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Le niveau de l’eau de la rivière Saint-François particulièrement bas

La rivière Saint-François. L'eau n'atteint pas la berge.

Le niveau de l’eau de la rivière Saint-François, dans le secteur de Sherbrooke, est particulièrement bas cet été.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Radio-Canada

Le niveau de l’eau de la rivière Saint-François, dans le secteur de Sherbrooke, est particulièrement bas cet été. Selon des experts, la situation ne pourrait que s’aggraver dans les prochaines années, notamment en raison des changements climatiques.

Dominick Giguère est propriétaire d’un terrain de camping situé aux abords de la rivière Saint-François depuis 11 ans. Il affirme que c’est la première fois qu’il observe un niveau si bas de la rivière. Moi, ce que je vois, c'est que ça descend toutes les années. [...] Des ados sont arrivés d’East Angus en canot, et en descendant, il y avait trop de roches, ça cognait partout sur les canots, donc ils ont décidé d'arrêter puis de remonter à pied, remarque-t-il.

Selon le professeur spécialisé en ressources hydriques Robert Leconte, les stations de mesure du niveau de l’eau confirment la validité des observations de M. Giguère.

On n'a pas eu beaucoup de neige cet hiver. Donc, peu de neige, cela annonce un été avec des débits globalement inférieurs à la moyenne.

Une citation de :Robert Leconte, professeur spécialisé en ressources hydriques à l’Université de Sherbrooke

Selon lui, il faut s’attendre à ce que le niveau de l’eau demeure bas au cours des prochaines années. Selon l’Atlas hydroclimatique du gouvernement du Québec, le débit de la rivière Saint-François devrait être réduit d'au moins 20 %  en été d’ici trente ans. 

90 % des modèles climatiques indiquent qu'il va y avoir une aggravation, donc des étiages [des baisses périodiques des cours d’eau] plus sévères dans le futur. Ça, c'est un fait. [...] Ce n’est pas systématiquement chaque année qu'on va se retrouver avec des conditions extrêmes, mais la tendance s'en va vers une diminution des débits dans les cours d'eau durant l’été, souligne le professeur.

Il existe des moyens de réduire les impacts de ces étiages, remarque-t-il.

Pour la rivière Saint-François, il y a des barrages qui sont en amont [...] On est en mesure d’ajuster des stratégies de gestion, d’ouverture et de fermeture de vannes, pour contrer les impacts négatifs des changements climatiques. Cependant, ces stratégies ont certaines limites, précise-t-il.

La majorité des rivières du sud du Québec touchées

La tendance toucherait la majorité des rivières du sud du Québec, explique Julie Grenier, une biologiste pour le Conseil de la gouvernance de l’eau des bassins versants de la rivière Saint-François.

Ça fait longtemps qu'on nous le dit, que les changements climatiques vont avoir un impact sur tous les réseaux hydriques. Mais là, on en a vraiment la preuve d'une année à l'autre.

Une citation de :Julie Grenier, biologiste pour le Conseil de la gouvernance de l’eau des bassins versants de la rivière Saint-François.

Les impacts de ces changements pourraient être importants. Dans un premier temps, on s'inquiète pour nos activités humaines. Les sources d'eau potable, les activités récréatives, l'apparition de plantes aquatiques en plus grande quantité qui vont profiter de la chaleur des plans d'eau, craint la biologiste.

Protéger les milieux humides

Selon le professeur Alain Mailhot, membre de l’Institut national de recherche scientifique, il est important de commencer par protéger les milieux humides qui approvisionnent les rivières lorsque leur niveau d'eau est bas.

Si on fait un aménagement du territoire que je pourrais qualifier d'irresponsable, combiné avec les changements climatiques, vous voyez que ça peut nous mettre dans des situations très difficiles, très délicates, soutient-il.

Les experts et les organismes environnementaux espèrent que la baisse du niveau de l’eau dans les rivières incitera les décideurs à être proactifs dans le cadre de la lutte aux changements climatiques.

Avec les informations de Thomas Deshaies

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