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Forêts anciennes : le fragile équilibre de Waterfall

Trois policiers debout devant deux manifestants assis au sol.

En date du 29 juillet, la GRC a procédé à 500 arrestations depuis qu'une injonction empêchant quiconque de bloquer l'accès des travailleurs à la zone d'exploitation forestière a été accordée à l'entreprise forestière Teal-Jones.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Depuis des semaines, la police et les manifestants pour la sauvegarde des forêts anciennes se disputent une portion d’une route forestière de l'île de Vancouver, là où se situe le campement de Waterfall, près du bassin versant de Fairy Creek.

Le chemin pour se rendre au campement est long et particulièrement ardu, mais les manifestants sont motivés et des bénévoles se relaient pour leur acheminer de la nourriture. L’eau est puisée à même la chute qui a valu son nom au camp.

Ce n’est pas facile de se rendre ici, on ne peut pas s’y rendre en voiture. On marche dans les montagnes durant la nuit, dans la pluie, quand il fait chaud et ça fait maintenant quatre mois qu’on est ici, souligne l’agent de liaison avec les forces de l’ordre surnommé Lizard King.

Une jeune femme peint alors que deux autres personnes sont couchées près d'un tronc d'arbre.

Plusieurs manifestants portent des chaînes aux poignets et se tiennent prêts à s'enchaîner dès que nécessaire pour bloquer la route.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

À Waterfall, comme dans plusieurs autres campements autour, la plupart des manifestants se présentent avec un nom de camp inventé de toute pièce afin de protéger leur identité.

Dans les dernières semaines, la GRC a procédé à de nombreuses arrestations dans le secteur et déplacé plusieurs fois la ligne d’exclusion afin de démanteler une partie du campement.

On perd le campement de Waterfall chaque semaine et on le regagne chaque semaine.

Une citation de :Lizard King

La route est bloquée par trois tripodes connectés les uns aux autres desquels sont suspendus deux jeunes femmes. Une personne est couchée dans une tranchée. Un peu plus loin, des gens gardent des chaînes à leurs poignets et se préparent à s’enchaîner à tout moment à un immense tronc d’arbre posé au sol.

Une structure en bois sur une route forestière avec une personne en haut et des policiers au sol.

Trois tripodes en bois ont été installés et s'appuient les uns sur les autres tandis que des personnes y sont perchées pour ralentir le travail des policiers et ainsi bloquer la route forestière.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Lors de notre passage, les agents sur place nous parlent d’une forme de statu quo pour la journée, seule une arrestation a eu lieu un peu plus tôt.

Depuis, les policiers ont procédé à trois arrestations supplémentaires, dont celle d'une personne mineure, portant ainsi à 500 le nombre d’arrestations depuis que la GRC y fait respecter l'injonction obtenue par l’entreprise forestièreTeal-Jones.

Une cohabitation fragile

Comme beaucoup d'autres, Hoola ne se trouve pas sur place dans le but de se faire arrêter, mais plutôt pour soutenir ceux qui défient l'injonction.

Elle reste donc dans la zone d’exclusion et côtoie quotidiennement les agents de la GRC afin d’apporter de la nourriture et de l’eau aux personnes qui sont notamment perchées en haut des tripodes.

Une trompette devant une barricade avec des gens derrière.

Cela fera bientôt un an que les premières barricades ont été érigées dans la région du bassin versant de Fairy Creek.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Je trouve ça impressionnant de voir comment les gens restent solides et continuent. J’espère qu’on va continuer à augmenter et que ça aura sa force au niveau légal, dit-elle.

Elle ne cache pas qu’il peut toutefois y avoir des tensions entre les policiers et les militants, dépendamment des jours et des équipes qui sont sur place de part et d'autre, mais elle assure cependant que, dans l’ensemble, tous souhaitent conserver une bonne entente.

Deux manifestants avec les bras en l'air derrière une ligne jaune avec des policiers en arrière-plan.

Dans les dernières semaines, le campement de Waterfall, situé tout près d'une chute d'eau, a été perdu et repris cinq fois, indiquent les manifestants.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

C’est souvent de la mauvaise communication. Nous sommes deux individus différents, nous voyons une chose, mais nous avons chacun notre point de vue sur la même question, les deux ont raison et ça peut créer des tensions, illustre Hoola.

Les changements de quart de travail des policiers sont souvent propices à une montée des tensions, ajoute-t-elle.

On essaye d’être en bonne relation avec une communication claire et pacifique, explique de son côté Lizard King qui négocie avec la GRC.

On essaye de vivre en paix, mais c’est pas mal intéressant de vivre avec eux.

Une citation de :Lizard King

Ce qu’on voit sur les médias sociaux c'est que oui il y a beaucoup de violence et on voit beaucoup de tension, mais ce qu’on ne voit pas ce sont les conversations qu’on a avec la GRC, des conversations personnelles où on trouve l’humanité entre nous, souligne-t-il.

Malgré le moratoire de deux ans accordé par la province, les manifestants refusent de quitter la forêt avant que celle-ci ne soit complètement protégée.

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