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Chronique

Chiiild, l’enfant prodige de Montréal qu’on ne peut plus ignorer

Un homme qui porte une casquette regarde sur le côté.

Le Montréalais Yonatan Ayal, alias xSDTRK, est la voix de Chiiild.

Photo : Facebook/Chiiild

Félix B. Desfossés

Des artistes de Montréal qui cumulent plus de 20 millions d’écoutes sur Spotify, en connaissez-vous beaucoup? Ceux et celles qui atteignent ce genre de succès, on peut les compter sur ses 10 doigts. Des artistes d’ici qui ont travaillé en studio avec David Guetta, Lady Gaga ou encore Bruno Mars, il n’y en a pas, sauf Pierre-Luc Rioux, guitariste et réalisateur. Après des années dans l’ombre des grands noms américains de la pop, il lance avec son partenaire Yonatan Ayal – un Montréalais lui aussi – le premier album de leur projet Chiiild.

Hope for Sale

Rioux, trentenaire, partage sa vie entre Montréal et Los Angeles. Bien que ses accords résonnent sur des dizaines et des dizaines de succès commerciaux, de Justin Bieber à Charlotte Cardin en passant par Katy Perry et Céline Dion, il est d’une humilité à la fois déconcertante et inspirante. On en comprend qu’il a les yeux tournés vers l’avenir, pas vers le passé. Il rêve de se spécialiser en réalisation studio et désire profondément allier la pop à la musique plus cinématographique.

C’est un pari réussi sur Hope for Sale, premier album de Chiiild, paru le 23 juillet. Les lignes mélodiques ultra-accrocheuses s’y mélangent à des envolées orchestrales grandioses ainsi qu’à des textures vaporeuses, flottantes, tout ça derrière la voix chaude et émouvante de son complice Ayal (alias xSDTRK). Et le groove n’est jamais bien loin : de grosses basses funky nous attendent au détour. Cet amalgame unique, ils le baptisent « synthetic soul  »; c’était d’ailleurs le titre de leur premier microalbum.

Des clubs de Montréal à Jimmy Kimmel Live!

Quand Pierre-Luc Rioux résume son parcours musical, on comprend tout de suite comment il en est venu à mettre au point cette recette.

2004 : je joue dans les clubs à Montréal. J’accompagne des DJ de musique house, électronique et EDM [electronic dance music] à la guitare, sur scène. Bien que David Guetta ne soit pas encore très connu à cette époque, je joue par-dessus certaines de ses tracks. En 2011, je rencontre par hasard à Montréal un proche collaborateur de David Guetta. Je lui mentionne que, si jamais ils ont besoin d’un guitariste, je suis disponible. À ma grande surprise, ils me rappellent. Je joue sur le succès Titanium. Je fais le full circle de jouer par-dessus sa musique sur scène à jouer avec lui en studio! Je commence à recevoir des offres de la part d’autres artistes pour contribuer à leurs enregistrements. 2015 : je déménage à L.A.. En 2021, je lance mon premier album avec Chiiild, synthétise-t-il. Et au milieu de cette ascension fulgurante, il s’est spécialisé en composition de musique sur image (pour la télévision, le cinéma ou les jeux vidéo) au studio Dazmo de Montréal. 

Dès la sortie du premier microalbum de Chiiild, paru en 2020, le succès a été au rendez-vous. La pièce Pirouette, à elle seule, cumule plus de 9 millions d’écoutes sur Spotify. D’ailleurs, le duo a été invité à jouer cette pièce, ainsi que son nouveau simple, Sleepwalking, à l’émission de fin de soirée américaine Jimmy Kimmel Live! sur ABC en juin dernier. Rien que ça!

Alors, pourquoi le nom du groupe n’est-il pas sur toutes les lèvres au Québec? C’est dur à dire. On est sur plusieurs playlists d’artistes canadiens et montréalais sur les plateformes d’écoute. C’est peut-être parce qu’on n’a pas encore fait beaucoup de télévision au Québec, explique Rioux. C’est vrai que la télévision contribue encore fortement à cristalliser la présence des artistes dans la conscience collective. Il est vrai aussi que Chiiild fait partie de l’écurie de l’étiquette Avant Garden, division d’Island Records, dont le marché cible principalement l’Amérique du Nord anglophone. L’explication est donc toute simple : il n’y a pas eu de grande campagne publicitaire francophone visant le marché québécois afin de faire découvrir au public et aux médias d’ici ce petit bijou local.

Un homme qui porte des lunettes et une chemise pose sur un fond rose.

Le guitariste et réalisateur Pierre-Luc Rioux

Photo : Facebook/Pierre-Luc Rioux

Le corridor

Joint au téléphone à son appartement de Los Angeles, Pierre-Luc Rioux se remettait de la soirée du lancement américain de Hope for Sale, le 21 juillet. D’autres artistes de Montréal étaient sur place : les gars du groupe Planet Giza. Y a-t-il déjà une forte connexion Montréal–L.A.? Oui, affirme Pierre-Luc. Mais l’industrie musicale est peut-être 100 fois, voire 1000 fois plus grosse ici! Il y a des tonnes d’opportunités. Mon rêve, mon objectif, c’est de créer un véritable corridor créatif entre Montréal et Los Angeles.

Et pour continuer l’ingénierie de ce pont sur lequel il travaille depuis des années, Chiiild viendra lancer son album le 22 septembre prochain à L’Astral, à Montréal. 

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