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Le Liban menacé de sanctions pour accélérer la formation d'un gouvernement

Les ruines du port de Beyrouth dévasté par une explosion le 4 août 2020.

Les ruines du port de Beyrouth dévasté par une explosion le 4 août 2020, qui a précipité le pays dans une grave crise politique.

Photo : AFP / JOSEPH EID

Agence France-Presse

L'Union européenne (UE) a annoncé vendredi être prête à imposer des sanctions pour inciter les responsables du blocage politique au Liban à former un gouvernement et à adopter des réformes pour sortir le pays de l'impasse.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE avaient demandé au cours de leur dernière réunion, le 12 juillet, la mise en place d'un cadre juridique pour ces sanctions, qui a été approuvé vendredi, selon un communiqué.

La liste des personnes et des entités qui seront sanctionnées doit encore faire l'objet d'un accord à l'unanimité des 27 pays de l'UE.

Ce cadre juridique donne la possibilité d'imposer des sanctions à l'encontre de personnes et d'entités qui sont responsables de l'atteinte à la démocratie ou à l'État de droit au Liban, est-il précisé dans le communiqué.

Les États-Unis se sont félicités de la décision de l'UE de faire usage de ce moyen important pour faire rendre des comptes aux responsables du monde entier, dans un communiqué commun du chef de la diplomatie Antony Blinken et de la secrétaire au Trésor Janet Yellen.

Les sanctions sont destinées, entre autres choses, à forcer à des changements de comportement et à faire rendre des comptes aux dirigeants corrompus, ont-ils souligné, se disant prêts à coopérer avec l'UE sur le dossier libanais.

La prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE est prévue pour le 21 septembre.

Dans l’attente d’un gouvernement depuis 9 mois

Najib Mikati regarde droit devant lui.

Le premier ministre du Liban, Najib Mikati

Photo : AP / Bilal Hussein

Le nouveau premier ministre libanais désigné, le milliardaire Najib Mikati, 65 ans, a promis mardi de former un nouveau gouvernement dans les plus brefs délais.

Les sanctions européennes viseront les personnes qui feront obstacle à ce processus, selon le communiqué de l'UE.

Elles consistent en une interdiction de voyager dans l'Union européenne et en un gel des avoirs des personnes ainsi que des entités concernées. En outre, il est interdit aux personnes et entités de l'UE de mettre des fonds à la disposition des personnes figurant sur la liste.

L'UE se donne également les moyens de sanctionner les personnes coupables de saper la mise en œuvre des plans approuvés par les autorités libanaises et soutenus par les acteurs internationaux concernés, y compris l'UE, pour améliorer la responsabilité et la bonne gouvernance dans le secteur public ou la mise en œuvre de réformes économiques essentielles, poursuit le communiqué.

Sur ce dernier point, il mentionne les secteurs bancaire et financier, et l'adoption d'une législation transparente et non discriminatoire sur l'exportation de capitaux.

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