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De nouveaux joueurs dans le marché de la téléphonie mobile de l’Est-du-Québec

Une tour de télécommunications pourvue d'antennes.

Cogeco, Vidéotron et Xplornet Communications vont faire leur apparition en Gaspésie et sur la Côte-Nord (archives).

Photo : iStock

Cogeco, Vidéotron et Xplornet Communications vont faire leur apparition dans le marché de la téléphonie mobile de l’Est-du-Québec, après l'achat respectif de licences pour le spectre de la bande de 3500 MHz, leur permettant ainsi d'opérer la 5G.

Dans la zone de service de Matane, qui couvre l’entièreté de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Telus partage maintenant le spectre de la bande avec Cogeco, Vidéotron et Xplornet Communications.

Sur la Côte-Nord, les zones de service de Baie-Comeau et de Port-Cartier–Sept-Îles vont voir aussi l’apparition de ces trois entreprises sur le marché.

Dans le Bas-Saint-Laurent, Xplornet Communications entre aussi en scène par les zones de service de Rimouski, de Mont-Joli et de Rivière-du-Loup.

Les enchères du spectre de cette bande, essentielle pour les réseaux sans fil de cinquième génération, ont pris fin jeudi et ont permis au gouvernement fédéral de récolter 8,9 milliards de dollars.

Le spectre de la bande de 3500 MHz est essentiel, car les fournisseurs de service s'en servent pour bâtir leur réseau 5G. De plus en plus d'équipements technologiques devraient tôt ou tard utiliser cette fréquence.

La bande de 3500 MHz, qualifiée de portée moyenne, est utile autant en ville qu'en région rurale en raison de sa capacité à parcourir de longues distances et à traverser les bâtiments.

Mettre fin au monopole

Actuellement, seules les entreprises Telus et Bell - ainsi que leurs sociétés affiliées - exploitent un service de téléphonie mobile en Gaspésie et sur la Côte-Nord.

Dans ces deux régions, Telus est la seule à disposer d’infrastructures qu’elle met à la disposition de Bell.

Daniel Gignac, vice-président exécutif à Télécommunications de l’Est, a participé à l'encan du spectre de la bande de 3500 MHz. Il s’attend à ce que ces nouveaux joueurs offrent rapidement des services dans l’Est-du-Québec.

Les entreprises qui ont obtenu une ou plusieurs parties du spectre de la bande ont l’obligation de déployer un service, à un certain pourcentage de la population desservie, dans les cinq années qui suivent, explique-t-il.

Les nouveaux joueurs bénéficient d'une règle du gouvernement fédéral qui permet aux entreprises qui possèdent une licence d'étendre leur service sur les infrastructures d'entreprises concurrentes.

Daniel Gignac prédit que cette situation de monopole dans laquelle se trouve Telus devrait prendre fin d’ici quelques années.

Baisse des prix peu probable

Cependant, Daniel Gignac ne croit pas que les prix de la téléphonie cellulaire baissent éventuellement, malgré cette hausse de la compétition.

Le Canada est le pays dans lequel les fréquences se sont vendues le plus cher dans le monde, explique-t-il.

Selon lui, les entreprises de télécommunications ne comptent pas descendre leur prix, justement à cause du montant qu’elles ont déboursé pour obtenir ces licences.

Le coût de ces fréquences ne sera pas pour faire baisser le coût du cellulaire au Canada, prédit-il.

Le prix élevé payé aux enchères par les entreprises de télécommunications s’expliquerait, d’après lui, par la forte marge de profit qu’elles peuvent dégager une fois leur service mis en place.

Fort intérêt pour la région

Une particularité de l’encan du spectre de la bande de 3500 Mhz de cette année est le découpage du territoire.

Le pays a été divisé en 172 régions : c’est la fois où ça a été divisé en le plus de zones, raconte Daniel Gignac.

Pour sa part, le Québec était divisé en près de 50 régions, une forte augmentation par rapport à certains encans précédents, où la province était divisée en seulement trois zones.

Ça a donné beaucoup plus de latitude pour certains joueurs à acheter les fréquences par région, explique M. Gignac. Comme les régions sont plus petites, il y a des joueurs qui vont devoir déployer leurs services sur des territoires pour lesquels il ne déployait pas leurs services jusqu'ici.

Il note d’ailleurs un fort intérêt des entreprises pour les licences dans l’Est-du-Québec.

Le prix des licences a vraiment été exorbitant : nos régions ont pratiquement été les endroits au Canada où ça a été le plus dispendieux. Par exemple, une partie du spectre de la bande a coûté jusqu’à sept fois plus cher à Rimouski qu’à Terre-Neuve.

Il note malgré tout que le Québec est un des endroits au Canada où la téléphonie mobile est la moins chère.

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