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Rassemblement à la mémoire de la 14e victime de féminicide de l'année au Québec

Des femmes tiennent des pancartes avec des slogans dénonçant la violence contre les femmes lors d'une manifestation.

Des dizaines de personnes se sont rassemblées, vendredi, dans le quartier Parc-Extension à Montréal, à la mémoire de Rajinder Prabhneed Kaur, la victime du 14e féminicide de l'année au Québec.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Presse canadienne

Des dizaines de personnes se sont rassemblées, vendredi, dans le quartier Parc-Extension à Montréal, à la mémoire de Rajinder Prabhneed Kaur, la victime du 14e féminicide de l'année au Québec.

Personne n'est en sécurité tant que nous ne sommes pas toutes en sécurité! et Brise le silence! Arrête la violence!, pouvait-on lire sur les pancartes des manifestantes, en grande majorité des femmes originaires de l'Asie du Sud.

La manifestation était organisée par le Centre communautaire des femmes sud-asiatiques (CCFSA) et soutenue par le Comité d'action de Parc-Extension (CAPE).

Nous sommes les canaris dans la mine qui disent que cela doit cesser, a déclaré Dolores Chew, membre fondatrice du CCFSA et enseignante en études sur le genre au collège Marianopolis, pour qui la violence contre les femmes est un problème de société qui demande une solution de société.

Nous avons besoin de plus de places en refuge, de plus de maisons d'hébergement transitoires, a-t-elle défendu lors de la manifestation, ajoutant qu'il faut un effort concerté pour mettre fin à la violence basée sur le genre, et cela commence avec l'éducation, à partir de la garderie.

Appel au gouvernement

Mme Chew s'est cependant dite fâchée contre les politiciens et le gouvernement qui parlent beaucoup et lancent quelques millions de dollars à gauche et à droite, mais qui ne s'attaquent pas aux racines systémiques et sociétales du problème.

On ne peut pas bâtir une fondation sur un marais, a renchéri Svetlana Chernienko, une survivante de violence domestique qui milite depuis des années pour un changement des lois entourant ce type d'abus. Le gouvernement est encore en train de créer des services et des programmes, et cela ne change toujours rien.

L'histoire de Rajinder Prabhneed Kaur, tuée par son ex-conjoint alors qu'il faisait l'objet d'un ordre de la Cour de ne pas s'approcher d'elle, est pour Mme Chernienko un rappel de sa propre expérience, il y a 20 ans. J'ai été abandonnée par le système de justice. J'avais trois ordonnances de la Cour et mon abuseur est quand même venu chez moi.

Selon elle, le gouvernement a fait défaut à Mme Kaur, ainsi qu'à 13 autres femmes en 2021.

Le nom (et la photo, le cas échéant) des 13 autres victimes.

Treize autres femmes ont été assassinées depuis le 1er janvier sur le territoire québécois.

Photo : Radio-Canada

Des immigrantes isolées

Des femmes immigrantes qui subissent de la violence conjugale, comme Mme Kaur, se retrouvent souvent dans des positions encore plus vulnérables, alors qu'elles n'ont pas toujours de réseau de soutien, font face à des barrières linguistiques et ne connaissent pas le système de justice.

Avec le rassemblement de vendredi, nous voulons aussi faire savoir aux membres de notre communauté que nous sommes là, que nous parlons différents langages sud-asiatiques et que nous sommes là pour les aider, a expliqué Mme Chew au sujet du CCFSA.

Nous avons les ressources pour aider les personnes en crise à connaître leurs droits et à naviguer [dans] le système, a ajouté sa collègue Juvaria Yasser.

De plus en plus de féminicides

En 2019, 11 femmes ont été tuées par des hommes au Québec, selon des données de l'Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilisation. En 2020, ce nombre avait presque doublé, atteignant 21. Avec 14 féminicides en sept mois, l'année 2021 s'annonce encore plus meurtrière.

Le confinement est reconnu par de nombreux experts et intervenants du milieu comme l'une des causes principales de cette augmentation, alors que les conjoints violents bénéficient d'un contrôle accru sur leurs victimes.

L'étape de la séparation, où l'agresseur sent qu'il perd ce contrôle, est souvent la plus dangereuse pour les femmes qui cherchent à fuir leur relation, une inquiétude soulevée par plusieurs organismes en vue du déconfinement.

Rajinder Prabhneed Kaur était âgée de 32 ans et avait deux enfants âgés de 5 et 7 ans. Elle a été retrouvée morte dans son appartement de Parc-Extension le 19 juillet dernier.

Son meurtrier et ex-conjoint, Navdeep Gohtra, était en attente de procès pour menaces à son encontre.

La dépouille de M. Gohtra a été retrouvée mercredi dans la rivière des Prairies. Il avait auparavant confessé son crime dans une vidéo envoyée à sa famille en Inde.

Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez composer le 1 800 363-9010 pour une assistance immédiate. La ligne téléphonique de SOS violence conjugale est entièrement confidentielle et accessible 24 heures sur 24.

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