rendant elles et leurs bébés plus vulnérables aux maladies.

Nos pires craintes concernant la santé et le bien-être des enfants dans cette région du nord de l’Éthiopie en proie aux conflits se confirment, a-t-elle déclaré lors d’une réunion des Nations unies à Genève. Elle a ajouté qu’il n’existait aucune estimation de la mortalité et appelé à un accès sans entrave de l’aide humanitaire et à son augmentation massive.

L'estimation de l'UNICEF, basée sur le dépistage de plus de 430 000 enfants au cours des neuf mois de conflit, intervient après une rare visite dans deux districts du Tigré pratiquement inaccessibles, Gijet et Wajirat.

Si l'accès à l'intérieur du Tigré s'est amélioré en juin, lorsque les soldats éthiopiens se sont retirés et le gouvernement a déclaré un cessez-le-feu unilatéral, l'ONU a tout de même déclaré que les travailleurs humanitaires manquent de moyens pour aider les populations.

« Nous avons été submergés par le nombre de nombre de mères et d'enfants qui se sont présentés et qui voulaient désespérément de l'aide. »

— Une citation de  Marixie Mercado, porte-parole de l’UNICEF

Il s'agirait de la pire crise alimentaire de la décennie, selon les États-Unis, qui estiment que 900 000 personnes sont confrontées à la famine, tandis que les experts internationaux en sécurité alimentaire précisent que la saison cruciale des plantations a été largement manquée en raison de la guerre.

Le président français Emmanuel Macron a pour sa part appelé samedi à une cessation des hostilités dans le nord de l'Éthiopie et à la levée des restrictions sur l'acheminement de l'aide humanitaire au Tigré, à l'issue d'entretiens entre le président français et le premier ministre du Soudan et le premier ministre éthiopien.

Une aide d'urgence

Les combats dans la région ont éclaté entre le gouvernement central éthiopien et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) en novembre dernier. Le TPLF a depuis repris la majeure partie de sa région d’origine, mais l'aide alimentaire demeure bloquée.

Le porte-parole du premier ministre Abiy Ahmed, Billene Seyoum, a déclaré lors d’une conférence de presse cette semaine que toutes les entraves portées aux missions d’aide au Tigré étaient surveillées de près par le gouvernement et dément ainsi vouloir asphyxier le Tigré. Celui-ci a d'ailleurs imputé ce blocage aux forces résurgentes du Tigré, qui ont repris une partie de la région.

Il y a deux semaines, un convoi de plus de 200 camions du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a pu se rendre à Mekelle, la capitale régionale du Tigré, mais selon Tomson Phiri, porte-parole du PAM, c’est une goutte d’eau dans l’océan.

Nous avons besoin qu’au moins 100 camions se rendent chaque jour dans le Tigré si nous voulons avoir une chance d’inverser la situation catastrophique que nous avons aujourd’hui, a-t-il précisé.

Avec les informations de Reuters, et Associated Press

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