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150 ans du Traité no 1 au Manitoba : promesses de réconciliation

Un groupe de personnes jouent du tambour, et les drapeaux sont levés.

Une levée des drapeaux symbolique a eu lieu lors des célébrations. On y retrouve le drapeau canadien ainsi que quatre des sept drapeaux des Premières Nations signataires du Traité no 1.

Photo : Radio-Canada / Mina Collin

Des célébrations ont eu lieu mardi au site historique national de Lower Fort Garry, où le Traité no 1 a été signé il y a 150 ans, le 3 août 1871, par des représentants de la Couronne, de la nation Anishinabe et de la nation Moskégonne du sud du Manitoba.

Des représentants de tous les partis étaient présents afin de célébrer le 150e anniversaire de la relation que représente le Traité no 1.

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Manitoba, Wab Kinew, a été appelé à animer les cérémonies. Selon lui, cette commémoration est importante parce qu'elle permet de se souvenir de l'histoire des peuples autochtones et de poursuivre les efforts de réconciliation pour l'avenir.

Wab Kinew se tient devant une murale.

Wab Kinew se tient devant une murale du Traité no 1 qui a été spécialement inaugurée lors des célébrations.

Photo : Radio-Canada / Mina Collin

Avec tout ce qui est arrivé cet été, avec les découvertes sur les pensionnats pour Autochtones et toutes les émotions que les Canadiens ont vécues lors de ces annonces, je pense que cette journée est une journée très importante pour travailler ensemble et, surtout, pour créer un avenir qui satisfait tout le monde ici présent, a-t-il souligné.

Plusieurs représentants étaient sur place pour se rappeler l’évolution des relations entre le gouvernement canadien et les peuples autochtones touchés par ce traité.

Le chef Dennis Meeches, porte-parole de la société Treaty One Nation, explique que les liens de confiance entre les Premières Nations et Ottawa se sont rompus avec le temps.

Nous avons dû relever plusieurs défis depuis la signature du traité, tels que la législation et les politiques qui ont essentiellement cherché à détruire ce que nous sommes à bien des égards, dit-il. Les gouvernements doivent reconnaître ce fait historique.

Sur place, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a pris la parole et a reconnu que la Couronne n’avait pas tenu ses promesses à l’égard des peuples autochtones.

L’esprit des traités était un esprit de coopération et de respect, et ça n'a pas été le cas au cours des années, a-t-il reconnu. C’est en le reconnaissant qu’on pourra aller de l’avant.

Le grand chef Arlen Dumas en habit traditionnel.

« Le gouvernement devrait nous écouter et suivre les conseils des dirigeants des Premières Nations », a affirmé le grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba, Arlen Dumas. « Nous connaissons nos communautés, nous savons qui nous sommes et nous réussissons parfaitement lorsque nous avons l'occasion de gérer et de nous occuper de nos propres affaires. »

Photo : Radio-Canada / Mina Collin

Selon Arlen Dumas, récemment réélu grand chef à l'Assemblé des chefs du Manitoba, cette déclaration du gouvernement fédéral n'était pas surprenante, puisqu'il juge que c'est une situation flagrante depuis 150 ans.

Malheureusement, le gouvernement fédéral et la province n'ont pas respecté l'importance de ces documents et la façon dont ils sont censés guider nos relations, a-t-il déploré.

Des efforts pour une réconciliation

Selon Dennis Meeches, il y a eu une prise de conscience chez les Canadiens au cours des derniers mois. Il estime que l’histoire du Traité no 1 devrait être rendue plus accessible et qu’ainsi tous pourraient reconnaître les devoirs qu’a le Canada à l’égard des Autochtones.

Dennis Meeches parle à Alan Lagimodière.

Dennis Meeches en conversation avec Alan Lagimodière, ministre de la Réconciliation et des Relations avec les Autochtones au niveau provincial, lors des célébrations.

Photo : Radio-Canada / Mina Collin

Le traité est aujourd'hui pertinent et doit être protégé, souligne-t-il. Nous avons besoin que plus de gens comprennent que le Canada a certaines responsabilités qu'il doit remplir. Cela commence par la Commission de vérité et réconciliation et la mise en place de toutes les recommandations qui ont été faites dans ce rapport.

Dennis Meeches estime qu'il reste encore beaucoup à faire de ce côté, tant sur le plan économique qu'en matière de rétablissement des langues, des traditions et des terres. Selon lui, tout débutera par le renforcement de cette relation de partenariat qui découle de la signature du Traité no 1.

Marc Miller regarde une femme autochtone qui tenait à la remercier.

Une femme autochtone qui était assise à côté du ministre Marc Miller durant les discours a tenu à le remercier de reconnaître la douleur et la souffrance de ses pairs.

Photo : Radio-Canada / Mina Collin

Le gouvernement fédéral s'est d'ailleurs engagé à renforcer ces relations et à tenir ses promesses.

Maintenant que l'on sort de la pandémie, il est temps de passer à ces engagements que nous avons faits. On a entendu aujourd’hui haut et fort l’importance de rebâtir cette relation en fermant ce gouffre qui existe [au niveau socioéconomique] en éducation, en santé et en infrastructure. C'est un écart qui continue entre les peuples autochtones et non autochtones, a affirmé le ministre.

Notre gouvernement investit des sommes historiques, on ne peut pas le nier, mais il reste beaucoup à faire.

Une citation de :Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones

Un message d'espoir émanait des différents discours mardi : l'espoir de consolider cette relation et de travailler ensemble afin de bâtir un Canada qui respecte les intérêts de tous.

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