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Enlèvement à Montréal : la juge veut des détails sur le contexte familial des accusés

L’affaire comporte une « toile de fond culturelle, sociétale qui ne peut pas être extirpée du dossier », estime la juge.

Deux avocats marchent devant le palais de justice de Montréal.

La juge Joëlle Roy veut en savoir plus sur le milieu de vie de la victime et de certains coaccusés (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Confrontée à un dossier « singulier », la juge Joëlle Roy repousse à mercredi et à vendredi prochains l’enquête sur remise en liberté des trois coaccusés impliqués dans l’enlèvement d’une adolescente qui a provoqué l’envoi d’une alerte Amber en début de semaine.

Je dois avoir un portrait global de la famille, a-t-elle ajouté, en précisant qu’elle aimerait entendre les parents de la jeune femme et consulter la déclaration intégrale faite par la victime aux policiers en plus d'obtenir davantage d'informations sur le contexte culturel du dossier.

Deux des coaccusés dans cette affaire sont les frères aînés de la victime, dont l’identité fait l’objet d’une ordonnance de non-publication puisque la victime est mineure. La juge Roy devait se prononcer vendredi sur la remise en liberté du plus jeune des deux frères, âgé de 21 ans.

La Couronne a plaidé qu'il devrait demeurer détenu en raison de la gravité du crime et du contrôle qu'il exerce sur la victime alléguée.

Les trois jeunes hommes – accusés d’avoir enlevé la jeune fille sur son lieu de travail lundi soir – vont rester derrière les barreaux avant d'être de retour en cour le mercredi 4 août, puis le vendredi 6 août pour savoir s’ils pourront recouvrer leur liberté en attendant de subir leur procès.

Un milieu de vie très stricte, décrit la Couronne

Même si la juge a demandé à avoir plus de détails sur le contexte entourant le milieu de vie de la victime et certains coaccusés, la Couronne avait déjà commencé, jeudi, à peindre un portrait de la situation.

Lors de l’ouverture de l’enquête sur remise en liberté, elle a fait valoir que les frères de la victime étaient extrêmement contrôlants avec elle. Le procureur Bruno Ménard a révélé en cour que la victime alléguée devait remettre son argent à ses frères, qu'elle devait s'habiller comme ses frères l'exigeaient et qu'elle n'avait pas le droit de vapoter.

Selon Me Ménard, la jeune fille a raconté aux policiers que ses frères épiaient ses messages textes et coupaient fréquemment le signal Internet à la maison, ce qui lui avait causé des échecs scolaires.

C'est une situation qui perdurait depuis quelques mois et avec l'accord de la mère, selon la Couronne.

La victime alléguée aurait quitté le domicile de la mère pour aller vivre avec son père à la suite d'une dispute. Les frères croyaient qu'il était de leur devoir de la ramener de force chez la mère, a également relaté la Couronne.

La juge Roy a d'ailleurs souligné qu'elle aimerait savoir si la Direction de la protection de la jeunesse était impliquée de quelconque manière.

Lors des événements de la nuit de lundi à mardi, Me Ménard a déclaré que, selon le témoignage de la victime, un de ses frères lui aurait dit : si tu vas voir la police, ne t'inquiète pas, j'ai plus d'une façon de te mettre une balle dans la tête après l'avoir forcé à monter dans un véhicule avec les autres coaccusés.

Craignant pour la sécurité de la jeune fille, des enquêteurs des crimes majeurs avaient lancé une alerte Amber en matinée, mardi. La victime s'est alors présentée peu de temps après à un poste de quartier du SPVM.

La défense a plaidé qu’il s’agit d’un incident malheureux qui a pris une ampleur disproportionnée en raison de l’alerte Amber. Elle insiste sur le fait que l'un des accusés, le plus jeune frère de la victime, n'a aucun antécédent criminel.

Avec les informations de La Presse canadienne

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