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Marcher de la Saskatchewan vers Ottawa pour guérir des pensionnats

Patricia Ballantyne est sur le bord de la route avec une plume d'aigle dans la main.

Patricia Ballantyne parcourt plus de 3000 km entre la Saskatchewan et l'Ontario pour guérir des traumatismes laissés par les pensionnats.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Radio-Canada

Patricia Ballantyne, une survivante des pensionnats pour Autochtones, marche depuis près de deux mois pour guérir ses traumatismes et dénoncer les « injustices commises » par l’Église et le gouvernement à l’égard des peuples autochtones.

Vendredi, la membre de la Première Nation Crie de Lac Deschambault marchait en direction de Timmins.

Partie de l’ancien pensionnat de Prince Albert, en Saskatchewan, où elle a été placée pendant 10 ans, l'instigatrice de la Marche du chagrin (Walk of Sorrow) souhaite rejoindre Ottawa d’ici la fin d'août pour rencontrer des dirigeants politiques.

La découverte des 215 sépultures d’enfants autochtones à Kamloops a réveillé les souvenirs de mon enfance. Je devais faire quelque chose pour moi, alors j’ai décidé de marcher, confie Patricia Ballantyne.

Patricia Ballantyne marche sur le bord de la route avec une plume d'aigle à la main.

Patricia Ballantyne (à droite) estime que les mauvais traitements dont elle a été victime dans les pensionnats la hantent encore.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Rencontres politiques

À la fin de cette marche de plus de 3 000 km, Patricia Ballantyne espère que des dirigeants politiques voudront bien s’asseoir avec elle.

Ils doivent nous écouter, entendre nos histoires et comprendre les conséquences du système sur notre peuple, martèle la survivante de l’ancien pensionnat de Prince Albert.

Patricia Ballantyne demande notamment une révision du système de protection de l’enfance. Le contrôle doit revenir à notre peuple pour que nous puissions élever nos propres enfants.

Je marche pour ces enfants disparus, pour tous les survivants des pensionnats, les survivants de la rafle des années 60. Toutes ces politiques continuent de nous faire souffrir aujourd’hui.

Une citation de :Patricia Ballantyne

Le groupe de la Marche du chagrin a déjà eu l’occasion d’effectuer une rencontre politique avec RoseAnne Archibald, cheffe de l’Assemblée des Premières Nations, jeudi soir à Cochrane.

J'ai exprimé ma gratitude du fond du cœur pour la nature spirituelle de leur marche. [...] Si vous les voyez sur l'autoroute, donnez-leur un coup de klaxon et soutenez-les dans leur courageux et affectueux voyage de guérison, a écrit la cheffe sur son compte Facebook à la suite de cette rencontre.

Multiples soutiens

Au fur et à mesure, plusieurs personnes se sont jointes ponctuellement à la marche, comme Dawson Straightnose de la Première Nation Cote, en Saskatchewan.

Mes parents et mes grands-parents sont des survivants des pensionnats pour Autochtones. Je marche pour eux, explique le jeune de 16 ans.

Dawson Straightnose pose à côté d'une voiture sur laquelle il est inscrit en anglais : Marche du chagrin, tous les enfants comptent.

Dawson Straightnose a rejoint la Marche du chagrin de Patricia Ballantyne.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Cette marche est aussi pour lui un moyen de guérir de sa dépression. C’est une marche de guérison, je suis heureux d’être ici, souffle-t-il.

Depuis le début de la marche, Patricia Ballantyne se réjouit d’avoir bénéficié d'un soutien extraordinaire.

Les communautés des Premières Nations ont toutes été très accueillantes. Ils nous ont soutenus financièrement, pour l'hébergement et les repas, mais aussi pour les cérémonies, les chants et les tambours, ajoute-t-elle.

En rentrant de son travail jeudi soir, sur la route entre Cochrane et Kapuskasing, Éric Gosselin a croisé la Marche du chagrin.

Éric Gosselin pose à côté de Patricia Ballantyne (à gauche) et d'une autre marcheuse.

Éric Gosselin a croisé la Marche du chagrin jeudi soir sur la route entre Cochrane et Kapuskasing.

Photo : Éric Gosselin

Ça prend du courage de faire autant de chemin pour sensibiliser à ce qu’il s’est passé dans les pensionnats, explique admiratif le résident de Kapuskasing. Il se dit impressionné par le courage de Patricia Ballantyne et de son équipe.

Avec les informations de Jimmy Chabot

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