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Naissance d’une Fête nationale : le Canada célèbre son premier Jour de l'émancipation

Le 1er août 1834, la loi sur l’abolition de l’esclavage est entrée en vigueur dans l’Empire britannique.

Des manifestants dans la rue.

Plusieurs activités sont organisées à Toronto dans le cadre de cette célébration.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Le Jour de l'émancipation était déjà célébré dans plusieurs villes à travers le pays, mais jamais comme une fête reconnue par le Canada.

La décision de célébrer nationalement le Jour de l'émancipation remonte au 24 mars 2021 après un vote à l’unanimité à la Chambre des communes. C’est le 1er août 1834 que la Slavery Abolition Act, la loi sur l’abolition de l’esclavage, est entrée en vigueur dans l’Empire britannique.

La Torontoise Édith Taki pense que souligner cet événement est une façon de rappeler aux Canadiens que tous devraient se sentir concernés par la lutte pour la liberté des Noirs et des Autochtones.

Ça change beaucoup de choses le fait que ce soit désormais une célébration nationale. Une question aussi importante est le problème de tout le monde, souligne-t-elle.

Édith Taki debout devant un arbre.

Édith Taki est Secrétaire générale de Akwaba Community, une organisation qui se consacre au soutien des membres de la communauté francophone d’Afrique au Canada.

Photo : Fournie par Édith Taki

Tout ce qui est patrimoine canadien nous appartient.

Une citation de :Édith Taki

Audrey Tatiotsop, Torontoise d’origine camerounaise, conçoit aussi le Jour de l'émancipation comme un symbole de la liberté. Ça célèbre la représentation de ce qu’est vraiment la liberté des Noirs et met en valeur la force et la persévérance des communautés noires et autochtones au Canada, dit-elle.

Mme Tatiotsop considère également la journée du 1er août comme un jour de commémoration de ceux qui se sont battus pour obtenir l’abolition de l’esclavage.

Audrey Tatiotsop

Audrey Tatiotsop

Photo : Fournie par Audrey Tatiotsop

Nous sommes très chanceux qu’on ait eu des Noirs et des Autochtones braves qui ont lutté pour notre liberté.

Une citation de :Audrey Tatiotsop

Selon Édith Taki, le Jour de l'émancipation c’est aussi l’ occasion de s’interroger sur les acquis de l’abolition de l’esclavage. Oui, j’ai la peau noire, j’ai été esclave. Aujourd’hui, je suis libre, mais comment je vis cette liberté-là? Suis-je vraiment libre parce qu’on a aboli l’esclavage?, s’interroge-t-elle.

Mme Taki pense que ce questionnement devrait faire l’objet de discussions continues pour ne pas perpétuer l’esclavage sous d’autres formes. Malgré l’abolition de l’esclavage, on constate que le racisme persiste et que les Noirs sont victimes de situations déshonorantes, explique-t-elle.

Elle appelle les Noirs en général et les femmes noires à se considérer comme réellement émancipés. Pour ce qui est de la coiffure [par exemple], la femme reste plus ou moins liée à l’image de la femme européenne. On ne se sent pas à l’aise quand on n’a pas des cheveux lisses ou quand on a la peau trop noire, fait-elle observer.

Pour donner plus de sens au Jour de l'émancipation, Édith Taki appelle à la sensibilisation des jeunes Noirs et Autochtones. J’enseigne à mes enfants qu’ils sont libres aujourd’hui et qu’ils [doivent] vivre pleinement cette liberté-là, dit-elle. Nous la célébrons, non pas pour continuer à pleurer encore sur ce qui s’est passé, mais pour en tirer des leçons et avancer.

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